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La annulation massive de vols vers Cuba et les nouvelles sanctions américaines contre GAESA ont placé les principales chaînes hôtelières espagnoles sur l'île face à une impasse sans précédent, avec le 5 juin comme date limite pour cesser leurs opérations avec le conglomérat contrôlé par les Forces Armées du régime cubain.
Le Département d'État des États-Unis a fixé ce délai sous l'Ordonnance Exécutive 14404 pour que les entreprises et les institutions financières étrangères mettent fin à leurs liens avec GAESA.
À partir de cette date, toute opération avec le groupe ou ses filiales pourra exposer les sociétés à des sanctions secondaires.
La mesure frappe de plein fouet le tourisme cubain car le Grupo de Turismo Gaviota S.A., filiale touristique de GAESA, contrôle environ 110 hôtels et près de 50 000 chambres sur l'île.
Meliá Hotels International, avec plus de 13 000 chambres à Cuba, avait déjà limité son exploitation et la disponibilité dans trois établissements avant l'échéance.
Son conseiller délégué, Gabriel Escarrer, avait déclaré que « notre intention n'est pas de procéder à un quelconque retrait à Cuba », bien que la pression réglementaire complique de plus en plus cette position.
Iberostar a abandonné la gestion de 12 hôtels liés à GAESA avant le délai, bien qu'elle maintienne une présence sur l'île par d'autres formules opérationnelles.
Sur le site web d'Iberostar, qui dispose d'environ 7 000 chambres dans le pays, seuls six hôtels actifs apparaissent actuellement, sans disponibilité jusqu'en novembre.
La canadienne Blue Diamond Resorts a été plus radicale : samedi dernier, elle a annoncé son départ immédiat de Cuba, mettant fin à la gestion de 62 hôtels et de plus de 12 900 chambres sous sept marques, dont Royalton, Memories et Mystique.
Les sanctions étendent également leur portée à Cubanacán, Gran Caribe et Islazul, ce qui augmente le risque pour une très grande partie de l'inventaire hôtelier cubain, au-delà des actifs liés à Gaviota.
Le collapse de la connectivité aérienne aggrave encore davantage la situation. Au moins onze compagnies aériennes ont suspendu ou réduit leurs vols vers Cuba depuis le début de l'année 2026, avec plus de 1 700 vols annulés au total.
Iberia a suspendu sa liaison Madrid-La Havane à partir d'aujourd'hui jusqu'au 24 octobre. Cubana de Aviación a annulé depuis le 12 mai sa seule liaison avec l'Espagne. Air Transat a prolongé sa suspension jusqu'à la fin octobre, annulant 129 vols. Air Canada a reporté la reprise de ses services jusqu'au 1er novembre.
Air Europa est restée la seule compagnie aérienne espagnole à proposer des vols directs vers Cuba, opérant trois fréquences hebdomadaires avec une escale de retour via Saint-Domingue en raison de la pénurie de carburant Jet A-1 dans les aéroports de l'île.
Le résultat est un effondrement touristique sans précédent : entre janvier et avril 2026, Cuba n'a accueilli que 328 608 touristes internationaux, une baisse de 55,8 % par rapport à la même période en 2025.
Depuis janvier, l'administration Trump a imposé plus de 240 sanctions contre Cuba, parvenant à réduire les importations énergétiques cubaines de 80 % à 90 %, selon des chiffres officiels américains.
Comme l'a signalé Hosteltur, « pour Meliá et Iberostar, ce nouveau délai introduit un compte à rebours qui peut influencer les contrats, la disponibilité, les canaux de vente et la planification commerciale à Cuba au cours des prochains mois ».
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