
Trouver une voiture annoncée à 25 000 $, se rendre chez le concessionnaire et découvrir que le prix réel augmente de plusieurs centaines voire milliers de dollars à cause de frais supplémentaires peut être plus qu'une mauvaise surprise.
La Commission fédérale du commerce des États-Unis (FTC) vient de publier un guide spécifique sur la transparence des prix dans l'industrie automobile dans lequel elle précise son critère : le prix annoncé doit refléter ce que tout consommateur peut payer pour acheter le véhicule, sauf certains frais que le gouvernement oblige directement l'acheteur à payer.
La clarification revêt un intérêt particulier pour les acheteurs en Floride, où la réglementation de l'État établit également des règles spécifiques concernant les prix annoncés par les concessionnaires.
Une voiture à 40 000 $ plus des frais obligatoires de 85 $ ne doit pas être annoncée à 40 000 $
La FTC utilise un exemple très simple pour expliquer le principe.
Si un concessionnaire annonce un véhicule à 40 000 $ mais exige de tout acheteur de payer en plus des frais de dossier obligatoires de 85 $, l'agence indique que le prix annoncé devrait être de 40 085 $.
Ce montant ne peut pas apparaître uniquement à la fin de la négociation comme une somme supplémentaire inévitable.
La FTC soutient que tout frais obligatoire imposé par le concessionnaire doit être inclus dans le prix annoncé. L'exception concerne les frais que des autorités fédérales, étatiques ou locales exigent directement du consommateur.
Cela signifie que le nom donné par le concessionnaire à la charge n'est pas déterminant. S'il s'agit d'un tarif obligatoire pour pouvoir acheter le véhicule, la position de la FTC est qu'il doit faire partie du prix que le client voit initialement.
En Floride, la protection est encore plus explicite
Pour ceux qui achètent un véhicule à Miami, Hialeah, Orlando, Tampa ou dans toute autre ville de Floride, il existe en outre une règle étatique très précise.
Le statut 501.976 de la Floride considère comme une pratique injuste ou trompeuse d'annoncer le prix d'un véhicule sans inclure les frais que le client doit payer.
La norme mentionne expressément des concepts tels que le frais de transport ou de destination, la préparation par le concessionnaire et les frais de traitements tels que l'anticorrosion ou la protection inférieure du véhicule.
En revanche, les impôts d'État ou locaux, les frais de scolarité, l'inscription et les frais de délivrance du titre peuvent ne pas être inclus dans le prix annoncé.
Par conséquent, voir à la fin d'une opération les impôts ou le coût de l'enregistrement n'implique pas nécessairement que l'annonce était trompeuse. Le problème survient lorsque le concessionnaire ajoute par la suite des frais obligatoires qui n'étaient pas inclus dans le prix utilisé pour attirer l'acheteur.
Les remises conditionnelles ne peuvent pas non plus devenir le prix principal
Un autre point important de la nouvelle directive concerne les promotions qui ne sont disponibles que pour certains clients.
Par exemple, un concessionnaire peut offrir une réduction de 1.000 $ aux militaires, policiers, pompiers ou à d'autres groupes, mais la FTC indique que le prix que tout consommateur peut payer doit rester le plus visible dans l'annonce.
Il en va de même pour une remise conditionnée à un financement du véhicule par l'intermédiaire du concessionnaire.
Une automobile qui coûte 39 999 $ ne devrait pas être principalement présentée comme un modèle à 37 999 $ simplement parce qu'il existe une remise de 2 000 $ réservée à ceux qui optent pour un financement particulier.
Le rabais peut apparaître, mais ses conditions doivent être claires et le prix accessible à tout acheteur doit être prédominant.
Internet, Facebook, Instagram et même un message du vendeur
L'avertissement de la FTC ne se limite pas aux annonces imprimées ou aux affiches placées chez les concessionnaires.
L'agence affirme que les mêmes principes de transparence s'appliquent aux sites web, aux plateformes tierces, aux réseaux sociaux, aux appels téléphoniques et aux messages envoyés par les employés du concessionnaire.
Sur les sites internet où un prix est affiché, le montant que tout consommateur peut réellement payer doit être le chiffre le plus en évidence.
Cela est particulièrement pertinent pour les acheteurs qui localisent un véhicule sur internet, se déplacent jusqu'au concessionnaire pour ce prix et découvrent en arrivant qu'ils ne peuvent l'obtenir que s'ils se qualifient pour plusieurs promotions cumulées.
Les options supplémentaires doivent rester facultatives
Les protections pour la peinture, les forfaits d'entretien, les accessoires, les garanties prolongées, les contrats de service, les assurances GAP et d'autres produits peuvent considérablement augmenter le coût final d'un véhicule.
Le concessionnaire peut les proposer, mais la FTC avertit qu'il ne doit pas faire croire au consommateur qu'un produit optionnel est obligatoire, facturer des produits que l'acheteur n'a pas acceptés ou affirmer qu'un accessoire installé ne peut pas être retiré pour obliger à le payer.
L'agence elle-même recommande de relire attentivement le contrat final et de vérifier que seuls les produits supplémentaires que l'acheteur a expressément acceptés y figurent.
CiberCuba avait déjà abordé ce problème dans un article sur les conseils d'une Cubaine aux États-Unis pour acheter une voiture neuve sans tomber dans des pièges, dans lequel on mettait en garde contre les garanties, les assurances et d'autres frais supplémentaires qui peuvent considérablement alourdir le financement.
Et si le véhicule de l'annonce n'est plus disponible chez le concessionnaire ?
La FTC s'occupe également d'une autre situation connue de nombreux acheteurs : arriver au concessionnaire et découvrir que la voiture vue sur internet a déjà été vendue.
Annoncer un véhicule qui est en route vers le concessionnaire ou stocké ailleurs n'est pas nécessairement trompeur, mais l'annonce doit indiquer clairement que la voiture n'est pas physiquement présente dans l'établissement.
Ce que l'agence considère comme problématique, c'est d'annoncer des véhicules qui ont déjà été vendus ou qui ne sont réellement pas disponibles afin d'attirer le consommateur et d'essayer de lui vendre ensuite un modèle plus cher.
Il ne s'agit pas d'une nouvelle loi fédérale sur les concessionnaires
La clarification de septembre de la FTC ne doit pas être confondue avec la règle CARS approuvée il y a quelques années.
Cette norme a été annulée par un tribunal fédéral et la FTC l'a retirée formellement en février 2026.
Les nouvelles questions et réponses publiées par l'agence constituent un guide du personnel de la FTC sur l'application de la FTC Act. Le document lui-même avertit qu'il reflète la position de son personnel et n'est pas contraignant pour le public ni pour la Commission dans tous les cas particuliers.
Cependant, l'agence souligne que l'obligation générale de ne pas utiliser de publicité mensongère n'est pas nouvelle et est en vigueur depuis des décennies.
De plus, la FTC a continué à agir contre les concessionnaires. En mars, elle a envoyé des avertissements à 97 groupes de concessionnaires à travers les États-Unis pour qu'ils revoient leurs pratiques publicitaires et de tarification. En août, la FTC et le Connecticut ont conclu un accord de 4 millions de dollars dans une affaire où des frais non autorisés et des prix trompeurs étaient allégués lors de la vente de véhicules.
Que faire avant de signer
Pour éviter les surprises, l'acheteur peut sauvegarder une capture d'écran de l'annonce originale où figurent le prix, le véhicule et, lorsque cela est possible, le VIN ; demander par écrit le prix total avant de se rendre au concessionnaire ; et vérifier chaque ligne du contrat avant de le signer.
Il convient aussi de demander expressément quels frais sont obligatoires, lesquels correspondent à des impôts ou des taxes gouvernementales, et lesquels sont des services optionnels du concessionnaire.
Le acheteur peut également demander le fameux out-the-door price : le montant final qu'il devra débourser, y compris les taxes, le titre, l'enregistrement et tout autre élément applicable.
Si le prix change de manière inattendue, il est conseillé de comparer l'annonce avec la feuille finale d'achat et de demander au concessionnaire d'expliquer par écrit chaque différence.
La FTC permet de signaler de possibles pratiques trompeuses via ReportFraud.ftc.gov. Les résidents de Floride peuvent également déposer une plainte auprès de la Bureau du Procureur Général de Floride.
La conclusion pratique est simple : un prix particulièrement attractif peut comporter des conditions, mais les frais inévitables imposés par le concessionnaire ne devraient pas apparaître comme une surprise lorsque l'acheteur est déjà assis devant le contrat.
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