Delcy Rodríguez “collabore” et “communique en espagnol avec Rubio”, affirme Trump



Washington impose des conditions pour éviter une intervention militaire, notamment la tenue d'élections et l'expulsion d'agents hostiles.

Delcy Rodríguez et Donald TrumpPhoto © Collage/Facebook/Jorge Rodríguez et La Maison Blanche

Donald Trump a décrit Delcy Rodríguez comme une figure qui maintient un contact actif avec Washington et dont la continuité au pouvoir dépend de son niveau de coopération avec les États-Unis, dans un contexte de forte pression politique et militaire sur le Venezuela.

Lors d'une interview avec NBC News, le président américain a déclaré que Rodríguez avait collaboré avec des fonctionnaires de son gouvernement suite à l'arrestation de Nicolás Maduro, détenu à Caracas et transféré à New York pour faire face à des accusations de narcoterrorisme.

La dirigeante chaviste a été assermentée ce lundi en tant que présidente par intérim, lors d'un processus marqué par l'intervention directe des États-Unis.

Trump a évité de présenter Rodríguez comme une interlocutrice politique légitime et s'est efforcé de rejeter l'idée qu'il y ait eu une coordination préalable avec l'entourage vénézuélien avant le renversement de Maduro.

Selon ses dires, il n'y a pas eu de communication préalable avec son équipe, bien qu'il ait reconnu que « beaucoup de personnes voulaient parvenir à un accord », une phrase qui laisse des questions ouvertes sur d'éventuelles négociations ultérieures.

Selon les révélations de Politico, l'administration Trump a transmis à Rodríguez une série d'exigences concrètes s'il souhaite éviter un sort similaire à celui de Maduro. Parmi elles, arrêter le flux de drogues vers les États-Unis, expulser du pays des agents iraniens, cubains et d'autres réseaux considérés comme hostiles par Washington, ainsi que stopper la vente de pétrole aux adversaires américains.

Des fonctionnaires cités par ce média indiquent que Washington s'attend également à ce que Rodríguez facilite, éventuellement, des élections et se retire du pouvoir, bien que sans délais définis.

En revanche, lors de l'entretien avec NBC, le dirigeant n'a pas défini l'avenir des sanctions qui pèsent sur Rodríguez et a affirmé que son gouvernement évaluera dans les prochains jours s'il faut les maintenir ou les lever.

La déclaration place la nouvelle dirigeante vénézuélienne sous une sorte de tutelle politique, conditionnée à sa volonté de continuer à collaborer avec Washington.

Trump est allé plus loin en avertissant que les États-Unis sont prêts à une nouvelle action militaire si Rodríguez cesse de collaborer. Bien qu'il ait déclaré ne pas croire que cela soit nécessaire, il a reconnu qu'une deuxième incursion avait déjà été envisagée par son administration, renforçant ainsi le message de pression directe sur le nouveau leadership à Caracas.

Le président américain a également refusé de confirmer s'il a conversé personnellement avec Rodríguez, mais il a souligné que le secrétaire d'État, Marco Rubio, entretient une relation "très forte" avec elle et qu'il communique en espagnol, ce qui confirme l'existence de canaux diplomatiques actifs, bien que contrôlés depuis Washington.

Les déclarations de Trump décrivent Delcy Rodríguez comme une figure transitoire, tolérée tant qu'elle est fonctionnelle aux intérêts américains et sans un soutien politique propre. Son leadership, selon le président lui-même, est lié à une coopération surveillée et à la menace latente d'une nouvelle intervention au Venezuela.

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