
La mission Lanza del Sur célèbre ce mercredi son premier anniversaire avec un bilan d'au moins 227 morts, 68 embarcations détruites et seulement trois survivants documentés, selon un rapport de l'agence EFE sur la campagne d'attaques militaires des États-Unis contre les embarcations de narcotrafic dans les Caraïbes et le Pacifique oriental.
Tout a commencé le 2 septembre 2025, lorsque Donald Trump a annoncé depuis le Bureau ovale que le Pentagone venait de « neutraliser » une « embarcation transportant de la drogue, une grande quantité de drogue » dans les Caraïbes, attribuée à des « narcoterroristes » du Tren de Aragua. Quelques minutes plus tard, il a partagé une vidéo déclassifiée de 29 secondes montrant une embarcation transformée en boule de feu.
Ce premier attaque a été entouré de controverse depuis le début : il a été révélé par la suite qu'une deuxième vague a été ordonnée sur deux survivants qui étaient déjà dans l'eau, qui ont également péri. Des experts juridiques et des législateurs du Congrès ont souligné que cette action pourrait constituer un crime de guerre, bien que cela n'ait pas freiné la campagne, officialisée le 13 novembre 2025 par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth.
Un fonctionnaire américain cité par EFE a assuré que l'opération a généré des « réductions record » dans les activités maritimes illicites : 65 % de moins dans les Caraïbes occidentales, 60 % de moins dans les Caraïbes orientales et près de 50 % dans le Pacifique. « Nous les obligeons à changer de route. Nous les obligeons à dépenser plus d'argent. Nous les obligeons à prendre plus de risques », a-t-il déclaré au sujet de la pression exercée sur les cartels.
Loin de se ralentir, l'opération s'est institutionnalisée. Le 4 août 2026, le Commandement Sud (SOUTHCOM) a activé la Force de Tâche Conjointe pour l'Hémisphère Occidental (JTF-WHEM), sous le commandement du général de division des Marines Kevin Jarrard, qui a remplacé la structure de Lanza del Sur et a réalisé ses premières attaques létales les 24 et 26 août.
En parallèle, les États-Unis ont développé de nouvelles capacités pour le théâtre caribéen : en avril 2026, ils ont créé le Commandement de Guerre Autonome (SAWC) et ont réalisé l'exercice FLEX2026 à Key West, intégrant l'intelligence artificielle, des drones et des navires sans équipage dans une nouvelle doctrine de guerre autonome avec les Caraïbes comme scène centrale.
Cette architecture militaire répond à une stratégie qui va au-delà du narcotrafic : elle cible le narco-terrorisme comme catégorie juridique et lie explicitement Cuba, Venezuela et Nicaragua à la présence d'adversaires extra-hémisphériques —Chine, Russie et Iran— dans la région. En ce sens, en août, le SOUTHCOM a émis des avertissements directs à La Havane.
Dans le domaine diplomatique, la Coalition contre les Cartels des Amériques (A3C), composée des États-Unis et de 18 pays latino-américains et caribéens, consolide le bloc régional. L'arrivée au pouvoir en Colombie du président Abelardo de la Espriella le 7 août, avec un agenda de coopération étroite avec Washington, annonce des campagnes encore plus agressives dans les mois à venir.
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