
Le juge fédéral Alvin Hellerstein a fixé ce mercredi le 1er juin 2027 comme date de début du procès oral contre l'ancien président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores, accusés de trafic de drogue devant le tribunal fédéral de Manhattan, comme l’a rapporté Reuters depuis New York.
La décision a été prise lors d'une audience d'environ 20 minutes —la troisième depuis l'arrestation de Maduro le 3 janvier 2026— au cours de laquelle les deux accusés se sont présentés vêtus d'uniformes de prison beiges. La proposition de cette date avait été soumise conjointement mardi soir par le bureau du procureur du district sud de New York et les avocats de la défense.
Maduro et Flores demeurent enfermés au Centre de Détention Métropolitain de Brooklyn depuis leur arrestation, et tous deux se sont déclarés non coupables lors de leur première comparution le 5 janvier 2026.
L'ancien président vénézuélien fait face à quatre chefs d'accusation : conspiration de narcoterrorisme, conspiration pour importer de la cocaïne aux États-Unis, possession de mitrailleuses et d'engins destructeurs, et conspiration pour posséder ces mêmes armes. Cilia Flores est accusée de délits liés à l'importation de drogues et à la possession d'armes. Tous les chefs d'accusation entraînent des peines pouvant aller jusqu'à la réclusion à perpétuité.
Lors de l’audience, l'avocat de la défense de Maduro, Barry Pollack, a annoncé qu'il présentera une motion pour faire rejeter l'affaire en affirmant que son client bénéficie de l'immunité en tant que chef d'État souverain. La défense a jusqu'au 2 septembre 2026 pour présenter cet argument.
Le calendrier procédural convenu stipule que le gouvernement américain remettra la majorité des documents classifiés en novembre 2026, et les équipes juridiques disposeront jusqu'au début de 2027 pour présenter de nouvelles motions avant que le procès ne commence formellement. Le juge Hellerstein avait déjà rejeté des tentatives antérieures de rejeter l'accusation.
Le processus se déroule dans un contexte diplomatique de haute complexité. L'administration Trump a demandé mardi une immunité judiciaire pour la présidente par intérim vénézuélienne Delcy Rodríguez dans le cadre d'une poursuite civile en Floride, tandis que le secrétaire d'État Marco Rubio a confirmé le début de discussions de transition au Venezuela pour août 2026.
A cette complexité s'ajoute un possible obstacle légal : un traité bilatéral d'extradition de 1922 entre les États-Unis et le Venezuela inclut une clause d'arbitrage qui, si Caracas l'active formellement, pourrait obliger à suspendre le processus. Le juriste David Sloss a souligné que « il ne serait pas particulièrement surprenant que le différend soit temporairement retiré des tribunaux et soumis à l'arbitrage ».
En avril 2026, Washington a modifié les sanctions contre le Venezuela pour permettre au gouvernement vénézuélien de financer la défense légale de Maduro et Flores, une décision qui reflète la tension entre les objectifs judiciaires et diplomatiques de l'administration Trump concernant Caracas.
Si le calendrier est respecté, le procès qui pourrait aboutir à une peine de réclusion à perpétuité pour l'ancien président vénézuélien commencera le 1er juin 2027, presque un an et demi après sa capture.
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