Le ministre de l'Énergie et des Mines de Cuba, Vicente de la O Levy, a décrit ce mercredi la situation du système électrique national comme «aiguë, critique» et «extrêmement tendue», lors d'une conférence de presse où il a détaillé les causes du renforcement des coupures de courant à travers le pays.
La racine du problème, selon le ministre lui-même, est que Cuba n'a reçu aucun navire de carburant depuis décembre 2025 jusqu'à la fin mars 2026, une période de près de quatre mois qui a laissé le système sans aucune réserve.
La seule exception fut un don de la Russie de 100 000 tonnes de brut, traité dans la raffinerie de Cienfuegos, ce qui a permis une amélioration temporaire en avril : à La Havane, on a enregistré « plusieurs jours sans coupure de courant ».
Cependant, ce combustible s'est épuisé au début de mai, juste au moment où les températures augmentent et que la demande électrique croît, laissant le système à nouveau « sans aucune réserve », selon les mots du responsable.
«Cette semaine a également été extrêmement tendue, car Felton a coïncidé avec : Mariel sans aucune essence, La Havane sans aucune essence, la génération distribuée sans aucune essence», a admis De la O Levy.
La crise s'est encore aggravée avec l'arrêt de la centrale thermique de Felton, à Holguín, qui présentait des fuites dans la chaudière et un roulement cassé dans le réchauffeur d'air régénératif.
Le ministre a expliqué que l'usine devait s'arrêter de manière obligatoire : « Si elle continuait à fonctionner ainsi, l'unité allait être complètement endommagée ».
Pour ce jeudi, il était prévu de réaliser l'essai hydraulique de la chaudière de Felton, bien que le processus de mise en route ultérieur prenne plusieurs heures supplémentaires.
La centrale thermoélectrique Antonio Guiteras, la plus grande du pays, était déjà hors service depuis la semaine précédente, ce qui aggrave encore le déficit de production.
Le déficit a atteint un niveau record de 2,113 MW mardi dernier à 20h40, dépassant l'ancien maximum de 2,075 MW enregistré le 6 mars.
À La Havane, la situation est particulièrement dramatique : « Les coupures de courant dépassent aujourd'hui 20, 22 heures. Et quand elles surviennent, c'est 2 heures, une heure et demie, 2 heures, 3 heures sur certains circuits, 4 heures, et nous revenons encore une fois à 20, 22 heures. C'est ainsi que se présente la capitale », a reconnu De la O Levy.
Le ministre a également révélé une paradoxe technique : Cuba dispose de plus de 1 300 MW de capacité solaire photovoltaïque, mais n'en exploite en moyenne que 580 MW, car la fragilité du reste du système empêche d'absorber les fluctuations de l'énergie solaire sans risque d'effondrement.
Le régime attribue la crise aux sanctions américaines, bien que la dépendance structurelle aux combustibles importés —résultat de décennies de mauvaise gestion économique— soit la cause profonde d'un système qui a connu sept effondrements totaux au cours des 18 derniers mois.
Le propre Miguel Díaz-Canel a reconnu ce mercredi que « la situation du Système Électroénergétique National est particulièrement tendue » et qu'à cause d'un manque de combustible, Cuba a cessé de générer 1 100 MW ce jour-là.
De la O Levy a conclu son intervention par une phrase qui résume la perspective officielle face à une crise sans solution à l'horizon : « Nous resterons bloqués, mais nous continuerons à résister ».
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