C'est ce qui est désormais considéré comme un article de luxe à Cuba, et cela fait mal à lire

Dormir correctement, se doucher ou prendre un repas chaud sont déjà des luxes à Cuba, reflet d'une réalité marquée par la pénurie, les coupures de courant et l'épuisement physique et émotionnel qui touche des millions de personnes dans le pays.

À Cuba, où tout est un luxe, les gens ne vivent pas vraiment, ils surviventPhoto © Raúl Navarro González

Dans une Cuba marquée par les coupures de courant, la pénurie et l'épuisement physique et émotionnel, le quotidien est devenu un privilège, d'où le fait que bien dormir, se laver avec de l'eau courante, manger chaud ou simplement avoir quelques minutes de distraction sans soucis sont, pour beaucoup, des luxes inaccessibles.

La précarité dans le pays a atteint un point où les gestes les plus basiques —ceux qui étaient auparavant considérés comme acquis— sont maintenant devenus exceptionnels, et c'est la Cuba qui “avance” et cela fait très mal.

Ainsi l'a reflété le journaliste officiel Guillermo Carmona Rodríguez dans une publication qui est devenue virale sur Facebook.

Captura Facebook / Guillermo Carmona

Redacteur du journal Girón, de Matanzas, Carmona a décrit avec une grande intensité et du lyrisme ce sentiment collectif d'épuisement, de résignation et de douleur quotidienne.

Sous le titre « Article de luxe », il a écrit une pièce chargée d'ironie et de désespoir, inspirée par un poème de Hugo Hodelín.

Pour Carmona, boire un verre d'eau froide est déjà un miracle, manger une soupe chaude, dormir sans interruptions, regarder un feuilleton sans coupures d'électricité ou avoir du temps pour aimer sans que le pays pèse trop lourd, tout cela est désormais un luxe.

"Tout est tiède : la soupe, le café, l'ambiance", souligne-t-il.

Dans son texte, la chaleur écrase le désir, la fatigue s'accumule comme un vieux rêve et la nourriture vient à manquer au point qu'un bon steak n'est pas seulement impossible, mais inimaginable.

La publication, rédigée de l'intérieur de l'appareil officiel, touche des cordes sensibles que de nombreux cubains vivent au quotidien et qui sont rarement reconnues publiquement par les médias d'État ou les voix proches du gouvernement.

« Il y a trop d'articles de luxe et moi, dans mes poches, je n'ai que la peluche du pitusa », conclut l'auteur, dans une métaphore qui résume le dépouillement généralisé d'une population qui, plus que de survivre, résiste.

Le texte, partagé de nombreuses fois sur les réseaux sociaux, avec des messages d'empathie, de tristesse et de décharge collective, est plus qu'une dénonciation directe ; c'est un portrait intime d'un pays qui vit en mode d'urgence permanente.

Ce n'est pas la première fois que le journaliste officiel Carmona utilise sa voix au sein du système étatique pour exposer les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés les Cubains.

Dans une chronique récente, il a relaté les obstacles rencontrés par sa famille après la mort de sa grand-mère, lorsque le manque de carburant et le désordre étatique ont failli empêcher son enterrement à temps.

Questions fréquentes sur la crise à Cuba et les « articles de luxe »

Pourquoi dormir correctement est-il considéré comme un luxe à Cuba ?

En Cuba, bien dormir est devenu un luxe en raison des coupures de courant constantes et du manque de ressources essentielles. Le manque d'électricité et la chaleur empêchent un repos adéquat, faisant que quelque chose d'aussi essentiel que dormir sans interruptions soit perçu comme un privilège.

Comment la crise énergétique a-t-elle affecté la vie quotidienne à Cuba ?

La crise énergétique à Cuba a gravement affecté la vie quotidienne en limitant l'accès à l'électricité et au gaz. Les Cubains sont contraints d'utiliser du charbon ou du bois pour cuisiner, et les coupures de courant prolongées compliquent les tâches quotidiennes comme cuisiner et laver le linge.

Quels autres aspects de la vie quotidienne sont considérés comme un luxe à Cuba ?

En Cuba, en plus de bien dormir, avoir de l'eau courante, manger chaud et profiter de quelques minutes sans soucis sont considérés comme des luxes. La précarité a atteint des niveaux où le quotidien est devenu exceptionnel.

Quelle est la réaction de la presse officielle face à la crise à Cuba ?

La presse officielle cubaine a commencé à refléter la crise sous un angle plus humain, bien que elle évite de désigner directement les causes structurelles et les responsables de la crise. Certains articles montrent les souffrances quotidiennes sans approfondir les politiques ratées du gouvernement.

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