
Le gouvernement britannique a intensifié jeudi la pression sur la FIFA en exigeant une enquête formelle contre l’équipe argentine pour avoir exhibé une banderole avec le message "Les Malouines sont argentines" suite à la victoire 2-1 contre l'Angleterre en demi-finale du Mondial 2026.
Le ministre des Entreprises et du Commerce du Royaume-Uni, Peter Kyle, a demandé à l'organisme dirigeant du football mondial d'ouvrir une enquête "exhaustive", estimant que le geste contrevient au principe de maintenir la politique à l'écart du sport, a rapporté l'agence AFP.
"La politique doit être séparée du football. En fait, l'un des principes fondamentaux de la Coupe du Monde est que la politique soit séparée du football", a déclaré Kyle à la BBC.
Le ministre a ajouté qu'il appartient maintenant à la FIFA de déterminer s'il y a eu une infraction. "Nous espérons qu'elle mènera une enquête sur cette affaire", a-t-il affirmé.
La position du ministre a été immédiatement soutenue par le gouvernement de Keir Starmer.
Un porte-parole de Downing Street a réagi à l'incident par un message catégorique sur la souveraineté de l'archipel. "Le Mondial ne nous appartient peut-être pas, mais les îles, elles, le sont définitivement."
Le porte-parole a également réitéré que la position britannique "n'a pas changé" et a défendu que l'avenir des îles doit être décidé par leurs habitants.
La pancarte qui a déclenché la polémique
La controverse a commencé à la fin du match disputé mercredi au Mercedes-Benz Stadium d'Atlanta.
Durante les célébrations, le milieu de terrain Giovani Lo Celso a déployé sur le terrain une banderole avec la phrase "Les Malouines sont argentines", accompagné des défenseurs Nicolás Otamendi et Cristian Romero, qui l'ont également tenue devant des milliers de spectateurs.
L'épisode a pris une plus grande importance parce que la FIFA avait précédemment interdit l'entrée dans le stade de drapeaux et d'autres éléments avec des messages politiques liés aux Malouines, une restriction qui avait même été confirmée avant la rencontre par la ministre de la Sécurité argentine, Alejandra Monteoliva.
Jusqu'à ce jeudi, la FIFA n'avait pas émis de décision officielle, bien qu'elle évalue les images et les rapports du match pour déterminer si le comportement des footballeurs constitue une manifestation politique interdite par ses règlements.
Ce ne serait pas un cas inédit. En 2014, la FIFA a sanctionné l'Association du Football Argentin (AFA) avec une amende de 30 000 francs suisses après que des joueurs argentins aient exhibé une pancarte avec le même message avant un match amical contre la Slovénie.
Des spécialistes en droit sportif estiment que, en cas de nouveau châtiment, il est très probable qu'une nouvelle sanction financière soit infligée à la AFA, sans conséquences sportives pour la sélection, qui disputera la finale de la Coupe du Monde dimanche prochain face à l'Espagne au MetLife Stadium, dans le New Jersey.
Le prétendu argentin sur les îles Malouines, territoire administré par le Royaume-Uni depuis le XIXe siècle, reste l'un des principaux points de friction entre les deux pays et a pris une ampleur historique durant la guerre de 1982. La rivalité footballistique entre Argentins et Anglais a été marquée depuis lors par ce conflit, notamment à partir de la Coupe du Monde au Mexique en 1986, lorsque Diego Maradona a éliminé l'Angleterre avec les célèbres buts "La Main de Dieu" et le "But du Siècle".
Vidéos associées :
Archivé dans :