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La congressiste républicaine María Elvira Salazar a lancé ce mardi un avertissement ferme à Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela, l'accusant d'essayer de tromper le président Donald Trump « de la même manière qu'elle et Maduro ont trompé et détruit le Venezuela ».
Le message, publié sur X mardi soir, est arrivé quelques heures après que Rodríguez ait conclu son intervention devant la Cour Internationale de Justice (CIJ) à La Haye, où il a personnellement dirigé la délégation vénézuélienne lors des audiences sur l'Esequibo qui se sont tenues entre le 4 et le 12 mai.
«Le président Trump sait exactement qui elle est : un autre membre d'Alí Babá et des 40 voleurs», a écrit Salazar. «On ne négocie pas avec lui par des lettres secrètes tout en essayant de voler le territoire d'une nation libre et souveraine comme la Guyane.»
La législatrice de la Floride a ainsi repris une expression qu'elle avait déjà utilisée en mars pour évoquer le chavisme, lorsqu'elle avait identifié Rodríguez comme « le voleur numéro 37 » et avait averti qu'il finirait en prison s'il ne suivait pas les directives de Trump.
Dans son message, Salazar a établi un contraste direct entre le modèle économique de la Guyane et celui du régime chaviste : « Contrairement au régime de Maduro, la Guyane n'a pas volé son peuple. Ils ont géré leur richesse pétrolière de manière responsable, ont créé un fonds souverain de richesse et ont vu leur PIB par habitant se multiplier par quatre en seulement cinq ans ».
Cette donnée est soutenue par des chiffres concrets : le PIB par habitant de la Guyane est passé d'environ 6600 dollars en 2019 à environ 29 675 dollars en 2024, grâce aux gisements découverts par ExxonMobil dans le bloc Stabroek en 2015 et gérés par le Fonds des ressources naturelles, établi par la loi en 2019.
Rodríguez, pour sa part, a défendu à La Haye que « le Venezuela ne renoncera ni à son histoire ni à ses droits légitimes, reconnus et préservés dans l'Accord de Genève, simplement parce que le Guyana prétend maintenant de manière unilatérale et opportuniste redéfinir la controverse ». Le voyage aux Pays-Bas a été sa première sortie hors des Caraïbes depuis qu'il a pris le pouvoir après la capture de Nicolás Maduro le 3 janvier lors de l'Opération Résolution Absolue.
Le contexte politique complique encore plus la position de Rodríguez : bien que les États-Unis aient levé les sanctions à son égard au début du mois d'avril dernier dans le cadre d'un accord tacite avec son gouvernement intérimaire, la tension demeure. Rodríguez a rejeté depuis La Haye la proposition de Trump de transformer le Venezuela en le « 51ème état » et a réaffirmé la revendication vénézuélienne sur l'Esequibo, une région de 160,000 km² riche en pétrole et en minéraux, dont le différend dure depuis des décennies sans solution.
Salazar a clôturé son avertissement par une phrase directe : « Delcy devrait cesser de menacer le Guyana et commencer à apprendre d'elle ».
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