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Des millions de familles aux États-Unis ont commencé à ressentir les effets d'un changement profond dans le Programme d'Assistance Nutritionnelle Supplémentaire (SNAP), plus connu sous le nom de bons alimentaires.
La mesure, entrée en vigueur le lundi 1er septembre, coïncidait avec le Jour du Travail (Labor Day) et a suscité des inquiétudes parmi les bénéficiaires et les organisations communautaires quant à l'ampleur de ses conséquences.
Qu'est-ce qui a changé ?
L'ajustement central concerne le nombre d'heures minimales requises pour accéder au bénéfice.
Depuis ce mois de septembre :
Les adultes devront travailler, faire du bénévolat ou participer à des programmes de formation pendant au moins 80 heures par mois, ce qui équivaut à 20 heures par semaine.
La norme s'applique principalement aux adultes sans dépendants âgés de 16 à 59 ans, capables de travailler et sans personnes à charge.
Ceux qui ne respectent pas cette exigence ne pourront bénéficier que de trois mois d'avantages sur une période de 36 mois (3 ans), sauf s'ils obtiennent une exemption.
En d'autres termes, nous cherchons à restreindre l'accès à ceux qui ne maintiennent pas un lien minimal avec l'emploi ou les programmes de formation.
Exceptions et exonérations prévues
Le Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA), qui gère le SNAP, a établi des exceptions pour les personnes dans des situations particulières. Parmi elles :
- Ceux qui travaillent 30 heures par semaine ou plus (ou gagnent au moins l'équivalent du salaire minimum fédéral multiplié par 30 heures).
-Parents ou tuteurs principaux d'enfants de moins de 6 ans ou de personnes en situation de handicap.
-Adultes ayant des limitations physiques ou mentales qui les empêchent de travailler.
-Des personnes qui participent régulièrement à un programme de traitement contre l'alcoolisme ou la toxicomanie.
-Étudiants inscrits à temps partiel ou à temps plein dans une école ou dans des programmes de formation (bien que des règles d'éligibilité supplémentaires s'appliquent aux étudiants universitaires).
Ces exceptions visent à protéger des groupes particulièrement vulnérables, bien que leur application dépendra de vérifications et de l'interprétation des autorités étatiques qui gèrent le programme.
Le coup porté au budget des familles
Les effets économiques de la réforme ne sont pas négligeables. Une étude de l'Urban Institute a calculé que parmi les 22,3 millions de familles touchées par le SNAP, environ 5,3 millions perdraient au moins 25 dollars par mois.
En moyenne, la réduction s'élèverait à 146 dollars par mois, ce qui représente une coupure significative pour les foyers qui dépendent déjà de cette aide pour couvrir leurs besoins alimentaires fondamentaux.
Cela pourrait se traduire par des changements dans les habitudes de consommation. De nombreuses familles choisiraient de faire leurs courses dans des supermarchés à bas prix, comme Walmart, dans le but de maximiser chaque dollar, tandis que les grandes chaînes pourraient connaître une baisse des ventes.
Selon le Bureau du budget du Congrès (CBO), jusqu'à 2,4 millions de personnes, y compris des familles avec des enfants, pourraient perdre leurs prestations mensuelles.
Un programme qui soutient des millions de foyers
Le SNAP représente le principal réseau de sécurité alimentaire du pays, avec plus de 40 millions de bénéficiaires.
Grâce à des cartes de débit prépayées, les familles à faibles revenus peuvent acheter des produits de première nécessité dans des supermarchés et des magasins agréés.
Cependant, les changements récents impliquent une réduction historique de l'accès à ce programme, considérée comme la plus importante depuis sa création.
Le président Donald Trump a défini la loi fiscale qui encadre cette réforme comme son “One Big Beautiful Bill” ou “Big Beautiful Bill”, soulignant son caractère transformateur.
Néanmoins, parmi les experts et les analystes de la politique sociale, elle est considérée comme la norme qui impose les ajustements les plus sévères de l'histoire du SNAP.
Un débat avec un impact social
Au-delà des chiffres, la réforme du SNAP ouvre un débat sur la manière dont les États-Unis abordent la pauvreté et la sécurité alimentaire.
Pour ceux qui soutiennent les changements, il s'agit d'un incitatif pour que les bénéficiaires s'intègrent sur le marché du travail.
Pour les critiques, il s'agit plutôt d'une coupe qui pénalise les secteurs les plus pauvres dans un contexte économique où l'accès à des emplois stables et à des horaires suffisants n'est pas toujours garanti.
Il est certain qu'à partir de ce septembre, des millions de familles devront s'adapter à une nouvelle réalité : travailler plus d'heures, prouver leur participation à des programmes de formation ou faire face à la possibilité de perdre un avantage qui, depuis des années, a été un bouée de sauvetage contre l'insécurité alimentaire.
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