
Une série de sondages publiés ce lundi, à moins de 24 heures des élections de mi-mandat, montre que les candidats démocrates devancent leurs rivaux républicains dans cinq des sept états qui décideront du contrôle du Sénat américain le 3 novembre 2026.
L'enquête la plus vaste, élaborée par The New York Times et l'Université Siena entre le 23 octobre et le 1er novembre, place les démocrates en tête dans le Michigan, le Texas, le Maine, l'Ohio et le Kansas. Des sondages de CNN et NBC News vont dans le même sens, bien qu'il y ait des variations dans les marges selon l'institut de sondage.
La plus grande avance revient au Michigan, où le démocrate Abdul El-Sayed devance le républicain Mike Rogers par 53 % à 42 %, une différence de 11 points. Suivent le Texas, avec le démocrate James Talarico en tête du procureur général républicain Ken Paxton par 50 % à 43 %, et le Maine, où l'ancien sénateur d'État Troy Jackson surpasse la sénatrice républicaine Susan Collins par 51 % à 45 %.
Les résultats les plus frappants, cependant, proviennent de deux États ayant de longues traditions républicaines. Au Kansas, le démocrate Adam Hamilton devance le sénateur Roger Marshall par 49 % à 44 %, dans un État qui n'a pas envoyé de démocrate au Sénat depuis 1932. Au Texas, l'avantage de Talarico est tout aussi remarquable : cet État n'élit pas de sénateur démocrate depuis 1988.
En Ohio, l'ex-sénateur Sherrod Brown devance le républicain Jon Husted par 49 % à 44 %, un chiffre que la moyenne des sondages de CNN porte à 50 % - 45 %. En Alaska et en Iowa, en revanche, les compétitions sont dans la marge d'erreur : Mary Peltola mène Dan Sullivan par à peine deux points (48 % - 46 %), et Josh Turek est techniquement à égalité avec Ashley Hinson (48 % - 47 %). Les marges d'erreur du sondage NYT/Siena varient de 3,3 points au Texas à 4,8 points en Alaska.
Le contexte politique pèse sur les républicains. Selon le moyenne de NBC News, l'approbation de Trump se situe à 38 %, avec 60 % de désapprobation. Les démocrates devancent les républicains par 52 % à 44 % dans la préférence générique pour le Congrès. Seul 17 % des Américains approuve la gestion du président en matière de coût de la vie, le sujet qui préoccupe le plus les électeurs.
Pour récupérer le Sénat, les démocrates ont besoin d'un gain net de quatre sièges, partant d'une minorité de 47 face à 53 républicains. La situation est difficile : ils doivent gagner dans des États que Trump a conquis avec une avance à deux chiffres en 2024.
La course au Michigan a été secouée dimanche par le soutien inattendu de la députée démocrate Haley Stevens au républicain Rogers, ce qui a déclenché une journée record de collecte de fonds pour El-Sayed : 2,4 millions de dollars en une seule journée, apportés par plus de 65 000 donateurs. « Cette collecte historique témoigne de l'enthousiasme que le mouvement d'Abdul a inspiré dans le cœur des habitants du Michigan », a déclaré le porte-parole de la campagne, Cole Wozniak.
Tant Trump que le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, ont rejeté la validité des sondages. « Ils peuvent ignorer les sondages. Les sondages sont erronés dans tout le pays », a déclaré Johnson lors d'un rassemblement à Dubuque, Iowa. Trump, de son côté, a anticipé sa stratégie en cas de défaite éventuelle : « Je pense que nous allons très bien nous en sortir, mais si nous ne gagnons pas, je mets tout veto ».
Des experts avertissent que les sondages ont sous-estimé le vote républicain en 2016 et en 2024, et que les indécis de dernière minute se penchent cette année en faveur des candidats du parti du président, avec un avantage de neuf points parmi ceux qui ont pris leur décision au cours du dernier mois, selon NYT/Siena. Don Levy, directeur exécutif de l'Institut Siena, a souligné que l'un ou l'autre des deux partis pourrait finir par contrôler la chambre, compte tenu de la proximité de plusieurs élections.
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