
L'image que des milliers de Cubains attendaient a enfin été vue ce samedi : Luis Manuel Otero Alcántara assis dans un avion, passeport en main, décolle vers Miami sur le vol AA2706 de American Airlines.
Ainsi l'a confirmé son profil sur les réseaux sociaux avec une phrase qui résume cinq ans d'attente : « En ce moment précis, Luis Manuel Otero Alcántara est en route vers l'aéroport international de Miami. Maintenant, c'est fait, !Luis Manuel est libre ! »
Mais la joie est enveloppée d'une réalité amère : son départ n'est pas une véritable libération, mais un exil forcé.
Le régime cubain l'a laissé sortir uniquement sous la condition de quitter l'île de manière définitive, une pratique qu'il a systématiquement utilisée pour se débarrasser des opposants sans qu'ils puissent continuer à agir de l'intérieur.
Les derniers jours avant son départ ont été marqués par une angoisse supplémentaire. Le 7 juillet, deux jours avant l'expiration officielle de sa peine, des agents de l'État l'ont sorti de Guanajay sans informer sa famille ni ses avocats.
Son emplacement est resté inconnu pendant des jours, une situation que Amnesty International et Cubalex ont dénoncée comme une disparition forcée.
Le Comité de l'ONU contre les Disparitions Forcées a déclenché l'Action Urgente AU N° 2357/2026, exigeant que le régime informe sur son emplacement avant le 25 juillet.
La seule issue possible a été le parole humanitaire, approuvé vendredi par les autorités américaines après des semaines de démarches.
L'activiste Anamely Ramos l'avait clairement averti : « Luis Manuel ne sera pas libre tant qu'il n'aura pas mis un pied dans l'avion ».
Maintenant, ce pied est dans l'avion. Et le premier arrêt à Miami aura un poids symbolique énorme : cet après-midi, à 18h30, Otero Alcántara effectuera une action de remerciement à l'Ermita de la Caridad, au 3609 de South Miami Avenue.
Sa libération intervient une semaine après le cinquième anniversaire du 11J, alors que de nombreux prisonniers politiques restent encore dans les prisons cubaines. Parmi eux, son ami et compagnon du Mouvement San Isidro, le rappeur Maykel Osorbo, condamné à neuf ans.
«Derrière, il y a des centaines de prisonniers politiques, et tout un peuple traversant peut-être le pire moment de son histoire. Il ne l'oublie pas et nous non plus», a indiqué l'entourage d'Otero Alcántara dans un premier communiqué ce samedi.
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