Miguel Díaz-Canel a affirmé que le Parti Communiste de Cuba (PCC) n'agit pas en tant qu'organisation électorale, et a réitéré ouvertement quelle est sa fonction dans le pays.
«À Cuba, le Parti communiste n'est pas un parti électoral. Il ne se consacre pas aux élections. C'est un parti pour diriger la Révolution, mais ce n'est pas un parti électoral», a affirmé Díaz-Canel lors d'une interview avec la journaliste Mónica Bergamo publiée ce week-end par le quotidien brésilien Folha de São Paulo.
La déclaration résume l'une des principales particularités du système politique cubain. Le régime soutient que le PCC ne présente pas de candidats en tant que parti et ne fait pas campagne lors des élections, mais en même temps, il lui réserve un rôle prépondérant au sein de la structure politique de la République de Cuba.
Díaz-Canel a précisément recouru à cette distinction pour rejeter les interrogations de Bergamo sur l'absence de pluralisme politique dans le pays.
Le dirigeant a insisté sur le fait que Cuba n'a pas besoin que les candidats soient proposés par des partis politiques, car ceux qui ont cette fonction sont le peuple lui-même, les citoyens et les organisations sociales. « Ce ne sont pas des partis qui les proposent, ce sont les gens, ce sont les organisations de la société civile cubaine », a-t-il assuré.
Le dirigeant prétend présenter les élections cubaines comme indépendantes du PCC, tout en reconnaissant que le seul parti légalement positionné au sommet du système a pour mission politique « de diriger la Révolution ».
Ce n'est pas la première fois que Díaz-Canel utilise cet argument. En septembre 2018, il a également déclaré que « le Parti Communiste de Cuba n'est pas un parti d'élections, c'est un parti de Révolution ».
La thèse permet au régime d'argumenter que le PCC ne participe pas formellement aux élections de la même manière que les partis dans les démocraties multipartites. Cependant, cette absence de concurrence partisane signifie également qu'aucune organisation politique alternative ne peut contester au Parti Communiste la direction du pays.
Un parti qui ne cherche pas à gouverner, mais dirige le pays
Díaz-Canel a défendu ouvertement l'existence d'un seul parti. « Ici, il n'y a qu'un seul parti, mais qui cherche à représenter tous les intérêts du peuple cubain », a-t-il déclaré.
Rejeté l'idée que le multipartisme soit une condition nécessaire à la démocratie et a demandé à ses interlocuteurs de ne pas se laisser « tromper » par cette conception.
Le PCC n'a pas besoin de se comporter comme un parti électoral précisément parce qu'il n'existe pas d'autre parti autorisé à rivaliser avec lui pour la direction politique de l'État. Díaz-Canel a défendu cette situation en faisant appel à des « raisons historiques » et a assuré que le régime n'autorisera pas une organisation qui représente d'autres intérêts que ceux de la Révolution.
«Pour des raisons historiques, nous n'accepterions pas un parti qui représente les intérêts des États-Unis à Cuba», a-t-il déclaré.
La réponse, cependant, n'explique pas pourquoi une alternative politique organisée par des Cubains et avec un programme différent de celui du communisme devrait nécessairement représenter Washington.
Díaz-Canel a insisté sur le fait que le système cubain est démocratique parce que les députés passent par des processus électoraux et ce sont ensuite eux qui choisissent le président de la République.
La controverse ne réside pas uniquement dans le fait de savoir si cette élection présidentielle est directe ou indirecte. La question fondamentale est de savoir si les citoyens ont de réelles possibilités de remplacer, par le biais des urnes, le groupe politique qui gouverne le pays par un autre projet également organisé par des Cubains mais opposé au Parti Communiste.
À ce sujet, l'explication de Díaz-Canel a été révélatrice pour ceux qui ont des doutes sur la nature du système politique qui gouverne Cuba : le PCC n'est pas là pour rivaliser électoralement pour le pouvoir, mais « pour diriger la Révolution ».
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