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Un câble diplomatique du Département d'État, filtré et divulgué par le magazine The Nation, révèle que Washington aurait instruit ses ambassades de faire pression sur d'autres pays pour freiner un débat à l'ONU sur Cuba prévu pour le 7 juillet.
La fuite a déclenché des tensions internationales et, en même temps, a donné au régime cubain une nouvelle occasion de renforcer son discours de confrontation externe.
Un câble qui révèle une pression diplomatique
Le document, daté du 1er juillet et signé par le secrétaire d'État Marco Rubio, montre comment les États-Unis cherchent à influencer la position de différents pays lors de l'Assemblée générale.
Cependant, l'épisode met également en lumière un schéma récurrent : La Havane profite de chaque conflit diplomatique pour détourner l'attention de la crise interne que traverse l'île.
La revue The Nation a publié le 2 juillet un article signé par les journalistes Peter Kornbluh et Ken Klippenstein, dans lequel le contenu du câble, classé comme « Sensible mais non Classifié » (SBU), est révélé.
Le document, de trois pages, a été obtenu par Klippenstein et s'intitule « Engager les États membres de l'ONU lors du débat ouvert de l'Assemblée générale de l'ONU du 7 juillet sur Cuba ».
Instructions différenciées par pays
Selon l'enquête, le câble divise les pays en trois catégories avec des directives différenciées.
Aux alliés fidèles de Washington, on demande de critiquer ouvertement le régime cubain pour son modèle économique, sa mauvaise gestion et la corruption.
Les pays non alignés sont priés de s'abstenir d'intervenir dans le débat, tandis que les gouvernements qui ont traditionnellement soutenu La Havane sont avertis que les États-Unis observeront attentivement leurs positions.
Le document soutient également que la résolution annuelle contre l'embargo est devenue une plateforme de propagande que le régime utilise pour échapper à ses responsabilités.
Dans ce contexte, il considère inutile d'ouvrir un nouveau débat extraordinaire.
Économie en crise et narration officielle
Le câble affirme que l'économie cubaine manque de bases réelles et attribue son déclin à l'incompétence et à la mauvaise gestion.
En même temps, il affirme que les États-Unis ont proposé 100 millions de dollars en aide humanitaire, dont la livraison - selon Washington - a été entravée par les autorités cubaines.
The Nation indique que cette aide est sur la table depuis plus d'un mois et que sa distribution serait conditionnée à des canaux indépendants, tels que des organisations non gouvernementales et l'Église catholique, plutôt qu'aux structures étatiques.
En parallèle, Díaz-Canel a récemment admis des erreurs du régime, bien qu'il ait de nouveau insisté sur l'embargo comme principale cause de la crise.
Cette narration évite d'assumer des responsabilités pour l'impact d'un modèle économique centralisé, le manque de réformes et le contrôle politique.
La fuite a été rapidement exploitée par le régime.
Le chancelier Bruno Rodríguez Parrilla avait dénoncé quelques jours auparavant de supposées pressions des États-Unis, et après la connaissance du contenu du câble, La Havane a renforcé ce discours dans ses médias officiels.
Rodríguez a affirmé que Cuba ne représente pas une menace pour les États-Unis et a qualifié l'embargo de "crime contre l'humanité".
Cependant, le gouvernement cubain omet que, malgré plus de 30 votes consécutifs à l'ONU contre les sanctions, il n'a pas mis en œuvre de changements structurels ni amélioré la situation des droits de l'homme.
La session extraordinaire du 7 juillet mettra à l'épreuve la capacité de pression diplomatique de Washington. Pendant ce temps, des millions de Cubains continuent de faire face à une crise quotidienne dans laquelle le régime continue de privilégier le contrôle politique par rapport à des solutions réelles.
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