Le gouvernement de Guantánamo cherche à accélérer le paiement des retraites en les transférant des banques au secteur privé

Le gouvernement de Guantánamo souhaite accélérer le paiement des retraités par le biais des mipymesPhoto © Trabajadores/Rodny Alcolea

Les autorités provinciales de Guantánamo ont examiné ce samedi la nécessité d'élargir le versement des pensions à travers les mipymes, les coopératives et les travailleurs indépendants, dans le but de désengorger les banques et d'éviter aux personnes âgées les longues files d'attente qu'elles subissent depuis des mois.

Le sujet a été traité lors de la vérification quotidienne de la vitalité de la situation opérationnelle, économique et sociale de la province, présidée par les plus hautes autorités du Parti Communiste de Cuba (PCC) et du gouvernement territorial, avec la participation de tous les municipes par audioconférence, a rapporté la radio Radio Guantánamo.

Lors de la réunion, il a été mentionné que la province orientale compte plus de 49 600 retraités, un chiffre qui rend urgent d'intégrer les mipymes, les coopératives non agricoles et les travailleurs indépendants en tant que points de paiement alternatifs aux agences bancaires.

La gouverneure Alis Azahares Torreblanca a souligné la nécessité d'accélérer les accords entre les acteurs non étatiques et les banques pour faire progresser le processus.

Pour sa part, Yoel Pérez García, premier secrétaire du PCC dans la province, a instruit l'Association Nationale des Agriculteurs Pénèbres à se réunir avec des coopératives et des formes de production afin qu'elles rejoignent le schéma, dans le but de faciliter aux paysans l'encaissement de leurs chèques de retraite.

Ce nouvel élan intervient quelques semaines après que le dispositif, lancé à la mi-août, ait montré des résultats insuffisants. Selon les données rapportées à l'époque, 113 entreprises privées versaient des pensions à plus de 3 000 retraités, un chiffre bien en deçà de l'objectif : que 70 % du total des retraités guantanameros puissent percevoir leur pension par ce biais.

Un reportage du journal officiel Venceremos précisait à l'époque que la province de Guantánamo comptait un total de 68 000 retraités ou pensionnés, dont 18 000 reçoivent leur paiement en espèces par les Postes, tandis que les 50 000 restants le font par carte.

Une illustration de l'échec du processus de bancarisation s'est révélée le mois dernier lorsque des retraités se sont de nouveau agglomérés devant le BPA de la rue Prado dans la ville de Guantánamo, tandis qu'ils attendaient sous le soleil pour retirer de l'argent liquide.

"Horreur, c'est très triste ce qui se passe, et beaucoup de personnes âgées s'évanouissent là-bas", a écrit un citoyen dans une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux.

La crise résulte d'un déficit structurel de liquidités que le gouvernement provincial lui-même a reconnu en juillet : Bandec captait à peine 35 % des presque 15 millions de pesos quotidiens nécessaires à son fonctionnement, tandis que Venceremos a admis que la situation "a cessé d'être une difficulté bancaire pour devenir un problème social".

Le schéma de paiement pour les acteurs privés a été formalisé au niveau national par la Résolution 74/2026 de la Banque Centrale de Cuba, en vigueur depuis le 20 juillet, dans le cadre d'un ensemble de 176 réformes économiques approuvées par l'Assemblée Nationale. Le plan pilote a commencé en avril dans quatre municipalités de La Havane et s'est élargi en mai à Holguín.

La paradoxe du modèle ne passe pas inaperçue, car le gouvernement oblige les entreprises privées à accepter des paiements électroniques sous peine de sanctions et, en même temps, leur confie la distribution de l'argent liquide que les banques d'État n'ont pas.

L'économiste Elías Amor a qualifié le schéma de "folie" et a averti que le paiement des pensions "est une responsabilité de l'État qui ne peut pas être transférée au secteur privé".

Cuba compte plus de 1,7 million de retraités dont la pension minimale s'élève à 4 000 pesos par mois, soit moins de 10 dollars au taux de change informel, alors qu'un panier de biens de première nécessité nécessite plus de 50 000 pesos par mois, selon certaines estimations.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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