Une législatrice de MAGA se distingue en renonçant à son siège au Congrès après sa rupture avec Trump



Sa démission s'aligne avec d'autres noms qui ont quitté leurs postes après s'être séparés du président.

Marjorie Taylor Greene (i) et Donald Trump (d)Photo © Collage Wikimedia - Flickr/Gage Skidmore

Marjorie Taylor Greene, l'une des voix les plus reconnues du mouvement Make America Great Again (MAGA) et représentante de l'état de Géorgie, a annoncé sa démission du Congrès.

La nouvelle, qui a même surpris ses plus fidèles supporters, a été annoncée vendredi soir à travers une longue vidéo de plus de dix minutes publiée sur ses réseaux sociaux.

Dans celui-ci, la congressiste explique que elle quittera son poste le 5 janvier 2026, après une profonde rupture avec le président Donald Trump, son ancien allié politique.

Greene, connue pour son style incendiaire et sa proximité avec l'extrême droite américaine, a justifié sa décision par une insatisfaction croissante concernant le fonctionnement du Congrès et, surtout, par ce qu'elle a qualifié de manque de réciprocité dans la loyauté politique.

« La loyauté doit être mutuelle et nous devons pouvoir voter selon notre conscience et représenter les intérêts de notre district, car notre fonction est, littéralement, celle de ‘représentant’ », a-t-il affirmé.

Du cœur du MAGA à la chute dans le malheur

La démission de Greene marque un tournant dans la relation entre Trump et l'aile la plus radicale du Parti républicain.

Élue en 2020 pour représenter le district 14 de la Géorgie, la législatrice s'est rapidement imposée comme l'une des figures les plus médiatiques du Capitole.

Sa défense acharnée de Trump durant ses années hors du pouvoir, son soutien à des théories complotistes comme QAnon et son déni concernant les résultats des élections de 2020 en ont fait une figure polarisante mais centrale au sein du mouvement MAGA.

Cependant, cette alliance a commencé à s'éroder ces derniers mois.

Le déclencheur a été la décision de Greene de soutenir la déclassification des documents liés au pédophile Jeffrey Epstein.

Trump, qui avait été proche du financier pendant des années, s'est opposé publiquement à la mesure.

La congressiste n'a pas seulement signé la pétition, mais elle a également exercé des pressions actives pour qu'un vote ait lieu à la Chambre, en s'opposant au président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, qui avait maintenu le sujet bloqué pendant des semaines.

La réponse de Trump a été fulminante. Il l'a appelée "traîtresse" et "excentrique", et a averti qu'il soutiendrait tout rival républicain qui se présenterait contre elle lors des primaires.

“Marjorie est devenue folle”, a-t-elle écrit sur son réseau Truth Social.

Dans une interview téléphonique avec ABC, le président a qualifié sa démission de “grande nouvelle pour le pays”.

Une rupture marquée par la politique extérieure, la santé et Epstein

Le distancement ne s'est pas limité au cas Epstein.

Greene a critiqué la position de Trump en matière de politique extérieure, en particulier son "excès d'attention" envers Israël, pays que la députée a accusé de commettre "un massacre à Gaza".

Il a également exprimé son désaccord avec les propositions du leadership républicain visant à réduire certaines parties de l'Obamacare.

Dans sa vidéo de ce vendredi, il a déploré que ses projets de loi soient ignorés : « La législature a été majoritairement marginalisée [...] mes projets s'accumulent simplement en poussière ».

Bien qu'il ait réaffirmé son appréciation pour Trump, il a été catégorique quant au coût personnel de poursuivre une bataille politique au sein de son propre parti : “J'ai trop d'amour-propre et de dignité, j'aime trop ma famille et je ne veux pas que mon cher district ait à supporter des primaires douloureuses et pleines de haine contre moi de la part du président pour lequel nous avons tous lutté.”

Des conspirations et des controverses

Depuis son arrivée au Congrès, Greene a été une figure marquée par la controverse.

Il a soutenu des théories infondées sur les attentats du 11 septembre, a promu de la désinformation sur la pandémie, et a comparé le port obligatoire de masques avec l'Holocauste.

Il a même suggéré que les incendies de forêt en Californie étaient provoqués par des "lasers spatiaux" contrôlés par une famille juive influente.

En 2019, il a remis en question la légitimité des congressistes musulmans qui prêtaient serment sur le Coran plutôt que sur la Bible. Et lors des discours du président Biden au Congrès, il n’a pas hésité à l'interrompre en criant, réclamant des politiques migratoires plus strictes.

Cependant, ces derniers temps, il avait commencé à adoucir son ton.

Dans une interview récente avec CNN -une chaîne qu'il avait l'habitude d'éviter- il a exprimé un certain regret pour sa “rétorique acerbe” du passé.

Repercussions immédiates et l'avenir du Parti républicain

La démission de Greene ne représente pas seulement la perte d'une figure centrale du mouvement MAGA à la Chambre des représentants, mais affaiblit également la majorité républicaine déjà fragile.

Sa sortie oblige le gouverneur de Géorgie, Brian Kemp, à convoquer des élections extraordinaires dans un délai de dix jours, ce qui pourrait perturber temporairement l'équilibre des forces législatives.

De plus, le cas de Greene rappelle la pression à laquelle sont confrontés les législateurs républicains qui osent diverger de Trump.

Sa démission l'aligne avec d'autres noms qui ont quitté leurs postes après avoir rompu avec le président, confirmant que le Parti républicain reste un terrain instable pour ceux qui ne se plient pas au leadership de Trump.

A modo de conclusion, la députée a pris congé avec un message personnel : “Ma vie est remplie de bonheur, et mes véritables convictions restent inchangées, car mon estime de soi n'est pas définie par un homme, mais par Dieu.”

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