
Mientras Cuba souffre de pannes d'électricité pouvant atteindre jusqu'à 30 heures par jour et d'une pénurie alimentaire qui affecte presque toute sa population, les autorités de la circulation à Guantánamo ont trouvé leur grande bataille : poursuivre l'utilisation de résonateurs, les courses clandestines et la musique assourdissante sur les motos.
La campagne a été diffusée par la page Facebook «Guantánamo et sa Vérité», un profil identifié comme porte-parole officiel du Ministère de l'Intérieur (MININT), faisant partie d'un réseau de comptes de propagande détenu par le régime cubain.
La publication annonce que les opérations se sont étendues à plusieurs municipalités de la province, y compris Manuel Tames, où des conducteurs ont été retenus et des contraventions leur ont été infligées pour bruits excessifs.
Selon le profil lié au MININT, durant les opérations, des « rencontres prophylactiques » ont été organisées avec les conducteurs « pour avertir, sensibiliser et exiger la cessation de ces pratiques qui génèrent un malaise social ».
En cas de récidive, les autorités appliquent des dénonciations pour désobéissance, un délit pénal à Cuba.
Plusieurs véhicules ont été immobilisés jusqu'à ce que leurs propriétaires remplacent les résonateurs par des silencieux appropriés.
L'aggravant : seuls les propriétaires légaux peuvent les récupérer dans les dépôts, ce qui complique la situation lorsqu'ils résident à l'étranger ou hors de la province, et prolonge la rétention indéfiniment.
Le coût de la récupération d'un véhicule retenu s'élève à 1 000 pesos cubains par jour de séjour dans le dépôt, une somme considérable dans un pays où le salaire moyen ne suffit pas à couvrir les besoins fondamentaux.
Parmi les cas soulignés par le profil officiel figure un véhicule sans système de résonateur mais avec des niveaux de bruit dépassant les limites autorisées, ce que les autorités ont qualifié d'« indices de comportements délibérés contre la tranquillité publique ».
Des conducteurs sans permis ont également été détectés, et une surveillance est maintenue sur les courses illégales de motocyclettes, avec des impliqués déjà poursuivis pénalement.
Alors que les Cubains font face à la faim, à l'obscurité et à une crise sans précédent depuis des décennies, l'appareil d'État consacre des ressources et une attention publique à traquer le bruit des motos.
«Le bruit est aussi une forme de violence. L’arrêter est la responsabilité de tous», a conclu le porte-parole du MININT dans sa publication, sans sembler prendre conscience du contraste.
Ce n'est pas la première fois que le régime déploie ce type d'opérations dans la région.
En août 2025, une opération à Baracoa a retenu une vingtaine de motos pour conducteurs sans licence, avec deux accusés du délit de désobéissance pour être des récidivistes.
De plus, en février dernier et également dans la région orientale, la Police Nationale a immobilisé 181 véhicules à Santiago de Cuba, beaucoup en raison de modifications d'échappement avec des résonateurs.
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