
Les Américains se rendent ce mardi aux urnes pour des élections de mi-mandat qui décideront du contrôle du Congrès pendant les deux dernières années de la présidence de Donald Trump, dans ce qui s'annonce comme le premier verdict national sur sa gestion.
Les élections arrivent à un moment de forte usure pour le président républicain. Son indice de popularité a chuté à un minimum historique de 31 %, selon un sondage de Reuters et Ipsos, entraîné par le mécontentement face au coût de la vie, les prix de l'essence dépassant quatre dollars le gallon et la guerre impopulaire menée par Washington contre l'Iran, que 69 % des Américains estiment ne pas en valoir la peine.
Pour prendre le contrôle du Congrès, les démocrates ont besoin d'un gain net de quatre sièges tant à la Chambre des représentants — où les républicains ont une majorité de 218 à 214 — qu'au Sénat, où l'avantage républicain est de 53 à 47. L'agrégateur Decision Desk accorde à l'opposition un 80 % de chances de reprendre la Chambre et un 57 % de conquérir également le Sénat.
Les dernières enquêtes du New York Times et de Siena, publiées dimanche, montrent des candidats démocrates en tête dans six États clés du Sénat : le Michigan avec un avantage de onze points, le Texas avec sept, le Maine avec six, l'Ohio et le Kansas avec cinq, et l'Alaska avec deux. L'Iowa apparaît en situation de match nul.
Face à ce tableau défavorable, Trump a clôturé sa campagne avec 28 événements en 31 jours et a mobilisé plus de 277 millions de dollars à travers son super PAC MAGA Inc. en publicité télévisée et courrier direct. L'entrepreneur Elon Musk a consacré quant à lui environ 366 millions de dollars pour soutenir des candidats républicains tout au long du cycle électoral.
Le propre Trump a demandé à ses partisans de voter « comme si mon nom figurait sur le bulletin », conscient que l’histoire joue en sa défaveur : les présidents récents ont perdu des sièges lors des élections de mi-mandat, une tendance qu'il a lui-même subie en 2018.
Si les démocrates récupèrent une ou les deux chambres, Trump a averti qu'il exercerait son pouvoir de veto de manière systématique. «Je suppose que je vais devenir le 'Monsieur Veto'», a-t-il déclaré dans une interview avec Fox News dimanche. «Vous avez un président qui ne contrôle pas la Chambre ni le Sénat, ils envoient des propositions, il les oppose et, finalement, après un mois ou deux à tout opposer, ils s'approchent et concluent un accord», a-t-il ajouté. Annuler ce veto requerrait deux tiers des votes dans les deux chambres, un seuil que les démocrates auraient du mal à atteindre seuls.
Le résultat des élections aura des conséquences directes sur la politique de Trump envers Cuba. Le président a promis le 31 octobre que «aucun Castro ne restera au pouvoir» à la fin de son mandat, fixant un horizon de «deux ans et demi». Le secrétaire d'État Marco Rubio a qualifié Cuba de «priorité» et a appelé les acteurs internes à collaborer avec la CIA pour promouvoir des changements politiques sur l’île.
Depuis janvier 2026, Washington a sanctionné plus de 40 entités et au moins 38 personnes liées aux secteurs militaire, énergétique et financier cubains, et a intercepté au moins sept pétroliers, ce qui a réduit les importations cubaines de brut. Avec une majorité républicaine au Congrès, Trump aurait plus de marge pour intensifier cette pression ou explorer des options plus coercitives. Avec un Congrès démocrate, il ferait face à des enquêtes et à une coalition de 32 législateurs qui a déjà demandé de modifier la politique envers Cuba et a mis en garde contre toute intervention militaire.
Le ministre cubain Bruno Rodríguez Parrilla a répondu que « le gouvernement cubain résistera à la campagne de pression, peu importe le temps que cela prendra », une position que le régime a maintenue face à chaque escalade de Washington.
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