Ils montrent comment le sel est récolté à Cuba, sans machines ni tecnología, et une réaction résume une paradoxe

Cosecha de sel à la cubaine.Photo © Captura de Video/Instagram/thalia.iz

Une vidéo sur la récolte artisanale de sel à Ciego de Ávila a déclenché un débat sur les réseaux sociaux concernant l'une des paradoxes qui indigne le plus les Cubains : la pénurie de sel sur une île entourée par la mer.

La créatrice de contenu cubaine Thalia Moreno Izquierdo (@thalia.iz) a publié sur Instagram des images du processus traditionnel de récolte du sel à La Marcelina, une zone côtière de Bolivie, dans la municipalité de Ciego de Ávila.

Les images montrent comment, en profitant de la sécheresse et de la marée basse, le sel cristallisé par l'évaporation de l'eau de mer est récolté, sans machines et avec des méthodes rudimentaires, incluant le transport en charrette à bœufs.

«La sal à la cubaine, à petite échelle, sans machines ni technologie, des mains de nos parents et grands-parents qui perpétuent la tradition au fil des ans», explique la jeune femme en présentant la vidéo.

Le processus consiste à tirer parti du soleil et du vent pour évaporer l'eau accumulée dans des salines naturelles situées près du littoral. Une fois cristallisée, le sel est récolté, séché puis ensuite moulu pour être utilisé.

La publication a dépassé les 8 000 « j'aime » et a accumulé des centaines de commentaires, beaucoup d'entre eux centrés non pas tant sur la tradition montrée que sur la pénurie dont souffrent les foyers cubains.

«Je vois ça sans sel dans la maison», a commenté une utilisatrice.

Un autre internaute a été plus explicite : « Quelle salière ? Si à Cuba, une île entourée d'eau salée, il n’y a pas de sel. »

L'ironie est également apparue parmi les réactions : « Le comble d'une île entourée de mer et de ne pas avoir de sel, il faut aller à la mer dans une charrette de bœufs [...] pour récolter un peu de sel avec du sable ».

La contradiction signalée par les utilisateurs a des antécédents récents. En mars 2025, près d'un demi-million de Cubains à Artemisa accumulaient trois mois sans recevoir de sel par le biais de la carte de rationnement.

Des mois auparavant, les autorités de Geominsal avaient reconnu qu'il y avait «des dizaines de milliers de tonnes» de sel stockées, mais les problèmes de transport empêchaient de les acheminer jusqu'aux dépôts.

Toujours en mai 2026, le Ministère de l'Intérieur a informé de la saisie de plus de 1 400 paquets de sel à une mipyme à Pinar del Río, acquis de manière illégale pour leur revente, selon la version officielle.

Ainsi, des images destinées à ressusciter une tradition des générations précédentes ont fini par remettre sur le tapis une question récurrente parmi les Cubains : comment la saleté peut-elle manquer dans un pays entièrement entouré d'eau de mer ?

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