Le jeune cubain Yurisnel Domenech Atencio, résident dans la municipalité de Media Luna, province de Granma, a été menacé par des agents de la Sécurité de l'État après avoir dénoncé sur les réseaux sociaux la grave situation rencontrée par plusieurs femmes enceintes dans l'hôpital local.
Selon sa plainte, il a été convoqué et interrogé par un homme qui ne s'est jamais identifié et qui était en civil, et qui, de plus, ne s'est jamais intéressé aux faits de sa plainte concernant la situation des femmes dans l'hôpital.
On l'a accusé "d'inciter à la violence", alors qu'aucun appel de ce type n'a été émis dans sa vidéo, selon un témoignage envoyé à CiberCuba.
Explique que l'on considère "un axe civique auquel j'ai le droit de penser et de m'exprimer librement", a souligné Domenech Atencio dans la vidéo.
"Je précise que je n'appartiens à aucun parti ni groupe politique, et que personne ne me paie. Tout ce que je fais, c'est par pure conviction, car je sens que lorsque je prends la parole pour défendre ce que je crois juste ou contre quelque chose qui est mal fait, je ne pense pas que je commets un délit," a-t-il ajouté.
Il a déploré, en revanche, que "ce n'est pas ainsi qu'ils le voient, que je dénonce quelque chose de concret. Mais qu'ils m'ont menacé tout le temps, qu'ils m'ont dressé un procès-verbal d'avertissement (...) et ce fonctionnaire n'a jamais été intéressé à clarifier ma dénonciation (sur les femmes enceintes), il s'est contenté de me menacer".
Il y a quelques jours, Domenech a publié une vidéo sur Facebook dans laquelle il racontait que sa femme et 14 autres femmes enceintes attendaient depuis plus de deux semaines pour passer des tests diagnostics — tels que des échographies et des échos — en raison du manque de carburant pour faire fonctionner le groupe électrogène du centre de santé.
Selon les explications du jeune homme, tandis que les femmes enceintes restaient sans soins médicaux, le carburant est apparu immédiatement pour transporter une flottille de camions chargés de personnes vers un acte politique dans le village de Cinco Palmas, également dans la province de Granma.
Quelques heures après la dénonciation, des agents de la Police nationale révolutionnaire (PNR) et du Ministère de l'Intérieur (MININT) ont convoqué Domenech pour l'interroger et le menacer.
Des voisins de Media Luna ont exprimé leur inquiétude pour leur sécurité et celle de leur famille, face à l'historique de représailles de l'État cubain contre les citoyens qui dénoncent publiquement des abus ou négligences dans les institutions étatiques, affirme le message reçu dans notre rédaction.
Des organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé à plusieurs reprises le harcèlement dont sont victimes les Cubains qui mettent en évidence l'inefficacité des services publics ou la corruption gouvernementale.
Des cas comme celui de Yurisnel Domenech révèlent la peur du régime face à la viralisation des dénonciations locales, qui mettent en évidence la dégradation du système de santé dans le pays.
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