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Le Service Fédéral Russe de Coopération Technique et Militaire (FSVTS) a confirmé ce mardi que la Russie respecte plusieurs contrats de coopération technique et militaire avec Cuba et que les deux pays négocient de nouveaux domaines de collaboration future, selon des déclarations faites à l'agence Interfax dans le cadre du Forum International de Sécurité qui se tient du 26 au 29 mai dans la région de Moscou.
«La Russie et Cuba sont des partenaires de longue date dans le domaine de la coopération técnico-militaire. Étant donné le blocus américain contre l'île, notre soutien est particulièrement important pour nos partenaires cubains», a déclaré le FSVTS, qui a également précisé que «aujourd'hui, les obligations contractées en vertu de plusieurs contrats signés sont en cours d'exécution et des domaines prometteurs sont en cours de discussion, en tenant compte des priorités de la partie cubaine».
L'annonce intervient à un des moments de plus grande tension entre Washington et La Havane depuis des décennies, et constitue un soutien explicite de Moscou au régime de Miguel Díaz-Canel en pleine escalade diplomatique et militaire sans précédent récent.
Le déclencheur le plus récent de cette escalade a été un rapport publié le 17 mai par Axios, basé sur des renseignements classifiés américains, qui affirmait que Cuba aurait acquis plus de 300 drones militaires en provenance de Russie et d'Iran depuis 2023, avec de possibles plans de les utiliser contre la base navale de Guantánamo, des navires militaires américains et Key West, en Floride.
Le même rapport indiquait qu'environ 5 000 soldats cubains auraient combattu pour la Russie en Ukraine, Moscou payant environ 25 000 dollars par combattant, et que certains auraient transmis des connaissances sur la guerre de drones à des commandements militaires à La Havane.
Le mercredi passé, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, María Zajárova, a catégoriquement démenti ces informations, les qualifiant de « fiction » dans le cadre d'une « guerre de l'information », tout en affirmant également que la Russie « maintient un contact avec Cuba sur toutes les questions d'intérêt pour nos deux pays ».
La réponse de Washington a été ferme. Le 20 mai, Trump a averti que les États-Unis ne toléreront pas Cuba en tant qu'État abritant des opérations hostiles à quatre-vingt-dix miles de son territoire, dans un message présidentiel diffusé à l'occasion de la fête de l'Indépendance de Cuba.
Ce même jour, le Département du Trésor a sanctionné neuf hauts dirigeants cubains et trois entités, parmi lesquelles la Direction de l'Intelligence de Cuba (DGI/G2).
Le 1er mai, Trump avait déjà signé une nouvelle ordonnance exécutive élargissant les sanctions contre Cuba, incluant les secteurs de l'énergie, de la défense, de l'exploitation minière et des services financiers, et autorisant des sanctions secondaires contre des institutions financières étrangères.
Le soutien russe au régime cubain repose sur une base juridique formalisée en mars 2025, lorsque les deux gouvernements ont signé un accord intergouvernemental de coopération militaire. Poutine a officialisé cet accord par sa signature le 15 octobre 2025, après sa ratification par la Douma et le Conseil de la Fédération.
Des analystes russes ont toutefois averti que Moscou —immergé dans la guerre en Ukraine— ne peut offrir un véritable soutien politique à La Havane, sans capacité pour un sauvetage économique ou militaire comparable à celui de l'époque soviétique.
Ce mardi, Bloomberg a rapporté que des voix proches de Rubio et Trump préconisent « une pression totale » jusqu'à obtenir un changement de régime à Cuba, ce qui annonce un nouveau tournant dans la confrontation entre Washington et La Havane, avec Moscou en toile de fond.
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