Face à l'augmentation des déportations d'immigrants aux États-Unis, beaucoup de personnes ressentent de la peur et des doutes face à la possibilité de perdre les biens qu'elles ont acquis avec tant d'efforts dans ce pays.
Telemundo 51 a interviewé un groupe d'agents immobiliers et d'organisations d'immigration. Les experts ont souligné que se faire expulser des États-Unis ne signifie pas automatiquement perdre sa maison. Cependant, si personne ne prend en charge l'hypothèque, les impôts et l'assurance, la propriété peut être perdue en quelques mois.
Le titre de propriété reste au nom du propriétaire même s'il se trouve à l'étranger. Le véritable danger réside dans le non-respect des obligations financières : si l'hypothèque cesse d'être remboursée, la banque peut engager une procédure de saisie. Si les impôts fonciers s'accumulent sans être payés, le comté peut entreprendre des actions pour récupérer la dette.
Les options pour un propriétaire expulsé sont trois :
- maintenir le logement avec quelqu'un qui l'administrera
- la louer pour générer des revenus qui couvrent les dépenses
- vendre
Pour chacune de ces alternatives depuis l'extérieur, l'instrument légal clé est la procuration ou le mandat notarié, qui permet de désigner une personne de confiance pour payer l'hypothèque, percevoir des loyers, négocier avec la banque ou même vendre le bien immobilier.
Les experts recommandent que le mandataire ait un statut légal stable aux États-Unis, car un représentant sans papiers pourrait être confronté à des risques similaires de déportation.
L'absence de ce document n'implique pas la perte immédiate des biens, mais elle signifierait pour les personnes concernées et leurs familles le début d'un processus plus long et plus complexe pour régulariser les démarches concernant les propriétés. Cette planification préalable doit également inclure les comptes bancaires, les véhicules et les assurances, et pas seulement le logement.
La garde des enfants, aussi urgente que la maison
Au-delà des biens matériels, les experts insistent sur le fait que la préparation doit inclure un plan pour les enfants. La déportation des parents n'annule pas l'autorité parentale ni la citoyenneté des mineurs nés aux États-Unis, mais s'il n'y a pas un adulte autorisé désigné par écrit, les enfants peuvent se retrouver sous la tutelle du système de protection de l'enfance.
Les organisations spécialisées recommandent de désigner un tuteur temporaire de confiance, de préparer les documents scolaires et médicaux des mineurs, et de laisser des instructions claires sur la marche à suivre en cas d'arrestation ou de déportation.
Le contexte pour les Cubains : des milliers de commandes actives
Plus de 4 000 Cubains en Floride ont reçu des ordres de déportation entre octobre 2025 et juin 2026. Ce chiffre place Cuba parmi les quatre pays avec le plus grand nombre de citoyens susceptibles d'expulsion dans cet État du sud.
Seulement en juin, les tribunaux d'immigration des États-Unis ont émis 1 642 ordres de deportation contre des Cubains. Certains ont abouti dans des pays tiers, y compris en Afrique.
L'une des plus grandes préoccupations de ces déportés est ce qui va se passer avec leurs proches restés dans le pays, s'ils pourront ou non maintenir les paiements à jour et conserver ce qu'ils ont acquis après des années d'efforts.
Pour la communauté cubaine aux États-Unis, la planification face à une éventuelle déportation est devenue urgente. Les experts s'accordent à dire que chaque situation migratoire et financière est différente, c'est pourquoi ils recommandent de chercher des conseils professionnels avant que l'urgence ne survienne.
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