Díaz-Canel s'accroche à l'embargo et compare Cuba à Gaza devant la FAO

Dans un message à la FAO, Díaz-Canel a blâmé l'embargo pour la faim à Cuba et a comparé la situation de l'île à celle de Gaza, ignorant l'échec interne du régime à produire des aliments.

Cuba impute son crise alimentaire à l'embargo.Photo © Captura YouTube / Presidencia Cuba

Le dirigeant cubain Miguel Díaz-Canel a de nouveau accusé l'embargo américain de la crise alimentaire qui frappe l'île et a même comparé la situation de Cuba à celle de Gaza, lors de son discours au Forum Mondial sur la Alimentación (FMA) organisé par la FAO.

Le texte, diffusé ce lundi par le Ministère des Relations Étrangères (MINREX), a été adressé au directeur général de la FAO, Qu Dongyu, à l'occasion du 80e anniversaire de l'organisation.

Lors de son intervention, Díaz-Canel a affirmé que les « mesures coercitives unilatérales », en référence à l'embargo américain, constituent une « méthode génocidaire » visant à soumettre le peuple cubain « par la faim et les besoins », le comparant à ce qui, selon lui, se passe « contre les Palestiniens à Gaza ».

« Le blocus criminel de Cuba, qui dure depuis plus de six décennies et s’intensifie continuellement, misant sur la reddition de notre peuple par la faim et les besoins, est appliqué comme une autre méthode génocidaire contre les Palestiniens à Gaza », a affirmé le président.

Avec ce parallélisme, Díaz-Canel a tenté de mettre Cuba sur le même plan que l'un des conflits les plus graves de la planète, évitant ainsi la responsabilité interne de son propre gouvernement dans la crise de production agricole et alimentaire que traverse l'île, où les produits de première nécessité comme le riz, le pain, l'huile et le lait sont en pénurie.

Le dirigeant a consacré une bonne partie de son discours à exalter la relation historique entre Cuba et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), soulignant le rôle du défunt Fidel Castro et l'engagement supposé du pays en faveur de la sécurité alimentaire et du développement rural durable.

Selon ses dires, la FAO « a été un pilier de soutien » pour le développement agricole de Cuba et collabore actuellement à 13 projets dans 59 municipalités du pays.

Díaz-Canel a rappelé que la représentation officielle de la FAO à Cuba a été établie en 1978 et que Fidel Castro a assisté à l'inauguration de son siège en 1992.

Il a également cité des extraits du discours du dictateur lors du Sommet mondial sur l'alimentation de 1996, où il a alerté que “les cloches qui sonnent aujourd'hui pour ceux qui meurent de faim, sonneront demain pour l'humanité entière”.

Cependant, la réalité contraste avec le ton triomphaliste du message. Malgré les années de coopération avec la FAO, la production agricole cubaine traverse l'une de ses pires crises.

La pénurie de carburant, d'engrais et d'équipements, combinée au contrôle de l'État sur le secteur agricole et au manque d'incitations pour les producteurs, a entraîné une chute drastique de la production nationale.

Le régime lui-même a reconnu que Cuba importe plus de 80 % des aliments qu'elle consomme, une dépendance qui s'aggrave avec le manque de devises, tandis que le pays consacre des millions à des projets politiques, militaires et de coopération internationale.

Dans son message, Díaz-Canel a également critiqué l'« ordre international injuste », le néocolonialisme et le néolibéralisme, qu'il a tenus responsables des inégalités mondiales, sans mentionner l'impact de la corruption, de l'inefficacité et du manque de réformes au sein de son propre gouvernement.

Alors que le président parle de « transformer les systèmes agroalimentaires », à l'île, les Cubains font des files d'attente interminables pour obtenir un morceau de pain ou un litre de lait en poudre, des produits que l'État rationne et dont la pénurie fait déjà partie de la vie quotidienne.

Le message s'est conclu par des remerciements à la FAO pour son "accompagnement" de Cuba dans sa "lutte pour la souveraineté alimentaire", bien que les résultats de cette politique soient presque nuls.

Loin de réaliser "une meilleure production et une meilleure nutrition", comme le promet le discours officiel, la population cubaine se heurte à la faim, à l'inflation et au désespoir.

L'intervention devant la FAO, plus qu'un acte de reddition de comptes sur l'échec agricole du pays, a servi d'un nouvel exercice de propagande internationale, où le régime a de nouveau attribué les maux causés par sa propre gestion à l'embargo et aux "puissances étrangères".

Dans son intervention internationale récente, Miguel Díaz-Canel a de nouveau tenu responsable l'“ordre économique international injuste” des défis alimentaires auxquels fait face Cuba, sans faire aucune mention des défaillances structurelles de son gouvernement.

Le dirigeant a réitéré son discours habituel, qui désigne le néocolonialisme et le système capitaliste mondial comme responsables de la faim, tout en omettant les conséquences internes de son modèle centralisé et inefficace.

Pendant ce temps, sur l'île, les données contredisent le récit officiel. La crise alimentaire a atteint des niveaux alarmants, avec des millions de personnes se nourrissant de produits ultratransformés, ayant une valeur nutritionnelle limitée.

Selon le Food Monitor Program, un régime à peine acceptable pour deux adultes coûte presque 20 salaires minimums mensuels, un montant inaccessibile pour la majorité.

Le manque de micronutriments et de fibres a entraîné une augmentation des cas de maladies déficitaires, touchant particulièrement les enfants, les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques.

Malgré ce tableau, une enquête publiée par des médias officiels a affirmé que 94 % des Cubains ont confiance dans le fait que le gouvernement résoudra la crise alimentaire, un chiffre largement contesté en raison de son manque de transparence méthodologique.

La réalité vécue dans les rues, où des familles entières survivent avec un seul repas par jour, contraste de manière frappante avec les résultats de ces sondages.

Questions fréquentes sur la crise alimentaire à Cuba et le discours de Díaz-Canel

Pourquoi Miguel Díaz-Canel blâme-t-il l'embargo pour la crise alimentaire à Cuba ?

Díaz-Canel soutient que l'embargo américain est un « méthode génocidaire » visant à soumettre le peuple cubain par la famine et le besoin. Selon lui, ces mesures coercitives unilatérales sont les principales responsables de la crise alimentaire sur l'île. Cependant, le contexte montre que le contrôle étatique, le manque d'incitations pour les producteurs et la pénurie de ressources internes jouent également un rôle crucial dans cette crise.

Comment Díaz-Canel compare-t-il la situation de Cuba avec celle de Gaza ?

Dans son discours devant la FAO, Díaz-Canel a comparé la situation de Cuba à celle de Gaza, affirmant que le blocus de l'île est similaire aux actions contre les Palestiniens. Le dirigeant a tenté de placer Cuba sur le même plan qu'un des conflits les plus graves de la planète, évitant ainsi la responsabilité interne de son gouvernement dans la crise alimentaire que traverse l'île.

Quelle est la réalité de la production agricole à Cuba selon le contexte fourni ?

La production agricole à Cuba traverse l'une de ses pires crises, avec une pénurie de carburant, d'engrais et d'équipements. Plus de 80 % des aliments consommés à Cuba sont importés, aggravant la situation en raison du manque de devises. De plus, le contrôle de l'État et l'inefficacité administrative ont entraîné une chute drastique de la production nationale.

Quel rôle joue la FAO dans l'agriculture cubaine ?

Díaz-Canel a souligné que la FAO a été un pilier de soutien pour le développement agricole de Cuba et colabore actuellement avec 13 projets dans 59 municipalités du pays. Cependant, les résultats de cette coopération sont presque nuls, car la population cubaine continue de faire face à la faim, à l'inflation et au désespoir, reflétant un échec de ces politiques à améliorer la production et la nutrition sur l'île.

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