
Le département du Trésor des États-Unis a annoncé lundi une politique de flexibilisation temporaire des contrôles financiers qui permettra aux banques et institutions américaines de traiter des opérations autorisées liées à l'aide humanitaire et à la reconstruction du Venezuela, dévasté par les tremblements de terre du 24 juin dernier.
Selon l'agence EFE, la mesure a été émise par le Réseau de Contrôle des Crimes Financiers (FinCEN) et stipule que cet organisme n'engagera pas d'actions réglementaires contre les entités financières fournissant des services autorisés au Venezuela entre le 27 juillet 2026 et le 29 janvier 2027.
L'objectif central est de réduire le risque réglementaire auquel sont confrontées les banques lorsqu'elles traitent des transactions vers un pays sous sanctions, afin qu'elles puissent canaliser plus facilement des fonds destinés à l'assistance humanitaire, à la reconstruction de logements et d'infrastructures, ainsi qu'à la reprise économique générale.
Le document officiel de FinCEN précise que la couverture « ne s'appliquera pas aux violations connues, délibérées ou intentionnelles » des normes financières américaines.
La nouvelle politique repose sur deux licences générales précédemment émises par le Bureau de Contrôle des Actifs Étrangers (OFAC) : la Licence Générale 60, émise le 25 juin pour autoriser les transactions d'aide en cas de tremblements de terre — valable jusqu'au 23 octobre 2026 —, et la Licence Générale 57, émise en avril, qui autorise les opérations avec la Banque Centrale du Venezuela et trois banques d'État.
Les institutions financières qui bénéficient de cette protection devront maintenir actifs leurs programmes de conformité contre le blanchiment d'argent et respecter les sanctions en vigueur de l'OFAC.
L'urgence de la mesure est justifiée par l'ampleur du désastre. Les deux séismes du 24 juin, de magnitudes 7,2 et 7,5 — survenus avec à peine 39 secondes d'intervalle — figurent parmi les plus destructeurs de l'histoire récente du Venezuela.
Un rapport de la Banque mondiale présenté il y a une semaine a estimé les dommages physiques directs à 19,600 millions de dollars, avec La Guaira et le District Capital comme les zones les plus touchées, concentrant près de la moitié du total.
L'organisme a averti que la lenteur de la reconstruction pourrait freiner la reprise économique du pays pendant une décennie.
La flexibilisation financière s'inscrit dans une politique d'ouverture progressive que Washington a appliquée depuis la capture de Nicolás Maduro en janvier.
En mars, les États-Unis ont autorisé des transactions avec PDVSA pour augmenter l'offre mondiale de pétrole, et en avril ont retiré la présidente par intérim Delcy Rodríguez de la liste des sanctions SDN de l'OFAC.
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