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Le quotidien officiel du Parti communiste cubain, Granma, a publié ce mardi un long article de défense institutionnelle intitulé «Cuba, le GAE et les États-Unis : anatomie d'une calomnie d'État».
Le texte sur le Groupe d'Administration Entrepreneuriale (GAE) revendique le conglomérat militaire comme une institution patriotique, affirme qu'il est transparent et nie qu'il soit un véhicule d'enrichissement personnel des élites castristes.
L'article de Granma répond directement aux sanctions imposées par Washington le 1er mai par le biais de l'Ordonnance Exécutive 14404, qui a désigné GAESA comme l'objectif central de la politique de pression maximale contre le régime cubain.
Il qualifie les sanctions américaines de « l'escalade la plus intense, démesurée et dangereuse de l'histoire récente des relations entre Cuba et les États-Unis » et les attribue à « des idéologues de l'ultradroite cubano-américaine ».
Il affirme que « le GAE n'est pas une structure opaque, ni parallèle à l'État cubain » et ajoute que « ce n'est pas le fruit du secret, ni d'élites, et encore moins la voie d'enrichissement de quelques-uns ».
Pour soutenir cette thèse, le texte énumère une liste de contributions supposées du conglomérat :
- la construction de plus de 10,000 logements dans diverses provinces
- inversions dans la thermélectrique Lidio Ramón Pérez à Holguín
- ouvrages hydrauliques tels que les transferts Est-Ouest et Nord-Sud
- réparations des policliniques et des écoles
L'article cite le dirigeant Miguel Díaz-Canel, qui lors du 8ème Congrès du Parti a reconnu le « perfectionnement entrepreneurial » développé au sein des Forces Armées Révolutionnaires comme une expérience qui « a ensuite servi au pays ».
Il évoque également une citation du général d'armée Raúl Castro, qui aurait décrit l'œuvre de GAESA comme étant construite « sans le moindre esprit de protagonisme, comme on fait les choses sérieuses ».
La défense officielle arrive à un moment de pression sans précédent. Le secrétaire d'État Marco Rubio a annoncé le 7 mai des sanctions directes contre GAESA, sa présidente exécutive Ania Guillermina Lastres Morera —général de brigade des FAR— et l'entreprise minière Moa Nickel S.A.
Le Département d'État accuse GAESA de contrôler jusqu'à 20 milliards de dollars d'actifs illicites déposés sur des comptes bancaires à l'étranger, et de gérer des revenus qui « pourraient tripler le budget de l'État » cubain.
Washington a décrit le conglomérat comme « le noyau du système communiste kleptocratique de Cuba », conçu « pour générer des revenus non pour le peuple cubain, mais uniquement pour le bénéfice de ses élites corrompues ».
Les sanctions incluent des mesures secondaires contre tout acteur étranger opérant avec GAESA, avec un délai de grâce qui expire le 5 juin —à peine trois jours après la publication de l'article de Granma— pour que les entreprises étrangères mettent fin à leurs liens avec le conglomérat.
La pression a également atteint l'environnement familial de la cheffe de GAESA. Le 21 mai, des agents du Service d'immigration et de contrôle des douanes des États-Unis ont arrêté à Miami Adys Lastres Morera, la sœur d'Ania, qui a ensuite été transférée dans un centre de détention en Louisiane.
Rubio a averti dans son communiqué du 7 mai que « de nouvelles sanctions sont prévues dans les jours et semaines à venir », ce qui suggère que la campagne de pression sur le conglomerat militaire du régime est loin d'être terminée.
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