
Une Cubaine a dénoncé ce vendredi dans un groupe Facebook dédié à la vente de téléphones d'occasion à La Havane qu'elle a été victime d'une présumée arnaque après avoir acheté un Samsung A17 qui s'est ensuite avéré bloqué par l'unique entreprise d'État de télécommunications de Cuba (Etecsa).
Selon le récit de Marimar Rial Molina, elle se trouve depuis des mois dans un hôpital de La Havane avec son bébé et, n'ayant ni famille ni amis dans la capitale, a décidé d'acheter un téléphone car elle avait besoin de rester en contact et son ancien appareil, un Samsung J2, s'éteignait constamment.
La femme a affirmé que les vendeurs s'étaient rendus à l'hôpital pour lui remettre l'appareil et qu'ils avaient pris connaissance de sa situation. Le lendemain de l'achat, la ligne a été bloquée et une employée d'Etecsa lui a indiqué que le téléphone avait été signalé comme volé.
Face à cette situation, Rial a expliqué qu'elle avait contacté la police pour signaler ce qui s'était passé, mais qu'elle n'avait pas pu formaliser la plainte car, selon ce qu'on lui avait dit, "il n'y avait ni connexion ni système" pour effectuer la démarche. Désespérée, elle est retournée à l'hôpital et a essayé de joindre les vendeurs.
Selon sa publication, l'un d'eux a d'abord répondu puis a raccroché après avoir pris connaissance du motif de l'appel. La femme soutient que par la suite, le téléphone utilisé par les vendeurs est resté éteint et qu'elle a décidé de rendre publique sa plainte sur les réseaux sociaux.
Rial a également affirmé qu'après avoir exposé le cas, une publication est apparue dans laquelle une autre femme l'accusait d'acheter des téléphones et d'affirmer par la suite qu'ils étaient volés.
La dénonciatrice a déclaré avoir examiné des profils liés aux vendeurs et a assuré que ceux-ci s'étaient livrés à la vente de téléphones volés, bien que ces accusations ne soient pas accompagnées dans la publication d'une confirmation indépendante.
Plusieurs utilisateurs ont commenté la dénonciation et ont remis en question l'intervention de la police. Une participante a estimé que l'absence de connexion ou de système ne devrait pas empêcher la réception d'une plainte, tandis qu'une autre a suggéré que la personne concernée se rende à nouveau auprès des autorités avec des photographies et des documents liés à l'achat.
D'autres commentaires comprenaient des accusations similaires contre les prétendus vendeurs et des références à une adresse à Lawton où ils se retrouvent apparemment.
Une personne a même affirmé avoir acheté précédemment un téléphone volé à son insu et avoir été retenue pendant un jour dans une cellule, bien qu'il s'agisse également d'un témoignage publié par un utilisateur et non d'un fait vérifié de manière indépendante.
La dénonciation a également suscité des appels de certains participants à localiser et à confronter par la force les présumés escrocs, une réaction qui met en évidence la tension provoquée par la perception de vulnérabilité face à ce type de conflits.
Rial a assuré qu'il conserve des messages et des photographies liés à l'opération et a averti qu'il continuera à diffuser l'affaire sur les réseaux sociaux.
Ce cas s'inscrit dans une escalade historique de la criminalité à Cuba, où l'Observatoire Cubain de l'Audit Citoyen (OCAC) a documenté 2 833 délits vérifiés en 2025, soit une augmentation de 115 % par rapport à 2024 et de 337 % par rapport à 2023.
Les vols ont dominé cette liste avec 1 536 cas, une augmentation de 479 % depuis 2023, et en 2026, la tendance reste à la hausse.
Le vol de téléphones portables a un impact particulièrement grave sur l'île, car pour des milliers de familles, le téléphone mobile est le seul moyen de communication avec des proches émigrés et le seul canal pour recevoir des remises.
La crise énergétique aggrave le problème. Les coupures de courant qui dépassent 20 heures par jour obligent les Cubains à rester près des fenêtres et des portes, à la recherche de réseau ou d'une brise, les exposant à des agressions.
Dans le Vedado, les vols de téléphones portables se sont multipliés au point que les voisins se sont auto-organisés en rondes nocturnes face à l'inaction de la police.
Il existe un cadre légal pour lutter contre la revente d'équipements volés ; la Résolution 12/2016 du Ministère des Communications oblige à signaler les vols à Etecsa pour bloquer l'IMEI de l'équipement via une liste noire, mais les citoyens dénoncent que le mécanisme est insuffisant et que les autorités agissent rarement.
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