
Le gouvernement de Guyana a annoncé ce samedi qu'il accepterait de recevoir des migrants expulsés par les États-Unis, devenant ainsi le dernier pays sud-américain à rejoindre le réseau d'accords migratoires initié par l'administration Trump, selon a rapporté l'agence AFP.
Le communiqué officiel du gouvernement du président Irfaan Ali établit des conditions précises : le Guyana n'accueillera qu'un nombre « limité et vérifié » de personnes sans antécédents criminels qui ont choisi volontairement d'être envoyées sur son territoire.
Le responsable guyanien a présenté l'accord comme « une extension de l'engagement de longue date de la Guyane en faveur des droits de l'homme et de la coopération internationale », selon le texte officiel.
Los acuerdos de deportación entre EE.UU. y terceros países siguen expandiéndose. Mantente informado sobre todos los cambios en y cómo pueden afectar a la comunidad cubana.
L'accord a un caractère temporaire. La Guyane a souligné que le pacte « est strictement transitoire et ne constitue pas un réaménagement permanent », et que les déportés resteront dans le pays sous des conditions spécifiques tant que leur situation migratoire n'est pas résolue.
Concernant le sort final des migrants, le gouvernement a précisé : « Selon la résolution de chaque cas individuel, les migrants pourront retourner dans leur pays d'origine ou être réinstallés dans une troisième destination de leur choix ».
L'annonce s'inscrit dans la politique migratoire de Donald Trump, qui depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025 a réalisé des déportations massives et négocié des accords avec des pays tiers pour y envoyer des migrants expulsés des États-Unis, indépendamment de leur nationalité.
Les négociations entre Georgetown et Washington ne sont pas nouvelles. Le ministre des Affaires étrangères du Guyana, Robert Persaud, a confirmé au début de janvier 2026 que les deux pays avaient des « conversations productives » sur un cadre pour accepter les ressortissants de pays tiers déportés des États-Unis. Le suivi spécialisé Third Country Deportation Watch indique que l'accord a été signé le 25 novembre 2025 et rendu public en mars 2026.
La Guyane s'incorpore ainsi à une liste croissante de nations qui coopèrent avec Washington dans ce cadre. Parmi les cas les plus notoires figure celui du Salvador, dont le Centre de Confinement du Terrorisme (CECOT) a accueilli 250 Vénézuéliens expulsés des États-Unis.
En août 2026, le Libéria a reçu le premier vol de déportés dans le cadre d'un accord qui prévoit jusqu'à 1 200 migrants en 12 mois ; ce groupe comprenait des Cubains parmi les premiers déportés au Libéria. D'autre part, l'Eswatini a signé un pacte pour accepter jusqu'à 160 déportés en échange de 5,1 millions de dollars en aide financière.
La relation bilatérale entre la Guyane et les États-Unis a évolué de manière parallèle : en août 2026, les deux pays ont signé un mémorandum d'entente pour renforcer la coopération en matière de sécurité contre le narcotrafic, ce qui reflète une agenda commun plus large.
La Guyane a également une présence significative de migrants cubains. En février 2026, les autorités guyanaises ont intervenu dans un bâtiment à Georgetown où se trouvaient 77 Cubains, et le président Ali a envoyé un message aux Cubains résidant en Guyane les exhortant à travailler uniquement par des voies légales et dans les mêmes conditions que les travailleurs guyanais.
Selon Amnesty International, la Guyane est l'un des au moins 15 pays des Amériques qui ont des accords ou des arrangements similaires avec les États-Unis pour accueillir des personnes expulsées de pays tiers.
Vidéos associées :
Archivé dans :