L'ambassadeur cubain auprès de l'ONU fait preuve de son anglais particulier lors d'une interview avec la CBS : « Ce dernier avait la même prof que Díaz-Canel »

Ernesto SoberónPhoto © X / Democracy Now

Le représentant permanent de Cuba auprès des Nations Unies, Ernesto Soberón Guzmán, a vécu ce samedi un moment qui ne tarda pas à devenir viral sur les réseaux sociaux : son interview avec le correspondant Matt Gutman de CBS News a attiré l'attention non pas tant pour le message diplomatique qu'il tentait de transmettre, mais plutôt pour la prononciation avec laquelle il l'a fait.

Le diplomate a partagé le clip sur son compte Twitter dans le but de diffuser la position du régime cubain face aux sanctions de Washington. Cependant, ce qui a attiré l'attention des utilisateurs était sa maîtrise de l'anglais, qui a déclenché une vague de moqueries et de comparaisons immédiates avec les célèbres maladresses linguistiques du président Miguel Díaz-Canel.

Le commentaire qui a le plus circulé sur les réseaux était sans équivoque : « Ce dernier avait la même prof que Díaz-Canel ».

Dans la vidéo, Soberón a affirmé : « Le peuple cubain subit une punition collective. C'est la seule manière de décrire ce que mon peuple endure en ce moment ». La construction grammaticale — « is suffering » au lieu de l'usage standard « are suffering », répété deux fois en quelques secondes — n'a pas échappé à ceux qui maîtrisent la langue.

L'ambassadeur a également déclaré : « Notre principal défi aujourd'hui est le manque de pétrole. Et ce manque de pétrole est le résultat direct de l'ordonnance exécutive signée par le président Trump le 29 janvier 2026 », attribuant ainsi la crise énergétique de l'île à l'ordonnance exécutive qui a déclaré l'état d'urgence nationale concernant Cuba et a créé un mécanisme de tarifs punitifs contre les pays qui lui vendent du pétrole.

La comparaison avec Díaz-Canel a des antécédents bien documentés. En décembre 2022, lors d'une visite à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le dirigeant a prononcé « love » d'une manière que les Cubains ont transcrite comme « loss » ou « lost », déclenchant des dizaines de mèmes en quelques heures.

Des mois plus tard, en août 2023, Díaz-Canel est de nouveau devenu la cible des moqueries lors d'une cérémonie en Namibie, où il a utilisé « resist » au lieu de « receive », provoquant une nouvelle vague de railleries sur les réseaux sociaux.

L'entretien de ce samedi s'inscrit dans une intense campagne médiatique que Soberón a déployée tout au long de 2026 auprès des médias américains à large portée, allant de Bloomberg et The New York Times à Fox News et l'Agence France-Presse, toujours avec le même argument : que les sanctions de Washington constituent un châtiment collectif à l'égard du peuple cubain.

Ce que le diplomate omet à chaque intervention, c'est que la crise énergétique que connaît l'île est le résultat de 67 ans de gestion dictatoriale, et non des mesures de pression externes. Cuba dépend depuis des décennies des subventions pétrolières d'alliés comme le Venezuela, une dépendance structurelle que aucune ordonnance exécutive n'a créée.

Ce n'est pas le premier épisode polémique de Soberón en 2026. En juillet, il a qualifié le représentant d'Israël de « sans vergogne » lors d'un débat à l'Assemblée Générale sur l'embargo contre Cuba, et en mai, il a déclaré au New York Times que La Havane était prête à négocier « tout » avec les États-Unis, sans sujets tabous.

L'ironie de l'épisode de ce samedi est que le régime cubain envoie son principal porte-parole devant le monde pour défendre sa cause en anglais auprès du public américain, et le résultat finit par être du matériel de moquerie plutôt que de persuasion.

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