
Le président Donald Trump a averti ce mercredi qu'il imposerait de « sérieux tarifs » à la Union Européenne —ou même qu'il couperait le commerce avec le bloc dans plusieurs secteurs— si le Canada est désigné comme son premier « membre associé », qualifiant cette éventuelle intégration d'« acte hostile » contre les États-Unis.
Les déclarations ont été faites par le président américain lors d'une conférence de presse en Caroline du Nord, en réponse directe à la proposition lancée le même jour par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen à Strasbourg.
«Il me semble ridicule. Le Canada a été un très mauvais partenaire commercial», a affirmé Trump, qui a laissé la porte ouverte à la possibilité de ne pas agir si l’initiative était faite «de bonne foi», mais a averti qu'en cas contraire, il réagirait avec des droits de douane «très sérieux».
Von der Leyen a proposé « d'ouvrir la porte » pour que le Canada devienne le premier « membre associé » de l'UE, une figure qui n'existe actuellement pas dans les traités européens et dont la création nécessiterait de négocier ses conditions et d'obtenir le soutien unanime des 27 États membres.
La coopération proposée couvrirait des domaines tels que la technologie, la défense, l'énergie, les minéraux critiques, l'intelligence artificielle et la sécurité économique, dans une approche qui s'est intensifiée précisément face aux tensions commerciales croissantes avec Washington.
Le premier ministre canadien, Mark Carney, avait précisé dimanche que son gouvernement ne cherche pas à faire du Canada un membre à part entière de l'UE, mais plutôt à promouvoir une « alliance unique » basée sur des valeurs et des intérêts communs qui préserve la souveraineté du pays.
L'épisode se déroule dans le contexte d'une guerre tarifaire soutenue entre Washington et Ottawa. Après le échec des négociations bilatérales en août, des tarifs de 50 % sur la majorité des importations canadiennes ont été mis en vigueur, auquel le Canada a répondu par des représailles allant jusqu'à 50 % sur des produits américains d'une valeur de 27,600 millions de dollars canadiens.
Trump aussi a annoncé des tarifs de 50 % sur les véhicules et l'acier canadiens à partir du 1er janvier 2027, et en juillet, il a écarté la possibilité de renouveler l'ALENA dans ses termes actuels.
L'approche entre Ottawa et Bruxelles bénéficie d'un large soutien citoyen au Canada. Selon un sondage d'Abacus Data réalisé entre le 4 et le 9 septembre auprès de 1 479 adultes, 81 % soutiennent une plus grande intégration avec l'UE sans adhésion pleine, 80 % soutiennent un approfondissement de la coopération stratégique en politique étrangère, défense et économie, et 49 % soutiendraient même une adhésion formelle au bloc.
Le Canada et l'UE ont déjà un accord commercial, le CETA, ainsi que des mécanismes de coopération en matière de défense, une base sur laquelle la proposition de Von der Leyen vise à établir une relation plus étroite à un moment où les deux blocs cherchent à réduire leur dépendance économique vis-à-vis de Washington.
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