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Un édile du Parti national de l'Uruguay a averti que l'éventuel effondrement de la dictature cubaine aura des conséquences traumatisantes pour toute la région. Pablo Bragança, représentant du département de Maldonado, a déclaré lors d'une session ordinaire que « la chute du régime cubain sera une instance effroyable ».
Selon le média local Cadena del Mar, la déclaration a été faite lundi dernier lors de la Junta Départementale de Maldonado, durant une exposition historique et géopolitique intitulée « Triomphe de la Révolution Cubaine et ses conséquences ».
Bragança, appartenant au secteur Union et Changement au sein de l'herrerisme du Parti National, a averti que l'effondrement du régime ne ressemblera pas au débarquement raté de la Baie des Cochons, mais pourrait se transformer en un scénario d'intervention extérieure qui ferait de Cuba « une étoile de plus sur le drapeau de l'impérialisme ».
L'élu a décrit le régime comme « un régime d'arbitraire absolu et total » qui s'est maintenu pendant près de 70 ans grâce au soutien soviétique, et a invité à réfléchir aux conséquences que son éventuel effondrement aurait pour l'Amérique latine.
Lors de son exposé, Bragança a rappelé l'entrée de la caravane révolutionnaire à La Havane le 8 janvier 1959, la qualifiant de « l'une des images les plus marquantes de l'Amérique latine moderne et celle qui a sûrement changé la vie de milliers, pour ne pas dire millions de Latino-américains ».
Les déclarations s'inscrivent dans un débat politique plus large en Uruguay concernant la position du gouvernement du Frente Amplio de Yamandú Orsi envers Cuba. Lors d'une intervention précédente dans la même assemblée départementale, Bragança avait déjà critiqué le voyage du président du Frente Amplio, Fernando Pereira, à La Havane le 20 mars pour rencontrer Miguel Díaz-Canel, le qualifiant de « recherche de faveur auprès d'un régime qui a engendré la famine et des prisonniers politiques ».
L'élu a également remis en question le fait que le Sénat uruguayen ait approuvé le 5 mars, avec les 17 voix du Frente Amplio, une motion de rejet des restrictions sur les combustibles imposées par les États-Unis à Cuba, alors que l'opposition quittait la séance. Selon Bragança, la politique extérieure d'Orsi laisse l'Uruguay « dans une situation très fragile et surtout Maldonado, qui dépend de l'investissement étranger », a rapporté le média Portada.
Le contexte géopolitique est d'une tension maximale. L'administration Trump a accumulé plus de 240 sanctions contre Cuba depuis janvier 2026, y compris des mesures contre le conglomérat militaire GAESA. Selon des rapports du 14 mai, la pression américaine aurait réduit les importations énergétiques cubaines de 80% à 90%.
La crise sur l'île est la pire depuis des décennies. La CEPAL prévoit une contraction du PIB cubain de -6,5% en 2026, tandis que Cuba accumule sept effondrements totaux du système électrique en 18 mois, avec des coupures de courant atteignant jusqu'à 25 heures dans plus de la moitié du territoire.
Dans ce contexte, des analystes et des économistes débattent du temps qu'il reste au régime cubain face à la détérioration accélérée de son économie et de son infrastructure énergétique.
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