
Une brigade de travailleurs venue de Holguín a installé deux nouveaux transformateurs à l'angle de la rue San Antonio et Tropical, dans le quartier de Puentes Grandes, à La Havane, après qu'un voisin ait signalé sur Facebook la négligence de la Unión Eléctrica (UNE) face à la panne de l'équipement.
L'intervention a été complétée en trois jours, bien que l'UNE ait averti les personnes concernées que l'attente serait de 30 à 40 jours.
Le cas a été documenté par le troubadour Ariel Díaz, qui avait publié sa dénonciation sur Facebook avec un mélange d'indignation et d'ironie. « Je ne peux pas imaginer ce que nous allons faire, nous les concernés, pendant 30 ou 40 jours sans électricité. Où chargeons-nous nos appareils ? Que mangeons-nous ? », a-t-il écrit dans une publication précédente, où il s'en est aussi pris à ceux qui l'ont qualifié de traître pour s'être plaint : « Les révolutionnaires d'Android me traitent de traître. Je les invite à passer le mois prochain chez moi, afin de me donner une bonne leçon de résistance idéologique ».
Les photographies accompagnant la mise à jour du cas sur Facebook montrent une rue habanaise en très mauvais état, où a été placé le vieux transformateur -avec une forte oxydation et des isolateurs en céramique détériorés- qui a été remplacé.
Une autre photo montre les deux nouveaux équipements chargés sur le plateau d'un camion de transport.
En plus d'installer les deux transformateurs, la brigade a remplacé tout le câblage du circuit, qui avait été joint à de multiples reprises.
Le voisin a également recueilli des rumeurs qui circulent dans le quartier : que le transformateur aurait été endommagé intentionnellement pour exiger de l'argent, et que c'est précisément pour cette raison que l'UNE a envoyé une brigade depuis Holguín au lieu de résoudre le problème avec du personnel local. Díaz a précisé que ce ne sont « que ça... des rumeurs », mais le soupçon reflète la méfiance accumulée des habitants envers les institutions.
Il a conclu par une remarque qui résume le schéma qui se répète dans toute la capitale : « Ah ! et par ici, aucun ministre n'habite. Pour les perspicaces. »
La rupture a eu lieu samedi dernier, selon la publication initiale de Díaz, qui a alors signalé que le circuit avait de nouveau échoué au même endroit. D'après ce qu'il a précisé, le quartier avait de l'électricité depuis 2h00 du matin, et à 17h48, les mêmes maisons de toujours étaient toujours privées de service et personne n'était venu pour le réparer.
«Cette fois, je n'ai ni appelé, ni signalé, ni posé de questions. Si cela intéressait quelqu'un, ils ont eu 16 heures pour venir juste mettre un petit câble sur le caballito», a-t-il souligné.
Le cas de Puentes Grandes s'inscrit dans une crise des transformateurs qui touche toute La Havane : vers la fin juillet, la capitale enregistrait un moyenne de 25 équipements monophasés endommagés par jour, avec des journées dépassant les 60 pannes.
En juin, la UNE a reconnu que la disponibilité physique de transformateurs de rechange n'existait pas et qu'il n'y a que trois ateliers spécialisés pour les réparer dans le pays.
Le modèle de dénonciation sur les réseaux sociaux suivi d'une réponse institutionnelle s'est répété dans plusieurs quartiers.
En juillet, la UNE a installé deux transformateurs à Guantánamo après une publication virale qui alertait sur 21 jours sans électricité, et en août, des habitantes de Guanabacoa ont fait la garde pour empêcher que des ouvriers retirent un transformateur sans garantir sa replacement.
La pression publique sur les réseaux est devenue, de facto, le seul mécanisme qui oblige le régime à agir.
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