Aleida Guevara March, la fille aînée d'Ernesto «Che» Guevara, a éclaté en sanglots en évoquant le dictateur Fidel Castro lors d'un colloque organisé à La Havane pour célébrer son héritage, dans une vidéo de Canal Caribe qui a fait le tour des réseaux sociaux.
Le clip, d'à peine 35 secondes, montre Guevara visiblement émue utilisant un mot portugais pour décrire ce qu'elle ressent pour Castro, presque dix ans après sa mort.
«Il y a un mot en portugais qui est très beau, qui n'existe pas en espagnol, mais c'est un mélange qui est saudade. Et c'est ce que je ressens pour Fidel, une immense saudade», a déclaré le médecin pédiatre devant les participants à l'événement.
Ses paroles étaient encore plus révélatrices sur le poids que le dictateur exerce sur sa vie :
«Je parle de mon père avec aisance, mais de Fidel, j'ai encore du mal.» Il ajouta : «J'ai toujours besoin de lui pour discuter, pour voir où nous en sommes, le chemin que nous traçons, et ces choses, seul lui pouvait les faire.»
La vidéo a été enregistrée dans le cadre du I Colloque International «Fidel : Héritage et Avenir», qui s'est tenu au Palais des Congrès de La Havane du 10 au 13 août 2026, dans le cadre des événements officiels pour le centenaire de la naissance de Castro — le 13 août 1926.
L'événement a réuni plus de 1 500 délégués de 63 pays en pleine crise nationale.
Le contraste avec la réalité cubaine
Les larmes de Guevara pour le dictateur décédé le 25 novembre 2016 contrastent de manière brutale avec la situation que traversent des millions de Cubains.
L'île endure en 2026 l'une de ses pires crises économiques depuis des décennies : des coupures de courant interminables, une pénurie de nourriture, de médicaments et de carburant, ainsi qu'une chute du PIB estimée à jusqu'à 6,5 %, selon des analyses indépendantes.
L'économie cubaine a enregistré une contraction d'environ 15 % depuis 2020, selon des données citées par Infobae, ce qui rend les déclarations nostalgiques de figures du régime un contraste difficile à ignorer pour ceux qui subissent la crise au quotidien.
Une figure polémique en plein essor
Loin d'être un épisode isolé, les pleurs de Guevara pour Castro s'ajoutent à une série d'apparitions publiques qui ont suscité la polémique ces derniers mois.
En août 2025, elle a été vue en train d’acheter dans un marché en dollars à La Havane, un accès hors de portée économique de bonne partie de la population cubaine.
À la fin janvier 2026, des activistes cubains l'ont interpellée à Séville lors du IVe Rencontre Internationale Europe pour Cuba, où l'activiste Brayan Infante lui a dit : « ton père était un assassin », ce à quoi elle a répondu : « ce n'est pas vrai ».
En mars 2026, elle est apparue sur une chaîne alignée avec l'Iran défendant le Hamas et le Hezbollah. En juin, elle a appelé « tonton » en pleurant Ramiro Valdés, dirigeant historique de la Révolution cubaine décédé le 21 juin 2026 à l'âge de 94 ans.
Y à peine quelques jours avant ce nouvel épisode, il qualifiait le travail indépendant de « un petit cancer au sein de notre société ».
Nostalgie du pouvoir pendant que le peuple souffre
Les mots d'Aleida Guevara révèlent la vision d'une élite qui pleure ses leaders historiques tandis que la population fait face à des coupures de courant, à la rareté et à une crise migratoire persistante.
Pour Guevara, Castro était l'interlocuteur incontournable qui orientait la direction. Pour des millions de Cubains, cette direction a abouti à des décennies de dictature, de pénurie structurelle et de répression. Cette rupture, plus que n'importe quelle larme, résume le contraste entre la nostalgie pour le régime et la réalité quotidienne à laquelle fait face une grande partie du peuple cubain.
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