Marco Rubio devient "Marco Lubiao" pour pouvoir entrer en Chine

La Chine a modifié la translitération du nom de Marco Rubio en "Marco Lubiao" afin d'éviter ses propres sanctions et de lui permettre d'entrer dans le pays lors du sommet Trump-Xi.



Marco RubioPhoto © CiberCuba

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La Chine a officiellement modifié la translittération du nom du secrétaire d'État américain Marco Rubio en caractères chinois pour lui permettre d'entrer dans le pays malgré les sanctions en vigueur qui lui interdisent l'accès, selon les rapports de l'agence AFP ce jeudi.

La maniuvre consistait à changer l'idéogramme chinois qui translittère la première syllabe de son nom de famille -de "鲁" (Lǔ) à un autre caractère ayant une prononciation similaire mais techniquement différente-, créant ainsi un "nouveau nom", Marco Lubiao, qui ne figure pas dans les listes de sanctions chinoises.

Le changement d'écriture a commencé à être appliqué en janvier 2025, lorsque l'alors sénateur a été nommé secrétaire d'État par le président Donald Trump, et les médias d'État chinois ont adopté la nouvelle translittération depuis lors.

Le panneau officiel avec les noms de la délégation américaine au sommet Trump-Xi, qui s'est tenu ce jeudi au Grand Palais du Peuple de Pékin, a confirmé la nouvelle graphie, exemptant techniquement Rubio des contrôles aux frontières.

C'est la première fois de sa vie que Rubio met le pied sur le sol chinois.

Les sanctions à son encontre ont été imposées par la Chine le 19 juillet 2020, alors qu'il était sénateur républicain de la Floride, en représailles à son rôle dans la Loi sur l'autonomie de Hong Kong et à son soutien aux sanctions américaines contre des responsables chinois en raison des abus contre la minorité ouïghoure au Xinjiang.

Les mesures comprenaient l'interdiction d'entrée en Chine continentale, à Hong Kong et à Macao, le gel des avoirs et l'interdiction de transactions avec des entités chinoises.

À l'époque, le fonctionnaire a qualifié les sanctions d'"honneur" et les a utilisées pour critiquer le Parti communiste chinois.

Le porte-parole de l'ambassade de Chine aux États-Unis, Liu Pengyu, a offert mardi une explication qui laisse la porte ouverte à une réinterprétation technique : "Les sanctions visent les paroles et les actions de M. Rubio lorsqu'il exerçait en tant que sénateur des États-Unis en relation avec la Chine."

Le nouveau caractère chinois utilisé pour "lú" dans le nom de Rubio a des connotations telles que "dur", "rude" ou "grossier", ce que certains analystes interprètent comme une possible allusion diplomatique de Pékin.

Le politicien d'origine cubaine a participé au sommet en tant que membre d'une importante délégation américaine qui comprenait le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, le secrétaire au Trésor Scott Bessent et des représentants du monde des affaires tels qu'Elon Musk, Tim Cook et Jensen Huang.

Trump a qualifié la rencontre de "probablement le plus grand sommet de l'histoire" et a assuré que "la relation entre la Chine et les États-Unis va être meilleure que jamais".

La paradoxe n'est pas passée inaperçue : le même fonctionnaire qui, lors de son audience de confirmation en tant que secrétaire d'État, a décrit la Chine comme un "adversaire sans précédent", et qui en avril 2026 a dénoncé que Cuba héberge au moins 12 installations de renseignement de signaux opérées par la Chine, s'est rendu à Pékin sous un nom techniquement différent de celui figurant sur les listes de sanctions chinoises.

Les sanctions contre Rubio restent formellement en vigueur en 2026 et n'ont pas été levées, ce qui fait du changement de translittération une manœuvre sans précédent dans la diplomatie contemporaine.

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