Comment légaliser des motos et des cyclomoteurs assemblés à partir de pièces à Cuba : exigences, délais et qui peut le faire

Des Cubains réparent un almendrón (image de référence)Photo © CiberCuba

Des milliers de personnes qui, pendant des années, ont maintenu en fonctionnement des motos et cyclomoteurs assemblés avec des pièces de différents véhicules auront une nouvelle occasion de légaliser ces moyens en Cuba.

Le Ministère des Transports (Mitrans) a approuvé une procédure extraordinaire qui permettra de les homogénéiser et de les inscrire officiellement au Registre des Véhicules, à condition qu'ils respectent les exigences techniques et puissent prouver l'origine légale des pièces utilisées.

La mesure a été établie dans la , publiée ce mardi dans la , et fait partie du vaste paquet de réformes concernant le secteur automobile annoncé par le régime cubain.

La norme ouvre un nouveau processus destiné exclusivement aux personnes physiques possédant des cyclomoteurs, des motos, des tricycles, des quadricycles, des side-cars, des remorques et des semi-remorques assemblés à partir de pièces et d'éléments qui n'ont pas été inclus dans les processus précédents d'homologation.

Qui pourra bénéficier du processus ?

La résolution laisse clairement entendre que le bénéfice n'est pas ouvert à tout véhicule artisanal. Seules pourront participer celles et ceux qui possèdent l'un de ces moyens et qui ont été exclus des appels précédents.

Ce point est pertinent car le Gouvernement avait déjà lancé un processus similaire en 2024. À l'époque, les autorités l'avaient présenté comme le "deuxième et dernier recensement" pour légaliser des véhicules assemblés à partir de pièces détachées, en insistant sur le fait qu'aucune construction de nouveaux véhicules de ce type ne serait autorisée.

La première étape : s'inscrire sur un site web

Tout le processus commencera par une inscription numérique sur une plateforme que mettra en place le Ministère des Transports. Si le propriétaire se trouve à l'étranger ou a des problèmes de santé, un représentant légal pourra effectuer la démarche.

L'inscription restera ouverte pendant 60 jours naturels à compter de l'entrée en vigueur de la résolution. Une fois ce délai écoulé, la plateforme ne recevra plus de nouvelles demandes et ne permettra que de consulter l'état des dossiers.

Quelles informations devront-elles être présentées ?

Pour s'inscrire, il sera nécessaire de fournir de nombreuses données sur le propriétaire et le véhicule, parmi lesquelles :

  • Numéro d'identité.
  • Tomo et folio d'inscription de naissance.
  • Lieu où le moteur et le châssis ont été acquis.
  • Classe et modèle.
  • Couleur dominante et secondaire.
  • Numéro de moteur et de châssis, le cas échéant.
  • Type de carburant.
  • Une photographie latérale du véhicule.
  • Téléphones de contact.
  • Adresse électronique (si vous en avez une).
  • Adresse de résidence permanente.

Une fois le formulaire correctement rempli, le système générera automatiquement un numéro de dossier qui accompagnera le demandeur tout au long de la procédure.

Un seul véhicule par propriétaire

La norme fixe également une limite importante : chaque propriétaire ou son représentant légal ne pourra inscrire qu'un seul cyclomoteur, une moto, un tricycle ou un quad. De plus, il pourra enregistrer en supplément un side-car, une remorque ou un semi-remorque.

La révision technique sera décisive

Après la fin de la période d'inscription, commencera la phase de Révision Technique Automobile (RTA), organisée par les directions provinciales des Transports en collaboration avec l'Entreprise de Révision Technique Automobile et le Ministère de l'Intérieur.

Les propriétaires devront présenter le véhicule en bon état technique, de fonctionnement et entièrement équipé. De plus, ils devront attester de l'origine légale des principales pièces utilisées dans sa construction.

La Commission d'Homologation classera chaque véhicule comme :

  1. Apto, s'il respecte les exigences techniques et prouve l'origine légale de ses composants.
  2. Non apte, lorsqu'il présente des lacunes en matière de sécurité ou qu'il n'est pas possible de justifier l'origine des pièces.

Ceux qui ne seront pas aptes auront une deuxième chance. Cependant, s'ils échouent à nouveau à l'évaluation, ils perdront définitivement le droit d'homologuer le véhicule et celui-ci ne pourra pas circuler sur les routes du pays.

La dernière étape pour obtenir la légalisation

Lorsque le véhicule sera déclaré apte, la Commission émettra un Avis Technique.

Avec ce document, le propriétaire disposera de 90 jours calendaires pour inscrire définitivement le véhicule au Registre des Véhicules. Pendant qu'il effectue cette démarche, il pourra circuler en portant avec lui le certificat de la Révision Technique Automobile.

La résolution stipule également qu'une fois homologué, le propriétaire devra mettre à jour chaque année le certificat de révision technique pour pouvoir continuer à circuler légalement.

Une nouvelle opportunité au milieu de la crise des transports

Le nouveau procédé arrive dans un contexte où des milliers de Cubains se sont tournés depuis des années vers l'assemblage de motos et d'autres véhicules avec des pièces récupérées en raison de la pénurie de voitures, de pièces de rechange et de transports en commun.

En 2024 le Gouvernement a ouvert un processus similaire pour régulariser ces moyens, après avoir annoncé un nouveau recensement pour ceux qui avaient été exclus des convocations précédentes. Cette initiative visait à organiser un parc automobile construit, en grande partie, par l'inventivité des citoyens eux-mêmes face à des décennies de crise des transports.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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