Les États-Unis émettent une alerte à l'aviation civile en raison d'un "augmentation de l'activité militaire" au Venezuela



La préoccupation de la FAA est directement liée au développement de l'opération "Lanza del Sur", une manœuvre militaire initiée par le Pentagone

Avion d'American Airlines (Image de référence)Photo © Wikimedia

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La Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis a émis une alerte adressée aux aéronefs civils survolant le Venezuela, avertissant d'une "situation potentiellement dangereuse" en raison de "l'augmentation de l'activité militaire" dans l'espace aérien de ce pays sud-américain.

Dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Caracas, cette mesure s'ajoute à une série de mouvements militaires et de déclarations croisées qui ont suscité des inquiétudes dans la région des Caraïbes.

Avertissement aux compagnies aériennes : Prudence à toutes les altitudes

La mise en garde émise par la FAA incite les compagnies aériennes à agir « avec précaution » lorsqu'elles opèrent au-dessus du territoire vénézuélien, arguant un « aggravation de la situation sécuritaire », qui affecte à la fois les vols en transit et les aéronefs stationnés.

Bien que le document ne détaille pas de menaces concrètes, il indique qu'il pourrait exister “des risques potentiels pour les aéronefs à toutes les altitudes”, y compris ceux qui se trouvent au sol.

À la différence d'une interdiction de vol formelle, cette alerte n'empêche pas le survol de l'espace aérien vénézuélien, mais exige des compagnies aériennes qu'elles notifient leurs itinéraires à la FAA au moins 72 heures à l'avance.

Certaines compagnies comme American Airlines et United Airlines ont déjà confirmé à Reuters qu'elles ont cessé d'opérer des vols traversant l'espace aérien vénézuélien, anticipant des risques opérationnels éventuels. L'inquiétude de la FAA est directement liée au développement de l'opération “Lanza del Sur”, une manœuvre militaire pilotée par le Pentagone qui prévoit un déploiement naval sans précédent dans les Caraïbes, à proximité du Venezuela.

Selon Washington, l'objectif est de réduire les menaces liées au narcotrafic, bien que Caracas interprète ces actions comme une tentative de déstabilisation et de pression militaire.

Un déploiement militaire sans précédent

L'opération inclut la mobilisation du porte-avions USS Gerald R. Ford, le plus grand au monde, ainsi que des destroyers et d'autres navires de guerre qui opèrent dans des eaux proches.

Les forces américaines ont participé à des attaques contre 21 embarcations présumées impliquées dans le narcotrafic, entraînant la mort de plus de 80 personnes que le gouvernement des États-Unis qualifie de “narcoterroristes”, bien qu'il n'ait pas présenté de preuves publiques pour étayer ces allégations.

Dans ce contexte, Mary Schiavo, ancienne inspectrice du Département des Transports, a expliqué à l'agence AP que ce type d'alertes est habituellement émis dans des zones de conflit armé.

«Je ne prendrais pas cela comme un type d'attaque imminente car j'ai vu que cela se produit très souvent auparavant. Mais en tant que pilote, je le prendrais sans aucun doute en compte», a-t-il affirmé.

Augmentation des manœuvres et des exercices militaires

L'alerte de la FAA souligne également que « le Venezuela a mené de multiples exercices militaires et a dirigé la mobilisation massive de milliers de forces armées et de réserves ».

Néanmoins, le communiqué précise qu'à ce jour, la Force aérienne vénézuélienne n'a pas fait preuve d'intentions d'attaquer des aéronefs civils.

A la par, le Commandement sud des États-Unis (AFSOUTH) a confirmé le 21 novembre avoir exécuté une “démonstration d'attaque avec bombardier” dans le cadre du composant aérien de l'opération.

Les images des avions de chasse ont été diffusées sur le réseau social X, montrant des bombardiers stratégiques B-52 et des chasseurs F-35 effectuant des exercices à Puerto Rico, plus précisément à l'aéroport José Aponte de la Torre à Ceiba.

Le même jour, le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, a annoncé que la désignation imminente du Cartel de los Soles comme organisation terroriste étrangère - prévue pour le 24 novembre - “offre de nombreuses nouvelles options aux États-Unis”.

Selon Washington, ce cartel serait supposément dirigé par le propre Nicolás Maduro, bien que les accusations aient été rejetées à plusieurs reprises par le président vénézuélien, qui nie tout lien avec des activités de narcotrafic.

Caracas dénonce une « agression » et une « menace délibérée »

Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a qualifié les manœuvres conjointes entre les États-Unis et Trinidad et Tobago d'« agression ».

Ces opérations se sont déroulées entre le 16 et le 21 novembre sur le territoire de l'île caribéenne, située à seulement 11 kilomètres de la côte vénézuélienne.

“C'est triste que le gouvernement de Trinidad et Tobago prête son territoire, dégrade son territoire, sa souveraineté pour que s'y posent des instruments de mort et de destruction massive des peuples”, a déclaré Padrino dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Elle a également dénoncé que les actions militaires font partie d'un plan "délibéré pour menacer le Venezuela", en coordination avec les États-Unis.

Trinité-et-Tobago, pour sa part, a défendu sa participation aux exercices, qui s'inscrivent dans le cadre d'une "alliance de sécurité profonde et durable" avec Washington, formalisée par l'Accord sur le Statut des Forces (SOFA) en 2024, comme l'a confirmé la première ministre Kamla Persad-Bissessar.

Les tensions ne sont pas seulement militaires, mais aussi politiques. L'administration Trump a intensifié sa rhétorique contre Nicolás Maduro, qu'elle ne reconnaît pas comme président légitime après les élections de 2024.

L'opposition vénézuélienne a présenté des procès-verbaux qui, selon ses allégations, prouveraient la victoire de l'ex-diplomate Edmundo González Urrutia.

Pour Caracas, tout cet environnement hostile répond à un objectif politique : le départ forcé de Maduro du pouvoir. Le dirigeant a dénoncé que les opérations antidrogue dans les Caraïbes sont une "excuse" pour dissimuler le véritable but de l'expulser par la pression militaire et la déstabilisation régionale.

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