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Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva s'est rendu ce mercredi à Washington pour effectuer sa première visite officielle à la Maison Blanche au cours du second mandat de Donald Trump, avec une réunion de travail et un déjeuner prévus pour ce jeudi.
La visite, initialement prévue pour mars, a été reportée en partie en raison de l'ouverture de l'incursion conjointe des États-Unis et d'Israël sur l'Iran, et elle intervient à un moment de fortes tensions diplomatiques entre deux gouvernements situés aux antipodes politiques, selon l'agence EFE.
L'agenda de la rencontre est avant tout économique : le Brésil cherche à éviter de nouvelles restrictions au commerce bilatéral alors que Washington enquête sur de supposées pratiques commerciales déloyales de Brasilia.
Une des principales frictions est le système de paiements instantanés PIX, créé par la Banque Centrale du Brésil, que le Bureau du Représentant Commercial des États-Unis accuse d'accorder des avantages anticoncurrentiels au détriment d'entreprises privées telles que Visa et Mastercard.
Le ministre des Finances brésilien, Dario Durigan, a déclaré ce mercredi que le Brésil est prêt à « expliquer les doutes que peuvent avoir les États-Unis concernant le système de paiements brésilien, afin de contrer les groupes de pression indus concernant le PIX ».
PIX compte environ 175 millions d'utilisateurs au Brésil et concentre presque la moitié des transactions financières du pays, ce qui en fait un acteur dominant qui a écarté les grandes opérateurs internationaux.
Un accord de coopération concernant les minéraux critiques et les terres rares sera également discuté, un sujet de grand intérêt géopolitique pour Washington : le Brésil possède les deuxièmes plus grandes réserves mondiales de ces ressources et souhaite les utiliser pour dynamiser son industrie.
La coopération contre le crime international complète les grands thèmes de la réunion, des sujets qui occupent également le centre du débat électoral brésilien en vue des élections présidentielles d'octobre 2026.
La relation entre les deux dirigeants a connu des hauts et des bas marqués. Après une apparente détente lors du sommet de l'Asean en Malaisie en octobre dernier, où Lula a qualifié le dialogue de «franc et constructif», les tensions se sont ravivées à cause de l'opération militaire américaine au Venezuela qui a capturé Nicolás Maduro, de la guerre de Trump contre l'Iran et des nouvelles pressions contre Cuba.
Lula est devenu l'une des voix les plus critiques contre l'interventionnisme de Washington en Amérique latine, une position qui a suscité des tensions directes avec l'administration Trump.
Au niveau bilatéral, la relation s'est encore détériorée ces derniers jours suite à l'expulsion par Washington d'un policier brésilien en poste à Miami, ce qui a poussé le Brésil à retirer les accréditations d'un fonctionnaire américain à Brasilia et à présenter une protestation formelle, la deuxième en deux mois.
En mars, le Brésil a également refusé le visa au conseiller de Trump Darren Beattie, qui souhaitait rendre visite en prison à Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison pour avoir dirigé une tentative de coup d'État contre Lula.
Le précédent le plus marquant de la tension commerciale a été la décision de Trump d'imposer des tarifs de 50 % sur le Brésil en juillet 2025, mesure que Brasilia a qualifiée d'« offensive et inacceptable » et que Trump a explicitement liée à la procédure judiciaire contre son allié Bolsonaro.
Dans le cadre électoral, les questions des minéraux critiques et de la lutte contre la criminalité sont centrales tant dans l'agenda bilatéral que dans la campagne en vue d'octobre 2026, où Lula et Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président, se présentent comme principaux candidats à la présidence du Brésil.
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