L'économiste Elías Amor avertit que 2026 sera l'année d'une chute économique « absolument dévastatrice » pour Cuba et que les signes indiquent que le régime n'a d'autre choix que de céder le pouvoir, selon des déclarations recueillies dans une récente analyse sur les projections de la CEPAL pour Cuba en 2026.
À la question d'un spectateur de CiberCuba s'interrogeant sur le temps qu'il reste à la dictature au pouvoir, la réponse de l'économiste a été directe. « En ce moment, le régime doit éprouver une préoccupation terrible face à ce qui s'annonce. D'abord pour ce qu'ils ont traversé, qu'ils ont survécu à l'année 25 de manière filibustière, mais ce qui arrive maintenant en 26 sera une chute absolument dévastatrice », a affirmé Amor.
L'économiste a souligné que le problème n'est pas seulement l'ampleur de l'effondrement, mais l'incapacité du régime à y faire face : « Le pire dans tout cela, c'est qu'ils n'ont ni instruments ni connaissances pour affronter cette situation de crise économique ».
Cette impuissance, selon Amor, ouvre la porte à un scénario de transition non violente. « Il est très probable qu'ils fassent un pas en arrière. Je pense que la meilleure solution pour la transition à Cuba n'est pas la violence, c'est simplement une prise de position sur le fait d'assumer : nous ne savons pas comment sortir de ce trou », a-t-il souligné.
Le raisonnement de l'économiste est que le régime lui-même pourrait préférer se retirer plutôt que d'affronter une explosion sociale incontrôlable. « Nous avons besoin que le peuple ne sorte pas dans la rue pour d'énormes manifestations sociales et pour éviter cela, pour éviter une situation de crise que personne ne sait comment arrêter, nous faisons un pas de côté et laissons d'autres venir redresser l'économie », a-t-il expliqué.
Sa conclusion était sans appel : « Les signaux que transmet l'économie visent fondamentalement à les faire quitter le pouvoir ».
Cet analyse s'appuie sur les données de la CEPAL, qui placent Cuba à la dernière position d'un classement de 27 pays d'Amérique latine et des Caraïbes en matière de gestion macroéconomique, avec une contraction projetée du 6,5% du PIB pour 2026, supérieure même à celle d'Haïti (-4%).
Somme à la chute de 3,8 % enregistrée en 2025 et à la contraction cumulée de 11 % entre 2020 et 2024, l'économie cubaine aurait perdu près de 26 % de son PIB depuis le début de la pandémie, une magnitude comparable à la Période Spéciale mais prolongée dans le temps.
The Economist Intelligence Unit va encore plus loin et prédit une chute de 7,2% du PIB cubain en 2026, ce qui représenterait une contraction cumulative de 23% depuis 2019.
Dans le même programme, un autre auditeur, Manuel, depuis le New Jersey, a demandé si GAESA —le conglomérat militaire qui contrôle entre 30 % et 40 % de l'économie cubaine— est comparable aux oligarques de Poutine. Amor a décliné de répondre : « Je ne peux pas répondre à cette question parce que je ne connais pas les comptes de Gaesa et je n'ai jamais vu les livres comptables ou les données d'inscription que possède Gaesa ».
L'économiste a en effet rejeté la comparaison avec les conglomérats issus de l'effondrement soviétique, arguant qu'ils n'ont pas le même type d'équivalence, et a défendu sa position comme une exigence de rigueur professionnelle.
Cet éventuel scénario de transition se produit alors que Cuba connaît des manifestations de rue depuis mars dans plusieurs provinces, avec des slogans tels que « À bas la révolution ! » et « C'en est fini ! », déclenchés par des coupures de courant de plus de vingt heures par jour et l'effondrement des infrastructures électriques critiques.
Ce n'est pas la première fois qu'Amor lance un avertissement de ce genre. L'économiste avait déjà fixé une date pour la chute du régime dans des analyses précédentes, et ses projections coïncident maintenant avec celles d'organismes internationaux qui décrivent Díaz-Canel accroché au pouvoir alors que Cuba s'enfonce.
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