Le bruit règne à Sancti Spíritus entre klaxons, moteurs et musique à plein volume

Le bruit s'est répandu comme une épidémie dans les espaces urbains de la provinceFoto © Escambray

Ce samedi, à l'occasion de la Journée mondiale de l'écoute, le journal officiel Escambray a publié un reportage qui confirme ce que les habitants de Sancti Spiritus dénoncent depuis des années, à savoir que la pollution sonore dans la province non seulement persiste, mais s'est aggravée depuis que le même média a alerté sur le problème en 2022.

Il y a quatre ans, Escambray avertissait sur le "procédé impuni de ceux qui génèrent une véritable violence auditive" et sur la "surdité de certains organismes habilités à faire valoir le silence comme droit citoyen".

Le diagnostic de 2026 est plus sombre : le bruit s'est étendu comme une épidémie dans les espaces urbains de la province, a déploré le média.

Des haut-parleurs portables, des bicitaxis et des motorinas diffusant de la musique à plein volume, des véhicules avec des échappements modifiés et des activités nocturnes dans des bars et des centres culturels sans conditions acoustiques adéquates créent un paysage sonore qui enfreint systématiquement les limites légales.

La norme cubaine sur les bruits et les vibrations établit un maximum de 70 décibels pendant la journée et de 66 durant la nuit pour les zones résidentielles.

Ces seuils sont régulièrement franchis à des points critiques comme la Plaza Cultural de Olivos I, dans la capitale espirituana, ou le Centre Historique de Trinidad.

Les voisins de l'immeuble 12 Plantas de la capitale dénoncent que le bruit leur empêche de dormir jusqu'à bien tard dans la nuit, surtout les week-ends.

À Trinidad, la situation impacte également le patrimoine bâti, car les vibrations générées par la musique dans des établissements sans isolation acoustique détériorent les structures historiques.

Une exposition prolongée à des niveaux supérieurs à 70 décibels peut provoquer des dommages auditifs permanents, et le bruit constant est également associé à l'insomnie, au stress et à l'irritabilité, selon des spécialistes cités par Escambray.

Cuba dispose d'un cadre légal pour faire face au problème : la Loi 150 de 2022, le Décret 96 de 2023 et le Décret Loi 200/99, qui impose des amendes allant de 200 à 2 250 pesos pour les émissions dépassant 65 décibels. Cependant, son application est pratiquement nulle et la population le perçoit comme une lettre morte.

Le phénomène n'est pas exclusif à Sancti Spíritus. En avril 2025, les riverains de Los Arabos, à Matanzas, ont signalé une agression sonore chaque week-end en raison d'activités soutenues par le gouvernement municipal lui-même, sans que les autorités ne donnent de réponse pendant plus de cinq mois.

En septembre de cette même année, un sondage à Las Tunas a révélé que plus de 70 % des personnes interrogées ont qualifié la musique des motos-taxis, des tricycles et des centres récréatifs de "fracasante" et "irritante".

La crise énergétique a ajouté une nouvelle dimension au problème. En juin, une voisine de l'immeuble Granma à Nuevo Vedado, La Havane, a dénoncé le bruit insupportable du générateur d'Etecsa qui fonctionne 24 heures sur 24 alors que le quartier ne reçoit à peine que deux heures d'électricité par jour.

En jours récents, les autorités de Guantánamo ont lancé des opérations contre les résonateurs et la musique forte sur les motos, avec confiscation de véhicules à 1 000 pesos par jour en dépôt, dans une province qui endure des coupures de courant allant jusqu'à 30 heures par jour.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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