"Encore et toujours la même chose" : Les lecteurs réagissent avec scepticisme à l'annonce de Díaz-Canel concernant les réformes sous le contrôle du PCC

Miguel Díaz-Canel dans l'interview avec RTPhoto © Capture d'écran / actualidad.rt.com

La publication de CiberCuba sur les déclarations de Miguel Díaz-Canel concernant le nouveau paquet de transformations économiques a suscité une intense discussion parmi les lecteurs sur Facebook.

L'idée centrale défendue par le dirigeant —que les réformes économiques seront toujours sous le contrôle du Parti Communiste de Cuba (PCC) et ne constitueront pas une ouverture politique— a été accueillie par une majorité écrasante de réactions critiques.

Parmi les centaines de commentaires, une sensation partagée a prédominé : de nombreux utilisateurs estiment que les mesures annoncées auront peu de chances de produire des changements réels tant que le système politique restera intact.

La phrase qui a été le plus répétée, sous différentes variantes, était précisément qu'il s'agit de "plus de la même chose", une expression utilisée par de nombreux lecteurs pour résumer leur perception du nouveau programme économique.

Même chien, collier différent, a écrit l'un des participants, tandis qu'un autre a résumé l'annonce officielle avec le commentaire : "Le film s'appelle : Plus de la même chose".

Une partie importante des réactions a remis en question le fait que le Parti Communiste continue de se réserver le contrôle absolu du processus. Plusieurs lecteurs ont souligné que toute tentative de réforme sera vouée à l'échec si l'organisation politique qui dirige le pays depuis des décennies maintient le monopole des décisions.

Uno des commentaires les plus soutenus affirmait que "toute réforme sous le PCC aura le sceau de l'échec en lettres majuscules", tandis qu'un autre concluait que Díaz-Canel venait de "déclarer l'échec des réformes" même avant leur mise en œuvre.

D'autres lecteurs ont insisté sur le fait que le problème ne réside pas uniquement dans les mesures économiques, mais dans l'absence de changements institutionnels et politiques. Certains ont réclamé la tenue d'un plébiscite afin que la population puisse décider librement du modèle de pays qu'elle souhaite.

Dans cette même lignée, plusieurs commentaires ont rejeté la continuation du système de parti unique et ont remis en question la capacité des nouvelles mesures à générer la confiance des investisseurs potentiels.

Avec ces prémisses, il peut attendre assis, a ironisé un utilisateur. Un autre a ajouté que "ainsi il restera en attente des investisseurs", mettant en doute que des entrepreneurs étrangers choisissent de risquer du capital dans un environnement où le PCC maintient le contrôle absolu des règles du jeu.

La méfiance envers l'annonce s'est également reflétée chez ceux qui ont interprété les réformes comme une tentative d'attirer des investissements sans modifier le fonctionnement du système. Certains commentaires ont même affirmé que les nouvelles mesures ne serviraient qu'à capter des ressources économiques sans offrir de garanties suffisantes aux investisseurs sur l'île.

Un autre groupe de participants a centré ses critiques sur l'insistance du gouvernement à continuer à défendre le socialisme malgré la profonde crise que traverse le pays.

Jusqu'à quand, combien de noms va-t-on donner à ce socialisme ?, a demandé un lecteur, en référence à l'expression utilisée par Díaz-Canel de construire "le socialisme à la cubaine".

Ce même commentaire affirmait que les autorités continuent d'essayer de "masquer l'échec" avec de nouvelles définitions au lieu de reconnaître les erreurs accumulées au fil des décennies.

Il y a également eu ceux qui ont recours à l'humour pour répondre au discours officiel. L'un des messages les plus partagés a comparé l'expression "socialisme à la cubaine" à "le plat d'un menu : sans eau, sans électricité, sans rien", en référence à la crise énergétique et aux difficultés quotidiennes auxquelles la population est confrontée.

D'autres lecteurs ont utilisé des phrases brèves chargées d'ironie telles que "je peux déjà imaginer le résultat final", "sans mots", "je ne sais pas si je dois rire ou pleurer" ou tout simplement "plus jamais".

Les références religieuses sont également apparues de manière récurrente. Plusieurs utilisateurs ont demandé l'intervention de Dieu pour que la situation du pays change, avec des commentaires tels que "Que Dieu ait pitié de nous" ou "Dieu mets ta main", reflétant le sentiment de désespoir exprimé par les participants.

Certains lecteurs ont également rappelé la célèbre phrase attribuée à Albert Einstein concernant la folie de répéter les mêmes actions en espérant des résultats différents. Un commentateur a adapté cette idée pour soutenir qu'insister sur le même modèle économique constitue une preuve de "malhonnêteté", tandis que d'autres ont convenu que le gouvernement tente à nouveau des formules qui, selon eux, ont déjà prouvé qu'elles ne fonctionnent pas.

Bien que le ton dominant ait clairement été critique envers le régime, des interventions humoristiques, des commentaires résignés et même des observations sur la photographie utilisée pour illustrer la nouvelle sont également apparus, reflétant la diversité habituelle des conversations sur les réseaux sociaux.

Dans l'ensemble, les réactions montrent que l'annonce de Díaz-Canel a trouvé peu de crédibilité parmi une grande partie des lecteurs qui ont participé au débat.

La majorité des commentaires ne remettait pas seulement en question le contenu des réformes économiques, mais également le fait que le gouvernement lui-même présente le Parti Communiste comme garant du processus après plus de six décennies à la tête de l'économie nationale.

Loin de transmettre de la confiance, les déclarations du dirigeant ont renforcé chez de nombreux lecteurs la perception que les nouvelles mesures représentent une flexibilisation limitée de l'économie sans changements dans la structure politique du pays.

Pour beaucoup de ceux qui ont commenté la publication de CiberCuba, le message peut se résumer en une phrase qui est devenue le fil conducteur du débat : "plus de marché, mais le même contrôle".

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