La tribu Miccosukee a demandé à Alligator Alcatraz de cesser d’usurper ses terres ancestrales

La tribu Miccosukee de Floride a déposé une plainte contre la construction du centre de détention pour migrants connu sous le nom de "Alligator Alcatraz", car il se situe sur des terres ancestrales sans leur consentement.

Manifestation à Alligator Alcatraz / Judith LeBlanc, Alliance des Organisateurs NativesPhoto © Captura de video Local 10 / Judith LeBlanc sur X

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La tribu Miccosukee de Floride a porté plainte devant un tribunal fédéral contre les agences du gouvernement américain, des États et du comté de Miami-Dade pour la construction du centre de détention pour migrants “Alligator Alcatraz” dans une zone qu'ils considèrent comme sacrée.

L'action en justice a été déposée en tant que partie intervenante dans une demande plus large dirigée par des organisations environnementales, qui dénoncent également le manque de permis environnementaux dans la construction du site.

“La construction de ‘Alligator Alcatraz’ enfreint les droits souverains des Miccosukee et met en danger un paysage culturel et écologique d’une grande importance. Elle viole également les droits humains des immigrants et de leurs familles. C’est illégal et immoral”, a déclaré Judith LeBlanc, directrice exécutive de la Alianza de Organizadores Nativos.

Ses déclarations figurent dans un communiqué cité par EFE. Le texte rappelle également que le centre pénitentiaire a été construit en à peine huit jours sur une ancienne piste d'atterrissage abandonnée dans la Réserve Nationale Big Cypress, une zone adjacente au Parc National des Everglades.

LeBlanc insiste sur le fait que ce terrain fait partie du territoire ancestral des Miccosukee, qui n'ont jamais été consultés sur l'installation de la prison migratoire.

La consultation n'est pas optionnelle

L'activiste a souligné que le gouvernement fédéral est constitutionnellement tenu de consulter les tribus sur tout développement qui affecte leurs terres.

La consultation et le consentement ne sont pas optionnels, a déclaré LeBlanc. “Les Miccosukee ont le droit inhérent de déterminer l’avenir de leurs terres.”

La tribu n'est pas seule dans sa dénonciation. Depuis que l'installation a commencé à fonctionner le 3 juillet, elle a reçu de vives critiques de la part de scientifiques, d'activistes environnementaux et de législateurs d'État, qui alertent sur les conditions déplorables du centre et ses impacts écologiques.

Un centre entre des caïmans, espèces protégées et sans évaluation environnementale

Cette prison a une capacité d'environ 3 000 migrants. Le centre a été surnommé de manière unofficial "Alcatraz Alligator" en raison de son éloignement, de la présence de faune sauvage comme des caïmans et des python, et des restrictions d'accès qui l'entourent.

Sa construction, selon ses critiques, a été réalisée sans une évaluation d'impact environnemental, malgré le fait qu'elle se trouve dans une zone écologiquement fragile.

Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, a défendu le projet, en affirmant que le centre a un “impact zéro” sur les Everglades. Pourtant, cette affirmation a été démentie par des experts et des organisations comme PolitiFact, qui ont documenté des dommages visibles à l'environnement naturel.

“La déclaration du gouverneur selon laquelle le projet aura un 'zéro impact' sur l'environnement ne peut pas être prise au sérieux compte tenu de sa proximité avec les Everglades et des sites culturels autochtones”, a souligné Robert Glicksman, professeur de droit environnemental à l'Université George Washington.

Conditions précaires et controverse croissante

En plus du conflit territorial et écologique, le centre a été l'objet de critiques concernant ses conditions humanitaires. Des législateurs fédéraux et d'État qui ont visité l'établissement ont décrit la situation comme "inhumaine", dénonçant que plus de 750 migrants sont enfermés dans des cages.

Les pluies du 1er juillet dernier, juste avant l'inauguration du centre, ont laissé des flaques d'eau sur le sol, mettant en lumière la vulnérabilité des installations face à des phénomènes climatiques tels que les ouragans, fréquents à cette période de l'année en Floride.

Une histoire qui se répète

Le terrain où se dresse aujourd'hui “Alligator Alcatraz” était, dans les années 60, le site proposé pour construire le Everglades Jetport, un mégaprojet aéroportuaire annulé après un rapport environnemental mettant en garde contre son impact destructeur. Plus de cinq décennies plus tard, l'endroit est à nouveau au centre de la controverse, cette fois avec un autre projet tout aussi contesté.

La demande présentée par la tribu Miccosukee s'ajoute à une vague croissante d'actions judiciaires et de dénonciations publiques concernant l'impact humain et environnemental du nouveau centre de détention. Pendant ce temps, les autorités étatiques insistent sur le fait qu'il n'y a pas eu de nouveau développement et que la construction a été érigée sur des infrastructures déjà existantes.

Des scientifiques et des environnementalistes contredisent cette version avec des images satellites, des preuves photographiques et des témoignages qui montrent une expansion significative dans la zone, affectant des habitats critiques et rompant des accords historiques de protection de l'environnement et de consultation indigène.

La dispute pour Alligator Alcatraz vient à peine de commencer, mais elle soulève déjà un débat profond sur les limites du pouvoir de l'État, les droits des peuples autochtones et le respect de l'environnement au nom du contrôle migratoire.

Questions fréquentes sur la demande de la tribu Miccosukee et le centre de détention "Alligator Alcatraz"

Pourquoi la tribu Miccosukee a-t-elle poursuivi le centre de détention "Alligator Alcatraz" ?

La tribu Miccosukee a porté plainte contre le centre de détention "Alligator Alcatraz" car elle considère qu'il a été construit sur ses terres ancestrales sans son consentement, violant ainsi ses droits souverains et humains. De plus, elle a souligné que la construction a été réalisée sans les permis environnementaux nécessaires, mettant en danger un paysage culturel et écologique significatif.

Quel impact environnemental a le centre de détention "Alligator Alcatraz" sur les Everglades ?

Le centre de détention "Alligator Alcatraz" a été critiqué pour son impact environnemental significatif sur les Everglades, un écosystème fragile et protégé. Des experts et des organisations comme PolitiFact ont documenté des dommages visibles à l'environnement naturel. La construction a manqué d'une évaluation d'impact environnemental, ce qui a suscité des inquiétudes concernant la pollution lumineuse, l'augmentation du trafic et la dégradation de l'habitat d'espèces en danger.

Quelles sont les conditions de détention à "Alligator Alcatraz" ?

Les conditions de détention à "Alligator Alcatraz" ont été qualifiées d'inhumaines par divers législateurs et organisations de défense des droits de l'homme. Il a été rapporté que plus de 750 migrants sont enfermés dans des cages, souffrant de problèmes d'hygiène, d'un manque de soins médicaux et d'une exposition à des conditions climatiques défavorables. Ces conditions ont suscité des critiques tant au niveau national qu'international.

Que dit le gouvernement de Floride sur l'impact du centre de détention sur les terres autochtones ?

Le gouvernement de la Floride, dirigé par le gouverneur Ron DeSantis, a défendu le projet en affirmant qu'il a un "impact nul" sur les Everglades. Cependant, cette affirmation a été réfutée par des scientifiques et des avocats environnementaux, qui ont présenté des preuves de dommages significatifs à l'environnement et ont souligné le manque de consultation avec les tribus indigènes, ce qui est constitutionnellement obligatoire.

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