Le shutdown du gouvernement des États-Unis pourrait toucher à sa fin : la Chambre des représentants se prépare à un vote décisif

Après 43 jours de fermeture, le gouvernement fédéral pourrait rouvrir si la Chambre des représentants soutient un projet de loi du Sénat, à condition que le président Donald Trump le signe.

Congrès des États-UnisPhoto © Wikipedia

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Après 43 jours de paralysie institutionnelle, le Congrès des États-Unis pourrait mettre un terme au fermeture du gouvernement la plus longue de son histoire avec un vote clé à la Chambre des représentants, prévu pour ce mercredi.

La mesure, déjà approuvée par le Sénat, prolongerait le financement du gouvernement fédéral jusqu'au 30 janvier et permettrait de relancer des programmes essentiels paralysés depuis la mi-septembre.

Les attentes sont élevées à Washington.

Des centaines de milliers de fonctionnaires continuent de ne pas recevoir leur salaire, les aéroports signalent des retards croissants, et des millions de familles à faibles revenus ont vu leur aide alimentaire réduite.

La pression sur les législateurs a augmenté alors que la fermeture -qui a déjà dépassé les 40 jours- commence à avoir un impact sur des secteurs critiques de l'économie.

Un vote qui pourrait débloquer la crise

Le projet de loi qui sera soumis au vote comprend trois affectations budgétaires qui financeraient entièrement plusieurs programmes fédéraux, dont le Programme d'assistance nutritionnelle supplémentaire (SNAP), qui fournit de la nourriture à plus de 42 millions de personnes.

Il contient également une clause pour annuler les licenciements massifs ordonnés pendant le congé par l'administration Trump, une mesure qui a touché des milliers d'agents fédéraux.

Le Sénat a approuvé la législation lundi soir par un vote bipartisan de 60 à 40, ajoutant le soutien de sept démocrates et un indépendant à la majorité républicaine.

Cependant, cette coopération n'a pas été sans controverse : plusieurs membres du Parti Démocrate ont fortement critiqué les sénateurs ayant soutenu le projet, arguant qu'il cède trop de terrain aux exigences républicaines.

Néanmoins, l'accord propose une issue temporaire à l'impasse politique qui maintient une grande partie du pays en suspens.

Si la Chambre Basse approuve le texte, le gouvernement fédéral pourrait rouvrir en quelques jours, à condition que le président Donald Trump signe la loi.

Programmes sociaux et la lutte pour l'assurance maladie

Un des points les plus sensibles du débat reste l'avenir des subventions aux assurances santé.

Les républicains ont montré leur disposition à maintenir les crédits d'impôt de l'ère de la pandémie, mais ils insistent pour imposer des limites plus strictes concernant ceux qui peuvent en bénéficier.

Pendant ce temps, certains démocrates craignent que toute restriction n'affecte des millions de familles qui pourraient voir leurs primes doublées dans les mois à venir.

Le Sénat a rejeté lundi une proposition visant à prolonger d'un an les subventions du programme de santé, avec un vote de 47 contre 53.

En échange, les républicains ont permis au projet de financement d'avancer, sous l'engagement de rediscuter des subventions en décembre.

La sénatrice Susan Collins, présidente de la Commission des allocations budgétaires, a défendu la nécessité de "équilibrer" l'aide avec des limites de revenus, tandis que le sénateur Ruben Gallego a averti que des millions d'Américains pourraient rester non protégés si le Congrès n'agit pas avant la fin de l'année.

Le coût de la fermeture la plus longue de l'histoire

Depuis le début de la fermeture, plus de 800 000 employés fédéraux ont travaillé sans salaire ou ont été renvoyés chez eux.

Les services essentiels ont été interrompus, y compris les contrôles de sécurité aéroportuaire, les inspections alimentaires et le traitement des prestations sociales.

Le Programme SNAP, qui distribue de l'aide alimentaire à des millions de familles, n'a pu couvrir que 65 % des paiements prévus pour novembre, après que la Cour Suprême a décidé de maintenir la suspension temporaire des fonds complets.

La mesure judiciaire, prolongée jusqu'au 13 novembre, a laissé des millions de personnes dans un flou financier.

En parallèle, les effets économiques de la fermeture se font déjà sentir par des retards administratifs, des baisses de productivité et des pertes estimées à des milliards de dollars.

Les économistes préviennent que, si le Congrès n’approuve pas le financement dans les jours à venir, l’incertitude pourrait freiner la croissance du dernier trimestre de l'année.

Un accord fragile, mais nécessaire

L'accord qui est discuté au Capitole est le résultat de plusieurs semaines de négociations entre des sénateurs modérés des deux partis.

Des sources législatives affirment que la Maison Blanche a donné son approbation préliminaire à l'accord, ce qui suggère que la signature de Trump ne constituerait pas un obstacle, bien que le président ait réitéré son opposition à maintenir certains programmes sociaux sans "ajustements structurels".

Néanmoins, le chemin n'est pas complètement dégagé.

Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson (Républicain de Louisiane), a évité de s'engager publiquement sur le vote, reflétant les divisions internes au sein de son parti.

La fin d'une impasse avec un coût politique élevé

La fermeture du gouvernement a mis à l'épreuve non seulement la capacité de négociation du Congrès, mais aussi la patience de millions de citoyens qui constatent comment les services se paralysent pendant que les partis s'enlisent dans des disputes idéologiques.

À mesure que l'élection approche, la pression sur les législateurs augmente pour parvenir à un consensus qui permettra de restaurer une certaine normalité dans le pays.

Mais même si la loi est adoptée cette semaine, le soulagement ne sera que temporaire : le nouveau financement ne durera que jusqu'au 30 janvier, ce qui signifie qu'une nouvelle crise pourrait éclater dans les semaines à venir si un accord durable n'est pas atteint.

Pour l'heure, le vote à la Chambre basse représente la dernière chance de mettre fin à 43 jours de chaos politique, de paralysie administrative et de souffrance sociale, dans ce qui est déjà devenu l'une des épreuves les plus difficiles pour la gouvernance américaine de la dernière décennie.

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