La UJC promeut la campagne de signatures du régime comme si c'était une initiative de la société civile cubaine



L'UJC promeut les signatures comme initiative de la société civile cubainePhoto © Facebook / Unión de Jóvenes Comunistes de Cuba - UJC

La Union des Jeunes Communistes (UJC) a publié sur sa page officielle Facebook un reel de 36 secondes dans lequel elle promeut la campagne #MaSignaturePourLaPatrie, la décrivant explicitement comme « une action convoquée par la société civile cubaine », alors qu'en réalité elle a été lancée par le Parti Communiste de Cuba (PCC).

Dans la vidéo, un jeune interpelle un autre en affirmant que signer « ce n'est pas parce que ce sont des schémas obligatoires », mais « pour toi, pour ta maman, pour ton frère, pour ton voisin, pour tout le monde ». Le reel indique qu'on peut signer à partir de 16 ans dans les lieux de travail, les écoles et la communauté, et se termine par la phrase « c'est une question de vie ».

L'affirmation selon laquelle il s'agit d'une initiative de la société civile est une fallacie documentée. La campagne a été lancée le 19 avril par le PCC à l'occasion du 65e anniversaire de la Bataille de Playa Girón, et vise à recueillir des signatures en soutien à la Déclaration du Gouvernement Révolutionnaire « Girón est aujourd'hui et sera toujours ».

Le propre Roberto Morales Ojeda, Secrétaire à l'Organisation du Comité Central du PCC, était l'orateur principal lors de l'événement de lancement à Playa Girón le 21 avril, puis a présenté la campagne sur Facebook comme une convocation des « organisations de la société civile ».

La UJC, qui est protagoniste du reel, est le bras jeunesse du PCC et est constitutionnellement subordonnée au parti unique.

La Constitution cubaine de 2019 définit le PCC comme la «force dirigeante suprême de la société et de l'État», ce qui rend impossible l'existence d'une véritable société civile indépendante sur l'île.

Les organisations de masse —UJC, CDR, FMC, CTC— ne sont pas des entités autonomes mais des structures contrôlées et dirigées par le parti, de sorte que les présenter comme une expression de la société civile constitue une manipulation délibérée.

La campagne a généré un rejet massif sur les réseaux sociaux. Des Cubains ont répondu aux publications officielles en dénonçant les coupures de courant, la faim et la pénurie, ainsi qu'en exigeant des élections libres.

«Avec la signature arrive la lumière ? Ou l'eau ? La nourriture arrive-t-elle ? Avec la signature, la misère prend-elle fin ?», a écrit une utilisatrice cubaine dans les commentaires du post de Díaz-Canel.

Une autre Cubaine, Elexys Álvarez Molina, a été plus directe : «Ma signature n’est pas pour maintenir des dictatures», a-t-elle écrit en réponse au coordonnateur national des CDR, Gerardo Hernández Nordelo.

Des pressions et des intimidations pour signer ont également été signalées. Les habitants du bloc 4 de Cárdenas, Matanzas, ont collectivement refusé de signer malgré les menaces de représentants de l'État, a rapporté l'activiste Christian Arbolaez sur Facebook.

L'activiste José Daniel Ferrer, leader de l'UNPACU, a appelé publiquement à ne pas signer, qualifiant la campagne de « soutien aux oppresseurs ».

Les analystes indépendants qualifient l'initiative de rideau de fumée visant à détourner l'attention d'une crise économique qui comprend une contraction du PIB de 23% depuis 2019, des coupures de courant prolongées et une pénurie de nourriture et de médicaments.

La cible du régime est de recueillir des millions de signatures avant le 1er mai 2026, date à laquelle le PCC cherche à exhiber ce soutien comme une preuve de soutien populaire auprès de la communauté internationale.

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