Ministre du Travail nie l'existence de mendiants à Cuba : « Ils sont déguisés »

La ministre du Travail cubaine nie l'existence de mendiants à Cuba, qualifiant les personnes dans la rue de "déambulants". Cela contraste avec les données de l'OCDH qui révèlent une pauvreté extrême dans 89 % des familles.

Marta Elena Feitó Cabrera et un mendiant cubainPhoto © CiberCuba et Canal Caribe

Marta Elena Feitó Cabrera, ministre du Travail et de la Sécurité sociale cubain, a nié ce lundi l'existence de mendiants à Cuba et a criminalisé ceux qui cherchent de la nourriture ou de l'aumône dans la rue.

“Nous avons vu des personnes qui semblent être des mendiants, mais quand vous regardez leurs mains, quand vous observez les vêtements qu'ils portent, ces personnes sont déguisées en mendiants. Ce ne sont pas des mendiants, à Cuba, il n'y a pas de mendiants. Ils ont trouvé un mode de vie facile pour gagner de l'argent sans respecter les formalités nécessaires”, a déclaré la responsable lors d'une des commissions de travail du parlement du régime, qui se réunit ces jours-ci.

Feitó Cabrera a qualifié les personnes sans-abri d'ivrognes et de chercheurs d'une “vie facile”, sans tenir compte des causes structurelles du phénomène, comme on pourrait s'y attendre de quelqu'un à sa position.

« Normalement, nous qualifions de comportement errant tout ce qui n'est pas conventionnel. Par exemple, lorsqu'il y a une personne dans la rue qui lave des pare-brise (…) c'est quelqu'un qui a trouvé un moyen de vivre facilement, à un feu rouge, en nettoyant des vitres, et peut-être qu'ensuite, avec cet argent, elle va s'acheter des boissons alcoolisées au coin de la rue. », a-t-il commenté.

Enfin, la ministre s'est permis d'ironiser sur un phénomène croissant qui constitue une évidence incontestable pour quiconque arpente les rues cubaines.

« Les plongeurs sont dans l'eau, ces personnes qui sont dans les containers à ordures, en train de jeter les déchets, de fouiller les déchets sur le sol, à la recherche de canettes. Ces personnes, comme certains le disent : ‘elles ne cherchent pas de nourriture dans les poubelles’. Ce n'est pas vrai non plus. Ce sont des stéréotypes qu'on essaie de nous imposer », a-t-il affirmé.

La responsable s'est même permis d'accuser "ces personnes" qui "récupèrent des matières premières" d'être "des travailleurs indépendants illégaux (…) qui enfreignent le fisc".

Les paroles de la ministre, comme c'est souvent le cas avec le discours officiel du régime, contrastent avec une réalité où 89 % des familles cubaines vivent dans une pauvreté extrême, selon le rapport de l'Observatoire Cubain des Droits Humains (OCDH).

Cette fois-ci, ils se contredisent même avec leurs propres déclarations précédentes. En février de cette année, Feitó Cabrera, devant Miguel Díaz-Canel, a admis qu'à Cuba, jusqu'à cette date, 1.236 communautés vivent dans la misère.

La fonctionnaire a affirmé, d'autre part, que 96 % des problèmes liés à cette extrême pauvreté dans le pays sont "en cours de transformation intégrale", juste au moment où Cuba traverse l'une des pires crises économiques de son histoire.

L'année dernière, la firme DatoWorld, un observatoire électoral international renommé, a indiqué que Cuba est le pays le plus pauvre d'Amérique Latine.

Le pays présente un taux de pauvreté de 72 %, et ce chiffre alarmant le place en tête des pays de la région latino-américaine, selon des informations révélées sur le compte officiel de X de DatoWorld.

El pasado año, además, Cuba fue catalogado comole pays avec l'économie la plus misérable du monde, según el Índice Anual elaborado por el economista estadounidense Steve H. Hanke, profesor de la Universidad Johns Hopkins.

Questions fréquentes sur la situation des sans-abri et de la pauvreté à Cuba

Y a-t-il des mendiants à Cuba selon le gouvernement ?

La ministre du Travail et de la Sécurité sociale de Cuba, Marta Elena Feitó Cabrera, a nié l'existence de mendiants dans le pays, affirmant que les personnes que l'on voit dans les rues "déguisées en mendiants" ont trouvé un mode de vie facile et ne travaillent pas avec les formalités requises. Cependant, cette affirmation contraste avec la réalité visible dans les rues de Cuba, où de nombreuses personnes vivent dans la misère.

Quelles sont les causes de l'extrême pauvreté à Cuba ?

La pauvreté extrême à Cuba a de multiples causes, y compris la gestion économique inefficace du régime, l'inflation, la pénurie de ressources et le manque de politiques publiques efficaces. Le gouvernement cubain a tendance à blâmer des facteurs externes tels que l'embargo des États-Unis et le désengagement familial, mais la réalité est que les politiques internes ont contribué de manière significative à cette situation.

Que fait le gouvernement cubain pour aborder le problème des sans-abri ?

Le gouvernement cubain a mis en place un protocole pour contrôler les personnes ayant une "conducte errante", en se concentrant sur leur réinstallation dans des centres de protection sociale. Cependant, ces mesures ont été critiquées pour ne pas s'attaquer aux causes structurelles de la pauvreté et pour constituer davantage un contrôle social qu'une aide véritable.

Comment la population cubaine a-t-elle réagi aux déclarations du gouvernement sur la pauvreté ?

La population cubane a réagi avec des critiques et du scepticisme face aux déclarations du gouvernement qui nient l'existence de sans-abri et attribuent la pauvreté à des facteurs externes. Beaucoup de Cubains dénoncent le manque d'opportunités, la précarité des salaires et la désocialisation, considérant que ce sont là les véritables facteurs qui aggravent la situation de pauvreté dans le pays.

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