Lettre ouverte à Díaz-Canel appelle à une « transition ordonnée » à Cuba



Miguel Díaz-CanelPhoto © Présidence Cuba

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Un cubano-américain identifié comme Carlos Castro Alvarez a envoyé une lettre ouverte à Miguel Díaz-Canel et à « ceux qui détiennent aujourd'hui le pouvoir réel à Cuba », appelant à une transition politique « ordonnée, dialoguée, sans ruptures traumatiques » et se proposant comme médiateur entre le régime et toutes les parties de la nation cubaine.

La lettre, envoyée directement à la rédaction de CiberCuba, a été signée par une personne qui se décrit comme un Cubain ayant vécu 36 ans sur l'île et qui est parti depuis plus de deux décennies dans la diaspora, avec des « liens réels et vivants des deux côtés du détroit de la Floride ».

Le ton de la lettre n'est pas celui de la confrontation, mais celui de l'urgence.

«Cuba n'est pas en crise : Cuba est épuisée. Épuisée économiquement, socialement, moralement et spirituellement», écrit Castro, dans une description qui correspond à la réalité vécue par la population : des coupures de courant dépassant les 20 heures par jour dans certaines zones, une pénurie de nourriture et de médicaments, et un exode massif de jeunes et de professionnels qui ne montre aucun signe de ralentissement.

L'auteur interpelle directement le gouvernement : « La question n'est pas de savoir si le changement arrivera. La question est de savoir si vous décidez de faire partie de ce changement… ou d'en être le dernier obstacle. »

Castro se présente comme «interlocuteur, facilitateur ou médiateur» pour ouvrir des canaux de dialogue, et précise qu'il ne représente pas d'intérêts cachés.

«Je représente une conviction : Cuba a besoin de se rencontrer elle-même», affirme-t-il, citant José Martí —«Avec tous et pour le bien de tous»— comme principe fondamental de sa proposition.

La lettre arrive à un moment d'activité diplomatique inhabituelle. Le 13 mars, Díaz-Canel a confirmé publiquement que son gouvernement maintient des conversations avec des représentants américains, poussées par la pression de l'administration Trump dans le contexte d'une grave crise énergétique.

Ce même jour, Cuba a libéré 51 prisonniers, bien que le régime l'ait présenté comme une « pratique souveraine » sans impositions extérieures.

Cependant, le 22 avril, Díaz-Canel a catégoriquement rejeté toute négociation qui impliquerait un changement de régime : « Si les États-Unis n'acceptent pas de négocier selon les termes cubains, il n'y a pas de négociation ».

Cette position contraste directement avec l'appel de Castro Alvarez à une transition politique inclusive.

La missive s'inscrit dans une tradition de lettres ouvertes adressées au dirigeant depuis différents secteurs. Le leader de l'opposition José Daniel Ferrer, de l'UNPACU, a exigé une transition démocratique immédiate en février, allant jusqu'à proposer une « action internationale chirurgicale » des États-Unis comme alternative au changement non violent.

En janvier, Ferrer avait déjà averti Díaz-Canel : «Agissez rapidement, libérez les prisonniers politiques» avant qu'il ne soit trop tard.

Ce qui distingue la lettre de Castro Alvarez est précisément son ton modéré face à ce contexte plus conflictuel, à un moment où le exil cubain est profondément divisé sur la façon d'aborder les négociations entre Washington et La Havane.

L'auteur termine sa lettre par un avertissement qui résume l'esprit de tout le texte : « L'histoire observe. Le peuple attend. Cette fois, le temps n'est pas en faveur de l'immobilité. La décision vous appartient. »

La lettre ne précise pas si Castro Alvarez a reçu une réponse du régime, ni si sa proposition de médiation a été transmise par des voies officielles.

Pendant ce temps, la crise interne cubaine continue de s'aggraver, avec une chute du tourisme de 9,2% en janvier 2026 et une réduction de plus de 40% des voyages de Cubains depuis les États-Unis.

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