Le père de jeunes de Fuera de la Caja dénonce des représailles de la Sécurité de l'État : menaces, perte d'emploi et interdiction de quitter le pays



La dénonciation d'Amílcar s'ajoute à une chaîne de représailles documentées contre Fuera de la CajaPhoto © X/Fuera de la Caja

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Amílcar Andrés Bravo, médecin cubain avec deux spécialisations et un master, a publiquement dénoncé ce samedi sur Facebook que des agents de la Sécurité de l'État lui ont rendu visite sans préavis le 10 mars dans son lieu de travail, l'ont menacé d'enfermer ses enfants, membres du collectif Fuera de la Caja Cuba et, après l'avoir pressé jusqu'à ce qu'il démissionne, l'ont régularisé.

Les deux officiers se sont présentés au Centre de Recherches du Sport Cubain (CIDC), où Amilcar travaillait sans responsabilité d'assistance depuis plus de trois ans, et lui ont exigé d'empêcher ses enfants Abel et Bety de continuer à publier des vidéos.

Captura de Facebook/Amílcar Andrés Bravo

" Ils ont commencé par menacer de mettre mes enfants en prison s'ils continuaient avec les vidéos, et que je devais les empêcher de le faire", a relaté le médecin, qui a catégoriquement rejeté cette exigence.

"Je ne pouvais pas les empêcher de continuer à le faire parce que je pense exactement comme eux, je les soutiens dans tout ce qu'ils font et je suis fier d'eux," a-t-il affirmé.

Lors de la rencontre, les agents lui ont également montré une photo de ses enfants avec Ana Sofía Benítez Silvente (Anna Bensi), sa mère Caridad Silvente, David Espinosa, Iván Daniel et la journaliste Camila Acosta, tentant de les présenter comme une "mauvaise influence" et des "contre-révolutionnaires".

Captura de Facebook/Amílcar Andrés Bravo

Face à la répétition des menaces d'emprisonnement, Amilcar s'est tenu ferme. "S'ils le faisaient, je ne le permettrais pas et ils devraient d'abord passer sur mon corps", a-t-il assuré.

Après la visite, le médecin a informé le directeur du CIDC et a proposé sa démission volontaire pour ne pas lui causer de problèmes. Une semaine plus tard, le directeur lui a communiqué qu'il recevait des pressions de la part de l'Institut National des Sports, de l'Éducation Physique et de la Recreation (Inder).

Amílcar a remis sa démission et, en vérifiant sa carte d'identité, a confirmé qu'il avait également été régularisé, comme les agents l'avaient prévenu.

Captura de Facebook/Amílcar Andrés Bravo

Le salaire qu'il a perdu était de 6 000 pesos cubains, équivalent à environ 11 dollars par mois. "C'est le salaire d'un médecin avec deux spécialités et une maîtrise qui suffit à faire des courses pour quatre à cinq jours ; c'est ce qu'on m'a enlevé", a-t-il écrit.

Ce qui a le plus indigné le médecin, c'est l'utilisation que la Sécurité de l'État fait de son cas. "Ces faits sont utilisés dans des interviews auprès des jeunes comme intimidation, comme quelque chose d'exemplaire, leur disant qu'ils ont renvoyé le médecin de son poste et l'ont régularisé. Une attitude qui me semble d'une extrême bassesse [...] mais surtout, c'est un ACTE DE LÂCHETÉ", a-t-il précisé.

La dénonciation d'Amílcar s'ajoute à une série de représailles documentées contre Fuera de la Caja Cuba depuis le début de 2026, qui incluent la désactivation de téléphones par le monopole des télécommunications à Cuba (Etecsa), le piratage de comptes WhatsApp et des convocations de membres de la famille par la Police Nationale Révolutionnaire (PNR).

Le 26 avril, le membre Karel Daniel Hernández Bosques a dénoncé que des agents ont menacé le collectif de prison en leur disant que "ici, il est illégal de ne pas être communiste", et un jour plus tôt la Sécurité de l'État a convoqué sa mère devant la PNR du Cerro avec à peine une heure de préavis.

Anna Bensi et sa mère Caridad Silvente restent en assignation à résidence depuis le 25 mars, avec des charges qui prévoient des peines de deux à cinq ans.

Amnesty International a documenté ces cas et a exigé aux autorités cubaines de mettre fin au harcèlement.

À la fin de sa dénonciation, Amílcar, élevé par deux parents officiers du Minint, et qui a changé d'avis après avoir accompli quatre missions médicales internationales, a résumé sa position avec fermeté : "Ma résistance n'est pas créative, elle est stoïque."

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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