Un analyste réfléchit sur le vote du Paraguay à l'ONU contre Cuba : « C'est un geste de cohérence démocratique »

Le vote du Paraguay à l'ONU contre l'embargo sur Cuba reflète un changement dans sa politique étrangère, mettant en avant la défense de la démocratie et des droits humains face au régime cubain, qui perd des soutiens.

Le président du Paraguay, Santiago Peña, intervient lors de la session de l'Assemblée générale de l'ONU.Photo © Facebook/Santiago Peña

Vidéos associées :

Le vote du Paraguay contre la résolution demandant la fin de l'embargo américain sur Cuba a marqué une rupture historique dans la politique étrangère du pays et dans la traditionnelle majorité latino-américaine qui soutenait habituellement le régime de La Havane.

Pour l'analyste international Mario Paz Castaing, il s'agit d'un acte de "cohérence démocratique" et d'une défense des valeurs de liberté et des droits humains face à la dictature la plus ancienne du continent.

En déclarations au journal El Nacional de Asunción, Castaing a souligné que le vote paraguayen « rompt une tradition diplomatique de décennies » et exprime « une position cohérente avec la défense de la démocratie et des institutions ». À son avis, il ne s'agit pas d'une décision purement idéologique, mais d'un geste de principes :

« C'est une position historique du Paraguay de rejet de la dictature castriste, la dictature la plus ancienne d'Amérique... Cela me semble cohérent, car c'est aussi une question de respect pour les institutions et la démocratie. »

Un tournant qui marque une époque

La votation du 29 octobre dernier à l'Assemblée générale de l'ONU, 165 voix pour, 7 contre et 12 abstentions, a mis en lumière l'isolement politique du régime cubain, qui a enregistré son pire résultat en plus d'une décennie.

Junto aux États-Unis, Israël, Hongrie, Macédoine du Nord, Ukraine et Argentine, le Paraguay a rejoint le bloc de pays qui ont voté contre la résolution proposée par La Havane.

Selon Castaing, la décision d'Asunción n'implique pas une rupture diplomatique, mais une réaffirmation de principes :

“Il est important de maintenir des relations, même consulaires, car c'est une manière de se tenir aux côtés du peuple cubain et d'être témoin de sa situation,” a expliqué à El Nacional.

Le geste paraguayen se produit à un moment où plusieurs pays de la région, parmi lesquels l'Argentine, l'Équateur et le Costa Rica, ont pris leurs distances avec le castrisme et ont choisi des positions plus critiques vis-à-vis des régimes autoritaires.

Analystes consultés par CiberCuba soulignent que le vote d'Asunción symbolise une “nouvelle étape de maturité démocratique en Amérique Latine”, où la solidarité idéologique cède du terrain au profit de la défense des libertés fondamentales.

Cuba, de plus en plus seule

La décision paraguayenne s'inscrit dans un contexte où Cuba perd des soutiens internationaux à un rythme sans précédent. Cette année, la résolution présentée par La Havane a obtenu 22 voix de moins qu'en 2024, reflétant un détériorement du soutien mondial à son discours du « blocus génocidaire ».

Des sources diplomatiques avertissent que l'effondrement du soutien résulte de l'usure morale et politique du régime. On observe une augmentation de la répression interne, un exode massif, la corruption et des accusations de participation de Cubains en tant que mercenaires dans la guerre en Ukraine, ce qui a érodé sa crédibilité même parmi ses anciens alliés.

Dans ce contexte, le vote du Paraguay apparaît comme un symbole de dignité démocratique face à un régime qui nie les libertés depuis plus de six décennies. Comme l'a résumé Mario Paz Castaing :

« Il est important de se tenir aux côtés des peuples et de la liberté. La démocratie classique et constitutionnelle demeure notre modèle, et nous devons le soutenir avec cohérence devant le monde. »

Alors que le régime cubain célèbre ce qu'il appelle une "victoire morale", la carte diplomatique montre une autre réalité. De plus en plus de pays tournent le dos à La Havane. Et le Paraguay, par son vote, se range du côté de ceux qui croient que la véritable solidarité est avec le peuple cubain, et non avec sa dictature.

Archivé dans :

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.