Les sanctions de Trump contre le régime cubain ébranlent Sherritt

Sherritt se tourne vers les tribunaux canadiens pour défendre sa gouvernance d'entreprise suite aux sanctions de Trump qui ont contraint son départ de Cuba.



Équipes de travail, SherrittFoto © Sherritt en X

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Sherritt International Corporation a saisi les tribunaux canadiens pour essayer de maintenir sa structure corporative, dans un mouvement qui reflète l'impact profond que les sanctions de l'administration Trump ont sur l'entreprise minière la plus liée au régime cubain au cours des trois dernières décennies.

La compagnie présentera ce lundi une demande auprès de la Cour supérieure de justice de l'Ontario afin d'obtenir deux ordonnances judiciaires : l'une permettant à son conseil d'administration réduit de continuer à fonctionner avec un quorum malgré les postes vacants, et l'autre prolongeant le délai pour tenir son assemblée annuelle des actionnaires jusqu'au plus tard le 30 septembre 2026. La audience est prévue pour le jeudi 14 mai prochain.

La crise de gouvernance a été déclenchée mercredi, lorsque trois membres du conseil d'administration — le président Brian Imrie, Richard Moat et Brett Richards — ont présenté leur démission avec effet immédiat, quelques heures après que l'entreprise a annoncé la suspension de sa participation directe dans toutes ses coentreprises à Cuba et le début de la rapatriation de ses employés sur l'île.

Le déclencheur a été la Ordre Exécutif 14404, signé par Donald Trump le 1er mai, qui étend les sanctions contre Cuba et introduit des sanctions secondaires contre les institutions financières étrangères qui opèrent avec des entités cubaines bloquées.

Sherritt a précisé qu'elle n'a pas été formellement désignée en vertu de cet ordre, mais a reconnu que sa simple émission « altère matériellement la capacité de la corporation à fonctionner normalement ».

Le 6 mai, le secrétaire d'État Marco Rubio a désigné, en vertu de l'ordre exécutif, GAESA, sa présidente exécutive Ania Guillermina Lastres Morera, et Moa Nickel S.A. —la coentreprise entre Sherritt et l'État cubain—, accusant cette dernière d'avoir « exploité les ressources naturelles de Cuba pour profiter au régime au détriment du peuple cubain ».

Rubio a également averti que « de nouvelles sanctions sont prévues dans les jours et semaines à venir », un signe que la pression sur le régime n'a pas atteint son point culminant.

L'impact pour la dictature cubaine

Le départ de Sherritt laisse le régime sans son plus grand investisseur étranger direct depuis le début des années 90, avec une production dans la mine de Moa qui en 2025 a atteint 25 240 tonnes de nickel et 2 728 tonnes de cobalt, évaluées à environ 490 millions de dollars bruts par an.

En outre, l'entreprise participait à la génération électrique à travers Energas S.A., avec une capacité installée d'environ 506 mégawatts, représentant 10-15 % de la capacité électrique nationale cubaine, dans un pays qui souffre déjà de coupures de courant touchant plus de 55 % du territoire.

L'État cubain accumule, si cela ne suffisait pas, une dette d'au moins 344 millions de dollars envers Sherritt elle-même.

En février, Sherritt avait déjà suspendu la production de nickel et de cobalt à Moa en raison d'un manque de combustible signalé par les autorités cubaines, dans le cadre d'une crise énergétique aggravée par plus de 240 sanctions accumulées par l'administration Trump depuis janvier 2026, qui ont réduit les importations énergétiques de l'île de 80 à 90 %.

La publication des résultats du premier trimestre 2026, initialement prévue pour demain mardi, a été reportée au jeudi 15 mai et se déroulera sans conférence de presse ni diffusion en ligne.

La raffinerie de Fort Saskatchewan, en Alberta, continue d'opérer avec l'inventaire de matières premières disponible, qui devrait durer jusqu'à mi-juin 2026, date à laquelle Sherritt devra prendre des décisions définitives concernant l'avenir de ses opérations.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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