
Un changement important dans l'interprétation des lois sur l'immigration aux États-Unis augmente le risque de voyager à l'étranger avec Advance Parole pour les immigrants qui ont accumulé plus de 180 jours de présence illégale dans le pays, comme l'indique le Service de Citoyenneté et d'Immigration des États-Unis (USCIS) sur son site web.
Le changement découle de l'affaire Matter of Delcarmen-Lara, une décision de principe rendue le 13 août par le Conseil des Appels d'Immigration (BIA), qui a annulé une doctrine en vigueur depuis 2012 concernant les conséquences de voyager avec un permis de voyage anticipé.
Jusqu'à présent, selon l'affaire Matter of Arrabally and Yerrabelly, sortir temporairement des États-Unis avec un Advance Parole valide n'était pas considéré comme une « sortie » aux fins d'activer les interdictions d'admission pour présence illégale. Cette interprétation avait été appliquée pendant 14 ans. Des documents de l'USCIS confirment comment cette protection fonctionnait.
Cela a changé depuis le 13 août.
La nouvelle décision établit que voyager à l'étranger avec l'Advance Parole constitue effectivement une sortie à cet égard. Par conséquent, une personne ayant accumulé une présence illégale suffisante avant le voyage pourrait activer une interdiction de réintégration, même si elle possède ce document.
La conséquence dépend du temps accumulé : ceux qui ont séjourné illégalement aux États-Unis pendant plus de 180 jours mais moins d'un an peuvent être soumis à une interdiction de trois ans, tandis que ceux qui accumulent un an ou plus peuvent faire face à une interdiction de dix ans.
Cela ne signifie pas que tout immigrant avec un Advance Parole va automatiquement recevoir une sanction. L'élément clé est de savoir si la personne a précédemment accumulé la présence illégale nécessaire pour activer l'une de ces causes d'inadmissibilité.
À qui cela peut-il affecter ?
Le changement est particulièrement pertinent pour les personnes bénéficiant de DACA, certains bénéficiaires de TPS et d'autres immigrants ayant des demandes d'asile en cours qui ont accumulé une présence illégale avant d'obtenir une protection ou une autorisation de séjour aux États-Unis.
Cela peut également avoir des implications pour les Cubains qui espèrent ajuster leur statut en vertu de la , en fonction de leur historique migratoire spécifique.
La Loi sur l'Ajustement Cubain permet à certains citoyens cubains de demander la résidence permanente s'ils remplissent des critères tels que d'avoir été inspectés et admis ou placés sous le statut de parole et d'avoir accumulé au moins un an de présence physique aux États-Unis.
Cependant, disposer d'un Advance Parole ne supprime pas à lui seul les conséquences d'une présence illégale accumulée auparavant selon la nouvelle interprétation. C'est pourquoi un Cubain ayant un historique migratoire irrégulier devrait évaluer soigneusement sa situation avant de quitter le pays.
Les voyages antérieurs ne sont pas modifiables
Un point important de l'affaire Delcarmen-Lara est que le BIA a décidé d'appliquer sa nouvelle interprétation de manière prospective.
Cela signifie que les sorties effectuées sous Advance Parole avant la décision du 13 août 2026 restent soumises au précédent en vigueur à ce moment-là. Le BIA lui-même n'a pas appliqué rétroactivement sa nouvelle interprétation à la personne impliquée dans l'affaire.
Il existe également des situations dans lesquelles certaines périodes ne sont pas considérées comme une présence illégale ou peuvent être soumises à des exceptions ou à des pardons migratoires. Parmi elles figurent des circonstances liées aux mineurs de moins de 18 ans, certains demandeurs d'asile, des victimes protégées par le VAWA et d'autres cas prévus par la législation américaine.
Pour cette raison, l'impact ne peut pas être déterminé uniquement en sachant qu'une personne a DACA, TPS, Advance Parole ou une demande de résidence en cours : il est nécessaire d'examiner son historique migratoire et combien de temps de présence illégale elle a accumulée, le cas échéant.
Pour les Cubains qui envisagent de voyager vers l'île ou vers un autre pays avec l'Advance Parole, ce changement introduit un risque qui n'existait pas jusqu'à récemment sous l'interprétation en vigueur depuis plus d'une décennie.
Avant de quitter les États-Unis, surtout s'il existe des antécédents de présence illégale, il est recommandé de consulter le cas individuel avec un avocat en immigration ou un représentant accrédité.
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