L'Italie décrète la suspension temporaire de l'accord de Schengen avec l'Espagne et active des vérifications aux frontières en raison de la crise migratoire

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Italie a décrété ce vendredi la réintroduction de contrôles dans les ports et les aéroports pour les voyageurs en provenance d'Espagne, une mesure que le gouvernement romain présente comme une suspension temporaire de l'accord de libre circulation Schengen, déclenchée par la crise migratoire à Ceuta suite à l'entrée massive de dizaines de milliers de personnes en provenance du Maroc.

Selon les informations de l'agence EFE, la décision a été prise par le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Piantedosi, après une réunion du Comité d'Analyse sur l'Immigration et la Sécurité des Frontières.

Pour le moment, il n'a pas été précisé combien de temps dureront les contrôles ni ce que cela impliquera exactement pour les voyageurs, bien qu'il soit très probable que la police effectue des vérifications aléatoires des documents afin d'éviter de longues files d'attente aux accès.

Antonio Tajani, vice-président du gouvernement italien et ministre des Affaires étrangères, a soutenu la mesure sur ses réseaux sociaux.

«La suspension temporaire de l'espace Schengen avec l'Espagne est une décision nécessaire pour sauvegarder la sécurité de nos citoyens et défendre les frontières européennes. Une mesure prévue dans les traités et qui est devenue aujourd'hui inévitable», a-t-il écrit.

Cependant, des experts juridiques et des figures européennes de premier plan ont immédiatement averti que la rhétorique italienne dépasse ce que permet le droit communautaire. Josep Borrell, ancien Haut Représentant de l'UE pour la Politique Étrangère, a été catégorique sur X : « Selon la loi de l'UE, aucun État membre ne peut suspendre unilatéralement la participation d'un autre à Schengen ».

La professeure de droit Marie-Laure Basilien-Gainche, de l'Université Lyon 3, l'a expliqué avec la même clarté à l'AFP : « Dans le cadre de Schengen, il n'existe aucune disposition pour ce type d'action. Un État ne peut pas expulser un autre État de l'espace de manière unilatérale ».

Ce que prévoit effectivement la réglementation européenne, c'est la réintroduction temporaire de contrôles aux frontières face à une grave menace pour la sécurité intérieure ou en cas de mouvements non autorisés, soudains et à grande échelle de ressortissants de pays tiers, ce qui est précisément ce qu'Italie a activé. Cependant, son communiqué officiel a évoqué un « rejet des frontières », une formulation que le correspondant de Radio Nacional de España à Rome, Jordi Barcia, a qualifiée d'imprécise : « L'Italie ne peut pas fermer ses frontières avec un autre pays membre de Schengen ».

La Finlande et le Danemark ont également rejoint le débat. La ministre de l'Intérieur finlandaise, Mari Rantanen, et la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, ont évoqué la possibilité d'exclure l'Espagne de l'espace de libre circulation, bien qu'elles n'aient pas non plus de pouvoir légal à cet égard, selon une analyse de la Cadena SER.

Parallèlement, l'Italie et la France ont convenu de renforcer les contrôles à leur frontière terrestre commune. Le ministre de l'Intérieur français, Laurent Nuñez, a annoncé le déploiement de ressources supplémentaires à la frontière avec l'Espagne, avec des plans pour tripler les effectifs et atteindre 334 agents, en plus d'une surveillance par drones.

La crise a éclaté mercredi avec l'arrivée massive de personnes en provenance du Maroc à Ceuta. Les estimations de la police parlent de plus de 20 000 entrées en une seule journée ; les médias marocains ont porté ce chiffre à plus de 30 000.

Le déclencheur juridique a été un arrêt du Tribunal Suprême espagnol du 29 juin interdisant les expulsions à chaud pour ceux qui entrent à la nage.

Al terme de ce vendredi, le ministère de l'Intérieur espagnol a informé que près de 48 300 des 50 000 personnes estimées étaient déjà retournées au Maroc, tandis que RTVE a rapporté au moins 19 morts durant l'épisode.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié les images de Ceuta d'« inacceptables » et a offert son soutien à l'Espagne par l'intermédiaire de Frontex, tandis que le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé son soutien à l'intention espagnole de ne pas autoriser l'entrée irrégulière sur le territoire européen.

Actuellement, des contrôles renforcés sont déjà en place aux frontières intérieures de l'Autriche, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, des Pays-Bas, de la Pologne, de la Suède, du Danemark et de la Norvège pour des raisons d'immigration ou de sécurité, sans qu'aucun de ces pays n'ait quitté l'espace Schengen ni exclu ses voisins.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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