Foro Libertas : Le PPE a élevé la voix pour la liberté face à l'autoritarisme

Fórum Libertas, du Parti Populaire EuropéenPhoto © PPE

Dans une époque marquée par des guerres, une incertitude géopolitique et un inquiétant recul des libertés fondamentales dans de nombreuses régions du monde, le Forum Libertas du Parti Populaire Européen, qui s'est tenu à Madrid, a représenté bien plus qu'une simple réunion de dirigeants politiques. Cela a été une réaffirmation morale et politique des principes qui ont rendu possible la construction de l'Europe démocratique après les tragédies du XXe siècle et un rappel que la liberté ne peut jamais être considérée comme acquise.

Au cours de deux journées de débats intenses, des dirigeants européens, des chefs de gouvernement, des eurodéputés, des académiciens, des défenseurs des droits de l'homme et des représentants de la résistance démocratique face à divers régimes autoritaires, nous avons convenu d'un message essentiel : la démocratie libérale reste le système qui protège le mieux la dignité humaine, et sa défense exige détermination, cohérence et solidarité internationale. C'était, en essence, le véritable esprit de Libertas.

La rencontre a clairement montré que les menaces contre les sociétés ouvertes ne proviennent plus uniquement du terrorisme ou des crises économiques. Aujourd'hui, la démocratie fait face à un défi beaucoup plus large : le renforcement d'un axe autoritaire constitué d'États qui concentrent le pouvoir, restreignent les libertés individuelles, subordonnent la justice au pouvoir politique, persécutent l'opposition et utilisent la propagande et la désinformation comme instruments permanents de domination.

Dans ce contexte, les références à l'agression russe contre l'Ukraine, au poids stratégique croissant de la Chine, gouvernée par le Parti Communiste et aux dictatures de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua n'étaient pas des mentions isolées. Elles faisaient partie d'une même réflexion sur la nécessité pour les démocraties d'agir avec fermeté face à ceux qui cherchent à affaiblir l'ordre international basé sur le respect des droits, des libertés et de la souveraineté des peuples.

Les interventions d'Alberto Núñez Feijóo, d'Antonio Tajani, vice-président du Gouvernement italien et ministre des Affaires étrangères, de Dolors Montserrat, de l'ancien président José María Aznar, de l'eurodéputé Antonio López-Istúriz et de nombreux dirigeants européens ont reflété une conviction partagée : l'Europe ne peut se permettre l'indifférence face à ceux qui souffrent en prison, de persécution et d'exil pour avoir défendu des principes démocratiques.

Il ne s'agissait pas seulement de condamner les dictatures. Il s'agissait de revendiquer ce qui les distingue des démocraties : l'État de droit, la séparation des pouvoirs, les élections libres, le pluralisme politique, la liberté religieuse, la liberté d'expression, le droit de propriété, l'initiative privée et l'économie de marché comme instruments pour générer prospérité et autonomie citoyenne face au pouvoir de l'État.

Face à ceux qui estiment que ces principes ne sont que de simples concepts théoriques, le Forum a rappelé une vérité élémentaire : là où disparaissent l'indépendance judiciaire et la liberté économique, tôt ou tard, les libertés politiques disparaissent également.

Particulièrement significative a été l'intervention de la juriste vénézuélienne Tamara Sujú, dont le parcours dans la documentation des violations des droits de l'homme a fait de sa voix une référence internationale. Son appel à accompagner, à rendre visibles et à parrainer les prisonniers politiques a rappelé qu'à chaque dossier judiciaire fabriqué par une dictature se cache une personne privée arbitrairement de sa liberté, une famille détruite et une société que l'on cherche à gouverner par la peur.

Les démocraties ne peuvent se contenter d'exprimer une solidarité ponctuelle. Elles doivent transformer cette solidarité en une politique permanente d'accompagnement, de dénonciation et de soutien à ceux qui paient le prix le plus élevé pour défendre la liberté.

Précisément cette dimension humaine a acquis une force particulière lors du panel « Un horizon commun pour la liberté », où, aux côtés de Rosa María Payá, nous avons exposé la tragédie que vit notre patrie. Nous avons porté au cœur du Forum la réalité quotidienne des Cubains qui continuent de faire face à la répression, à la faim, aux coupures de courant, à la pauvreté et à l'absence de droits fondamentaux sous un système politique qui n'admet ni compétition électorale, ni presse libre, ni opposition légale.

L'accueil que nous avons reçu a montré que la cause de la liberté de Cuba continue d'occuper une place importante dans la conscience démocratique européenne. Mais cela a également révélé quelque chose d'encore plus transcendant : la lutte des Cubains fait partie d'une bataille beaucoup plus large pour la défense universelle de la dignité humaine.

Il en va de même pour le leadership de María Corina Machado et pour tant de démocrates vénézuéliens qui luttent pour le retour de la démocratie dans leur pays ; avec Juan Sebastián Chamorro et ceux qui résistent pacifiquement à la dictature de Daniel Ortega et Rosario Murillo au Nicaragua ; et avec des milliers de citoyens anonymes qui, depuis différentes parties du monde, continuent de croire qu'aucune tyrannie ne peut être éternelle.

Le Forum Libertas a également rappelé que la défense de la liberté ne constitue pas uniquement une obligation éthique. C'est aussi une nécessité stratégique pour les démocraties occidentales. Chaque dictature qui consolide son pouvoir renforce des réseaux internationaux d'influence, de corruption, de désinformation et de coopération répressive qui finissent par affecter la sécurité et la stabilité des propres sociétés démocratiques.

Pour cela, soutenir ceux qui luttent pacifiquement contre l'autoritarisme ne signifie pas intervenir dans les affaires internes d'autres pays. Cela signifie défendre les valeurs sur lesquelles repose la coexistence internationale et protéger un ordre fondé sur le respect des droits fondamentaux.

L'Europe démocratique est née de la décision de placer la personne au centre de la vie politique. Cet héritage, profondément influencé par l'humanisme chrétien et par la tradition libérale démocratique, constitue le meilleur antidote face aux projets totalitaires qui subordonnent l'individu à l'État, au parti unique ou au chef.

Cet héritage s'est pleinement reflété à Madrid. À l'issue du Forum Libertas, ceux d'entre nous qui venons de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua avons renouvelé nos espoirs. Nous sommes sortis avec la certitude que notre lutte obtient de plus en plus de solidarité.

C'est une réalité que les dictatures prospèrent lorsque le monde libre reste silencieux, mais elles reculent lorsque les démocraties s'expriment d'une seule voix, accompagnent les victimes et transforment la solidarité en action politique.

Au président du PPE Manfred Weber, Alberto Núñez Feijóo, Antonio Tajani, Dolors Montserrat et à tous les dirigeants, parlementaires, experts et participants qui ont rendu cette rencontre possible, nous devons une sincère reconnaissance. Également à ceux qui, depuis différentes responsabilités, ont réaffirmé que la défense de la liberté constitue une responsabilité partagée par toutes les démocraties.

À Madrid, le Forum Libertas a démontré que l'Europe est encore prête à le faire. Et ce message, pour des millions de personnes qui vivent encore privées de liberté, représente l'espoir que le monde démocratique n'a pas renoncé à son devoir de défendre la liberté là où elle est le plus nécessaire.

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José Daniel Ferrer García

José Daniel Ferrer García (Palma Soriano, 1970). Coordinateur de l'UNPACU et président du Parti du Peuple.